Le terrain glisse

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écrire pour se vivre encore et encore, pour jouer avec ses miroirs et ses mémoires. Ecrire pour se voir dans l'autre, pour voir l'autre en soi  [+]

Niort – 29.03.90
Je vais encore déposer sur le haut de ma pile d’archives ma xième lettre à ceux qui me gonflent. Demain, le Préfet et le Directeur départemental de l’ANPE pourront se foutre la cravate qu’ils prétendent me faire porter où bon leur semblera.
Encore une preuve, là, dans cette anecdote que la société va pourrissant. Elle veut distiller – instiller plutôt – la fausseté, l’apparence, la féodale coupure. Ils disent « parler vrai » et ils font taire les professionnels et les républicains. Ils disent « savoir-être, Humanisme » - avec un grand H – et ils magouillent ouvertement jusque dans les salons de la préfecture qui devient alors le repaire des filous, des mangeurs de gamelles.
Le terrain glisse dangereusement. Vers l’analphabétisme, vers la liquidation du service public, vers la misère et le fascisme. Mais aussi vers le moment où les miséreux et les vrais républicains règleront leurs premiers comptes avec tous ces parvenus qui se baptisent déjà princes et gourous.
Les années 60 ont été celles du réveil, les années 70 celles de la rêverie, les années 80 celles de l’hypocrisie. Les années 90 seront-elles celles de la révolution ?
Et lorsque ce sera la révolution, j’achèterai une cravate.
Mais tu sais, Christine, je ne t’oublie pas quand même.
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