Le sac du village perdu

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Tient ! Vous vous êtes perdu ? Mais je vous en prie, asseyez vous. Vous buvez du thé ? Installez vous confortablement et pendant que vous dégustez votre thé, laissez moi vous conter quelques  [+]

Je suis Le Gall, l’étranger, et je fais parti d’une bande de routier. Vous me lisez en français pourtant je ne connais pas un mot de cette langue. J’habitais avec ma famille dans une cahute dans la forêt de Huelgoat. Mon père faisait des sabots, ma mère vendait des herbes et j’avais une petite sœur et un frère mais celui-ci a disparu un jour et on ne la jamais retrouvé. C’est obererour ar maro qui l’a prit ! Ou alors c’est des esprits de la forêt... je suis triste parce qu’il n’était même pas baptisé. Je serais en colère avec le bon Dieu si il ne le prend pas avec lui dans l’autre monde.

C’était mon ancienne vie, une autre vie et j’étais heureux. J’ai fuis vers le sud quand des démons ont attaqué ma forêt. C’était des hommes, des français. Puis je suis tombé sur ma bande et j’ai marché. J’ai marché beaucoup ! Et je voulais revoir ma mère. Elle est parti avec ma petite sœur dans un chariot conduit par deux moines chrétiens.

Dans la bande ça se passait bien mais les gars ne parlent pas tous la langue. Y’a des anglais aussi. Et le grand chef c’est un Gallois qui se fait appeler " le poursuivant d’amour ". C’est en le rejoignant à Châteauneuf qu’on est passé par ce village. Maintenant je connais l’odeur des cadavres. Ça sent un peu les pommes qui macèrent et la chèvre crevée. J’ai vu des choses terribles et je crois que je resterais bouleversé toute ma vie si je ne deviens pas fou.

On est rentré dans cette maison et tout autour la fumée des toits brûlés me faisait tousser. Dedans il y avait caché une femme et une petite fille à peine plus jeune que moi. Le Grand s’est mit à leur crier dessus et il a jeté la fille par terre. Elle hurlait et nous suppliait d’arrêter mais les gars voulait la violer. J’ai bien vu Kouarc’h avec le Teigneux qui piétinait la petite fille. Du sang coulait de sa bouche qu’elle ouvrait grand comme pour crier mais le son ne venait pas, ils l’ont tuer comme ça, en la piétinant. Moi je pensais à ma mère et à ma petite sœur. J’y pensais tellement que j’ai cru que la grande fille était ma mère ! Alors j’ai sauté sur elle en criant maman. Elle me frappait le visage pendant que j’étais agrippé à sa robe . Après les gars m’ont décroché et ils lui ont fait du mal. Moi je suis sorti dehors et je respirais mal. J’ai vomi et ensuite j’ai prié le bon dieu. J’ai prié pour les mauvaises choses qu’on fait. J’ai prié pour la foule d’âmes errantes des victimes de la guerre et puissent-t’elles trouver le repos et ne pas revenir nous hanter.

La bande est partie et moi avec. Derrière nous le village à été rasé. Trop petit pour être revendu à ses propriétaires. De toute façon personne n’a survécu ici. Souvent je rêve de ma vie d’avant mais plus le temps passe et plus elle devient lointaine et plus je ne suis plus celui que j’étais. Maintenant je suis un brigand et j’ai tué. Oui Seigneur, j’ai tué. Je sais que c’est le pire des pêchés mais je crois que c’était nécessaire.
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