LE SOUFFLE D'UNE AME

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Totalement débutante, j’ose me lancer avec modestie dans l'écriture, et j'y prends goût ! "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été" Albert Camus "Il n'y a pas de  [+]

Il vente depuis une semaine. Je me réveille et reprends ma place au cœur du monde des vivants. Les rares feuilles encore accrochées aux branches, veulent fuir elles aussi, l’arbre solitaire. Près de la fenêtre ouverte, je regarde l’aube naissante, le ciel gris acier, et je prête l’oreille aux caprices d’Eole. A cette heure, la ville est encore endormie derrière son écran de tristesse. Seuls les oiseaux, plumes de lumière, cherchent vainement leur pitance.
Les couleurs automnales rouges et or, guirlandes de feu, s’éteignent dans cette ville qui ressuscite peu à peu. Laissant place à l’agitation, qui reflète tout l’impossible d’une vie. Je m’habille et me fonds dans la foule des travailleurs pressés, écrasant au passage quelques bogues éparpillées. Une seule dans le creux de la main et c’est mon grand-père qui me tient à travers les chemins forestiers de mon enfance.
Sa maison, mon refuge, a posé son empreinte sur le petit garçon que j’étais. Adieu arômes de gâteaux, chocolats et confitures ! L’Amsterdamer envoûtante odeur de son tabac flotte encore entre ces murs. Mon cœur en ce moment, aussi fragile et aussi tendre que sa pipe en écume, se dissout comme mon enfance.
C’est le mois de décembre, le bout du rouleau, qui clôt les années comme une porte refermée sur cette maison, délestée des poussières de notre histoire. La vie y a laissé ses traces, désormais ces souvenirs demeurent dans un repli de ma mémoire. Notre âme dans une roue qui tourne à l’infini.
L’hiver apporte ses lumières glacées, son froid intense, ses journées brèves. Les fenêtres couvertes de dentelles givrées, tamisent la clarté qui pénètre. Les rares piétons se pressent, exhalant leur souffle. Les bras des arbres nus, étalent leur désespoir sur la cité. Les caniveaux scintillent, la gelée suspendue aux arbres nous offre ses festons de diamants. Le ruban nuageux encore accroché au clocher de l’église s’effiloche laissant place à un timide rayon.
Le soleil décline, le ciel s’assombrit progressivement. Crépuscule de la vie. Malgré ta disparition la maison n’a pas perdu son âme, et reste notre lien. La musique du lieu nous unit par-delà la vie. Dans ton univers si peu éloigné du mien, j’entends ton souffle, j’écoute ta voix, je te perçois. L’esprit vient jouer ses gammes à mon oreille, je m’y accorde et te parle. L’éternité nous absorbe dans un vertige divin. Ce soir l’amour me semble infini, comme ce ciel.
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