Le soir elle n'a pas d'accent

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Le soir elle n'a pas d'accent. La nuit ? On ne sait rien de son arrosoir vert, par derrière: l'accent c'est l'impossible de dessiner la goutte qui coule de son soleil pâle. Danse macabre, le rire est sa survie au pire, le verdelet des algues fait partie de son sang, c'est elle qui est venue à ma rencontre, et j'ignore quels événements mon incertitude de moi-même va maintenant devoir affronter. Légère euphorie de type cannabinique, la musique aidant, dans ce grand calme de l'après-décision, la faire venir, bientôt nue, déjà agressive (elle sort du four avec son plateau oriental). J'ai failli passer à travers le matelas, la traversant. Penser, sentir, ou quelle troisième gnose gisant parmi les décors laissés à l'écart ?


Retour à un classique, nous partons sur fond de India song, on tente les chakras, ce sera la Baltique, ça lui fait penser à un nom juif, Rachid, ou quelque chose comme ça, me dit-elle. Sa voix va vers le primordial du toucher, l'odeur de la femme de l'amour. Elle sent les particules se déposer sur ses voies, ses deux bougies se sont allumées, elle se ploie courbe que le saxo joue. Elle trouve ça agressif. Elle me grille, elle se marre. Viens, je prends ta place, me dit-elle, mais je ne peux pas faire les deux déplacements à la fois. La couleur de son pull, c'est bleu-avec-des-seins-dedans. Même si elle pense à tous ses mecs d'avant (elle prie, mais moi je sais).


Elle s'ouvre alors, au hasard, India song, à la page de la pension disciplinaire d'Arras ! Là-bas, tu aimais ça, non ? Juste à cette page, ça prouve bien que tu es sur mon fil ! Avant, après, qu'est-ce que ça peut te faire ? Elle se retourne. Elle préfère comme ça, ou bien elle s'adapte ? Je dois attraper la lèpre, j'insiste, avec les autres minettes ça ne le faisait pas, cette coïncidence. On atteint le plateau, au moins cette fois-ci, elle n'est pas triste, son électro-haschichogramme se redresse un peu, le malade progresse. Un prochain bulletin ? Je ne sais pas écrire en russe, comment veux-tu que je te fasse une ordonnance ? Trois actes gratuits/jour, au moment des couchers; la théorie de l'Amour: une thermodynamique du toujours. Elle dit: « c'est l'égoïsme, ta théorie: c'est un jeu avec la mort, et tout le monde fait le cercle". Elle se met à la guitare, c'est fort la voix de loin, et la voix regarde les doigts de son troisième oeil. Reste un balancement.


Elle n'est pas partie, c'est juste pour les courses, mais déjà on demande à l'homme d'en choisir une nouvelle, très belle. Parce qu'il pleuvait trop. La femme du Gange: toute répétition est interdite; mais nous, sommes étrangers: alors nous avons le droit à la Générale, viens ! L'amour disparaît presque, il affleure encore, il est spectre, il est furtif de nous deux. D'impalpables miettes. Offre ton sang ! Tu frappes enfin, de ta faim. Le sommeil, la marche, des consciences soudaines mais lentes, quand l'envers d'un reflet de nuit se déloge de son semblable d'image. A plat se vivent toutes les émeutes, quand tout le ciel est neutre. Douleur. Le ciel est neutre, la terre blesse, la grotte conforte, elle ne peut être comblée d'aucune haine. Partage mon royaume, Adieu, j'arrive ! Va te faire foutre, je reprends la route ! Let me one million more chances.


L'immense lit rouge de son refuge (une théorie tient toujours à leur triangle). Son doigt en glisse vers son sourire, qui me perd et me suit déjà, il y a bien quelque-chose toujours-là, ne soit pas si près que tu ne soies plus (t'es voulgaire me répondit-elle à mon petit pied au cul). Règlement interne (1): il n'y a plus de sexe à l'Ashram (c'est pour tenter ta composition). Retourner le disque. Seul le fluide entre ces mots est le porteur. C'est pour ça que les gens cherchent la guerre, dit-elle: toi et moi. Nous sommes tous le dernier cadavre. Tu es incapable d'un peu de ma liberté et tu le revendiques en pleurs qui nous emmènent. Râler sous shit, ça ne peut m'arriver qu'avec elle...


Partager, c'est le bonheur et le malheur, dit-elle me tendant son verre. J'ai faim, le vin ça me manque de quelque chose de consistant. Ses parents ont voyagé avant sa naissance; moi: après. Le placard noir, le pensionnat des bonnes soeurs. On ne peut changer les choses; on n'est que cette situation qui ne peut que s'envelopper de voiles aux même, mais nous allons. Le regret des mourants, m'explique-telle: avoir trop travaillé, ne pas avoir exprimé ses vrais sentiments; je lui réponds que je suis plus loin. Au-delà du regret. J'applaudis, j'y suis à ce concert, merde.

On danse à l'horizontale. Seule la conquête de ce lieu, seul l'orage qui force au monde, et quelque eau qui nous circule, placentaire. On atteint le deuxième étage, qui grésille. On n'est plus obligés de tenir en l'air maintenant. Elle ne met pas ça au pluriel: parlais-tu au masculin ou au féminin ? Elle improvise. Le Rossignol chante aussi la nuit. Il est 16h12 à Langri-Sha. Si je lâche mes muscles cervicaux, je deviens une balle libérée, dans ses mains, léchant son chakra. Déjà mon éléphant tombe, trompe, défèque, et meurt: il lui fallait une présence humaine. Mes ses bras qui vaguent font remonter la marée; c'est la presque lune, l'aiguilleur est renversé, et on est à deux sur la grande aiguille, qui est là de nous trois ? Un vieil autobus un peu grimaçant passe et grimpe dans le ciel, bleu rouillé arrondi saharien: c'est quand le sable traverse notre sable; mais au réveil un vieux est toujours grinçant.

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