Le soleil vient de disparaitre et cinq hommes attendent armés

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Scénariste et écrivain né en 1976 à Trappes, Boël Souleymane bascule dans le monde littéraire après un long passé dans le milieu associatif, où il œuvre pour le développement éducatif et  [+]

Niamey 9 septembre 2003 20h42
Salle de conférences de l’hôtel Bravia rue de la komadougou
Le soleil vient de disparaitre et cinq hommes attendent armés dans le parking de l’hôtel.
Un des cinq vient d’introduire un chargeur dans son pistolet mitrailleur un autre réajuste sa cagoule sur sa tête.
Aucunes paroles, justes le bruit d’un chargeur qui vient de rentrer dans un fusil mitrailleur.
Le claquement d’une culasse d’un Ak47 tenue entre les mains d’un type appartenant à un groupe de mercenaires dévoile l’imminence d’une opération meurtrière.
Ils attendent pour tuer car c’est la mission qu’il leurs a été confiée.
Une vibration dans une poche et un type sors hâtivement son téléphone en regardant le sms qu’il vient de recevoir sur son portable:
-« La conférence vient de se terminer l’homme à abattre ne devrait plus tarder.
Je répète l’homme à abattre ne devrait plus tarder.
Tenez-vous prêts !»
Du haut de la scène d’une spacieuse salle de conférence pleine à craquer Moustapha Djidjeli vient de terminer son discours.
En s’exprimant face au public il ne peut dissimuler son émotion le visage souriant acclamé par un tonnerre d'applaudissements retentissant par les paumes des mains d’une foule survolté par la clarté de ses paroles.
Un instant majeur dans la vie de ce jeune brillant économiste père de famille présentant le succès de son premier ouvrage littéraire dans lequel il interpelle sans détour les élites africaines des pays de la zone franc à sortir au plus vite de la tutelle du système monétaire du Franc CFA pour le bien de leurs peuples.
Dans cet ouvrage il décortique brillamment les rouages de ce système d’une monnaie servile et coloniale.
Ses mots ont touché la foule qui lui a rendu en laissant éclater une ovation laissant presque pleurer cet homme d’émotion.
Sans le savoir cet homme ne lui reste plus que quelques minutes à vivre.
C’était il y a cinq ans en arrière cet homme attendu par des tueurs était mon père. Et à l’âge de dix mes ans j’ai découvert à travers une coupure de presse du journal : « le sahel » la manière dont il a fini sa vie.
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