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Le temps des folies

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Gaiashort

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Tout a commencé le 5 Mai 2005. Notés la date insolite: 5.5.5.
Jacques Martin s’apprêtait à sortir comme chaque matin pour acheter son journal quotidien et sa baguette.
Jusqu’ici, rien d’inhabituel.
Il avait enfilé son trench et son béret et mis sa laisse à Gaston, son loyal Scottish terrier.
Ils descendirent l’escalier, lentement, quand soudain ils entendirent un bruit hors du commun.
Gaston sursautât.
Jacques Martin s’arrêta net.
Probablement les voisins qui font de drôles d’histoires, pensa Monsieur Martin. Il avait l’habitude des voisins bruyants et malpolis. Comme les voisins du haut avec leurs trois enfants qui faisaient du patin à roulette à vingt-deux heures ou la voisine du palier gauche qui répétait son opéra à trois heures du matin ou, pire, passait l’aspirateur à des heures imprévisibles.
Non, rien à signaler.
Jacques Martin, repris le cours de sa journée.
Il passa chez Madame Perron acheter sa baguette, bien fraiche, et au petit stand de presse acheter son journal. Terrorisme à la une, rien de nouveau.
Il retourna à son appartement, tartina sa tartine, beurre et confiture de mures, ouvrit son journal.
Cette fois, un son effrayant. Il n’y avait pas de doutes, il se passait quelque chose. Il hésita à aller voir. Il n’était guère du genre à se mêler de la vie des gens. Il vivait une vie solitaire et bien rangée. Il attendit un moment pour voir si un autre voisin allait se manifester. C’était un Mercredi matin, et comme le seul retraité de l’immeuble, il était probablement le seul présent, les autres à l’école ou au travail.
Monsieur Martin pris sa clef, enfila ses chaussures et descendit deux étages pour vérifier ce qui se passait.
Pas de bruit.
Il tapa à la porte prudemment : « Y a-t-il quelqu’un ? ».
Pas de réponse.
Il attendit un moment pour être sur et remonta quatre à quatre les escaliers.
Gaston lui fit les fêtes comme à chaque retour. Drôle d’histoire, il pensa.
Il repris le cours de sa lecture, Obituaires, sa section préférée. « Bien, pensons au déjeuner Gaston ».

Cette fois, un hurlement de femme qui le fit sursauter. « Appeler la police ? Non, ça n’est sans doute pas grand chose ».
« Attend ici Gaston, je vais appeler Madame Sylvaine pour voir si elle peut aller voir ce qui se passe ».
Il appela la concierge sur son téléphone, mais fut connecté à sa boite vocale. « Zut alors, bon Gaston, j’y retourne ».
Il descendit, cette fois il tapa plusieurs fois brusquement à la porte.
Pas de réponse.
« Je sais qu’il y a quelqu’un, répondez sinon j’appelle la police ». « Aaaaahhhhaaahhhhaaahhhhhh !!!!!!! »
« J’appelle la police ! »
Il sortit en courant pour se rendre au poste de police.

Quand il revint, une femme qu’il n’avait jamais vu auparavant, avec une longue chevelure blonde soyeuse, une blouse blanche et un léger chandaille crème et une jupe qui lui arrivait au genou, était allongée dans une marre de sang au bat de l’immeuble.

« Elle a du se défenestrer, » dit le policier. « Continuez, continuez, rien a voir, » il signala aux passants.
« Connaissiez vous cette femme ? » il demanda à Monsieur Martin.
« Non, je ne l’avais jamais vu ».
« Nous allons fermer la rue. C’est une scène de crime ».
« Je ne comprends pas ? Ce n’est pas un... suicide ? »
« Nous allons devoir mener une enquête pour déterminer la nature de la mort».
« Pouvez-vous me dire où vous étiez ce matin et si vous avez remarqué quelque chose d’inhabituel ? »
Monsieur Martin s’effondra, il était soudainement pâle. « Mon Dieu, j'ai entendu des bruits inhabituels ce matin, mais je n’ai pas pensé que cela pouvait être aussi grave »
« Venez avec moi au commissariat, nous allons vous posez quelques questions».

Ainsi, en un instant, la vie tranquille de Monsieur Jacques Martin, né le 14 Aout 1950 à Lille, s’arrêta.
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