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le temps... c'est de l'argent....

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Fred

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Ils sont tous là, les enfants de Pierre, au pied de son lit. Pierre est alité depuis quelques mois. Il est âgé et usé. Une vie de labeur à tourner et à retourner la terre pour nourrir une famille nombreuse, huit enfants, quatre garçons, quatre filles. Une femme trop tôt emportée par la maladie que la médecine n’a pas sue enrayer.

Malgré tout Pierre a réussi même brillamment, sa ferme a été prospère. Toute sa vie, il a été malicieux et rieur toujours prêt à faire des farces et sa joie fut décuplée à chaque naissance de ses petits-enfants.

Aujourd’hui Pierre se meure. Oh, lentement il n’est pas pressé et s’il occupe depuis plusieurs mois la chambre, usé par la vie, son esprit est resté vif et son œil malicieux. On dirait qu’il joue avec la mort. A chaque fois que le médecin avertit qu’il ne va pas passer la semaine, Pierre reprend couleur et reçoit sa famille avec le mot pour rire :

- et non mes enfants ce n’est pas encore l’heure et vous savez je ne suis pas pressé.... J’ai le temps.

Ces enfants, à chaque fois, que leur père semble partir pour le grand voyage se retrouve dans la chambre avec une seule idée en tête ; qu’il leur dise où il a caché l’or qu’il a acheté l’année ou les récoltes et les prix avaient pris l’ascenseur. Or, qu’il n’avait jamais voulu mettre en banque mais qu’il a caché dans sa ferme où les cachettes ne manquent pas !

- papa tu ne peux pas partir avant de nous dire où tu as caché l’or, ce serait bête.
- ne vous inquiétez pas mes enfants, leur dit-il, avec son œil malicieux et un petit sourire narquois, nous avons le temps....

À chaque fois que toute la famille est réunie à la ferme familiale, les enfants consacrent tout leur temps à fouiller tous les coins et recoins à la recherche des lingots d’or. Ils retournent tous les matelas, ils inspectent toutes les armoires, ils fouillent tout le vieux foin de la grange même l’écurie qui est vide vu qu’aucun d’entre eux n’a voulu reprendre l’exploitation, rien, il ne trouve rien même pas un indice. Ils désespèrent découvrir ce maléfique or. Il faut absolument que leur père avoue où il a caché ce trésor !

Seulement à chaque fois qu’ils reviennent sur la question, en insistant auprès de leur père, celui-ci leur fait chaque fois la même réponse ; on a le temps mes enfants..., le temps travaille pour vous...
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C’est dimanche, toute la famille est réunie au salon où la vieille horloge comtoise égrène les secondes, les minutes, les heures au rythme donné par les contre-poids que remonte une fois par semaine l’employée de maison qui tient la maisonnée depuis des années. Cette fois, a dit le médecin qui a été appelé en urgence la veille; votre père est en fin de course, sa fin est proche.

Il est vrai que cette fois-ci, Pierre a perdu son œil malicieux, son regard narquois. Il est tout pâle, même jaune et semble dans un état comateux. À chacun leur tour, les enfants veillent leur papa et chacun essaye de faire avouer le vieillard ; papa dit nous où tu as caché l’or, pense à tes petits-enfants. Cet argent va leur donner un coup de main pour débuter dans la vie. À chaque fois leur père, avec difficulté, leur fait la même réponse ; le temps... le temps travaille pour nous et l’or prend à chaque heure de la valeur....

Le médecin a vu juste cette fois. Pierre s’en va rejoindre son épouse. Dans un dernier souffle à tous ses enfants réunis, Pierre leur avoue où il a caché cet or tant convoité ;
- mes enfants il est venu le temps de vous révéler l’endroit où j’ai caché le trésor....
Son souffle se fait de plus en plus faible, tous les enfants se penchent pour enfin connaitre la réponse....
C’est, c’est dans le temps que vous trouverez la réponse.... et le temps c'est e l'argent....
Et il meure avec son petit air narquois.

Il va sans dire que les enfants sont tous abasourdis par la réponse de leur père : dans le temps ! mais qu’a-t-il voulu dire avec cette énigme ? Personne ne trouva la solution est l’or de leur père resta introuvable.

Monique, l’employée de maison qui s’occupa de Pierre pendant les dernières années de sa vie avait reçu par testament la permission de finir sa vie dans la maison de Pierre. Un jour qu’elle remonte la grande horloge du salon elle voit un éclat brillé, d’une forte intensité, il provient d’un des contre-poids de l’horloge. Intriguée, elle décroche le contre-poids, prend un torchon et frotte avec vigueur l’objet. Oh ! stupeur, sous la pression, la peinture s’efface et laisse apparaitre de l’or........

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Elena Hristova · il y a
j'adore ce récit, vous avez une façon si plaisante de jouer avec la mort que l'attente se transforme presque en un jeu. Et puis, et puis " il meurt avec son petit air narquois", mais c'est excellent. On ne finit pas de mourir avec vous et le sourire aux lèvres
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Fred · il y a
je prend le temps de vous dire merci
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