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On n’a jamais que des relations superficielles avec les gens, en tout cas la plupart du temps. Certains appelleront cela le lien social. Mais pourquoi perdre son temps à parler de la météo avec son coiffeur ?

Il serait bien de connaître tout des autres, mais nous ne connaissons qu’une infime partie de la vie des gens que nous côtoyons. Les discussions peuvent être bien plus intéressantes et profondes avec les gens que nous connaissons bien. Pourquoi se contenter de discussions de surface ? Je comprends que parfois on ait besoin de se reposer l’esprit, de ne réfléchir à rien de profond. Mais dans ce cas, autant le faire complètement : se taire plutôt que dire des banalités.

On peut passer son temps à observer ou au contraire à agir. Être spectateur ou au contraire créateur. Lire des livres ou en écrire, voilà l’idée générale. Faire un choix ou l’autre n’a pas d’importance, aucun n’est meilleur que l’autre. Il n’y a pas d’obligation à ne faire que l’un ou que l’autre, mais toute la difficulté est de ne rien faire à moitié, et de se concentrer totalement sur ce que l’on fait. Sans quoi à quoi bon faire l’une ou l’autre activité ?

Certains ont pour occupation de prendre du temps des autres en attirant l’attention sur eux ou sur un produit à vendre. Il semble impossible d’exister sans s’imposer, sans se signaler aux autres. Si vous ne le faites pas vous-mêmes, les autres n’irons pas vers vous : ils sont trop occupés à d’autres choses. C’est là que l’on observe que parfois on peut avoir du temps pour les autres, mais les autres n’en ont pas pour vous. Il est toujours douloureux de s’en rendre compte, surtout quand cela semble être la norme lorsque l’on est un déraciné, étranger aux personnes qui nous entourent.

Nous sommes tous presque toujours occupés. On passe malheureusement beaucoup de son temps à faire des choses inintéressantes, seulement par nécessité, ou à ne rien faire par fatigue du corps ou de l’esprit, ou par fainéantise. Et on n’a pas assez de temps pour faire des choses avec d’autres, ou même pour soi, qui sont agréables. Si on l’a, c’est seulement avec quelques personnes que l’on passe du temps, jamais avec toutes celles avec qui on voudrait pouvoir le faire. Malheureusement, même lorsqu’il y a la volonté des deux personnes, les occupations, les priorités de chacun et d’autres raisons peuvent empêcher que ce soit autant qu’elles le souhaiterait.

On a beau savoir, ou essayer de penser, qu’il faut se libérer de la notion de temps, que l’on doit se contenter de ce que l’on peut donner et recevoir, cela n’empêche pas parfois d’être peiné. On voudrait toujours profiter des bons moments même rares sans s’assombrir l’esprit avec l’idée que ce n’est pas suffisant, mais parfois c’est le manque qui prend le dessus dans les moments où l’on voudrait mais où l’on ne peut pas. Dans ces moments-là il reste le choix de lire ou d’écrire. Je choisis aujourd’hui d’écrire.

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Ludmila Constant · il y a
J'ai une parade aux blessures diverses inévitables lorsque l’on est un déraciné, étranger aux personnes qui nous entourent: je me dis alors: mais c'est normal, ils ne peuvent pas comprendre. Et je constate que , en fait, c'est moins douloureux que si les coups venaient des compatriotes: les prétentions ne sont pas pareilles.:-)
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Ludmila Constant · il y a
Eh bien, on n'aime pas qui l'on veux, mais qui l'on peut.:-)
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Ardores · il y a
En effet, et c’est bien triste quand on peut peu...
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