« La tableau de ma vie »

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Il était une fois une petite fille rêveuse qui voulait faire partager ses rêves  [+]

Difficile de trouver le bon moment pour vous croquer, vous mes amours, mes amies, les femmes de ma vie.

Ce matin à l’aube la lumière était tamisée. Sur mon tableau, vos cheveux en bataille auraient été du plus bel effet. Ceux d’Annie surtout, ma fille, mon bébé. Ta chevelure flamboyante s’étalait comme un bouquet sur ton oreiller. Mais vous étiez trop agitées, trop excitées, trop occupées. Ma toile est restée vierge sur son châssis et mes doigts impatients ont rangés leurs outils.

Cet après-midi dans le jardin, mon œuvre aurait été plus lumineuse encore. Vous jouiez dans les bosquets. Fleurs égarées au milieu des fleurs semées. J’aurai pu enflammer les verts, les rouges, les jaunes... et les bleuets. Les couleurs primaires se réjouissaient déjà de vous voir si gaies. Le temps d’installer le cadre sur mon chevalet, de faire un aplat pour le ciel irisé, aiguiser mes sens, préparer l’essence, vous vous étiez évaporées.

Et la journée s’est écoulée. Vous étiez vives et bouillonnantes alors que je rêvais de vous voir posées. Je n’y croyais plus quand le miracle m’est apparu. Il me faut figer l’instant où le crépuscule vous apaise, entre les roses parfumées et le reste d’un café. Les reflets d’ambre dans vos cheveux, la lumière diffuse sur les pages, Annie rayonnante et si sage.

Le temps est suspendu... du balancier de la pendule, aux draps immaculés, c’est enfin le moment de vous coucher... sur ma toile, entre chien et loups, entre les ocres et les roux, autour des mots qui sont écrits, mes amours, mes amies... le tableau de ma vie.
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