LE REVE SOMBRE

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1989

Lorsque Bill vit apparaître sur le téléviseur de son salon le cadavre d’un homme avec cette maison en arrière-plan, il commença à paniquer. Un homme était mort devant cette maison que Bill connaissait bien. Le visage de cet homme était aussi blanc que la neige et laissait deviner la frayeur grandiose qu’il avait eue avant de s’éteindre.
En 1989, Bill avait 38 ans, était un homme grand, intelligent, orphelin à l’âge de 11 ans à cause de la mort encore inexpliquée de ses parents. Seul Bill connaissait la raison de cette disparition mais n’avait jamais voulu la révéler, craignant de s’étouffer lui aussi avec ses souvenirs douloureux. Bill avait survécu de peu à la mort étrange qu’infligeait la maison à ses occupants.

1962
Quand Bill (11 ans) allait arriver dans ce qui allait être sa nouvelle maison, jamais il n’aurait pu deviner que...celle-ci était spéciale. Bill était pourtant si heureux dans la voiture de déménagement... Durant le trajet, ses parents, d’habitude si sérieux, tuaient l’ennui avec des blagues et tous riaient de bon cœur. Lorsqu’ils arrivèrent, Bill en avait même des douleurs tant il avait ri!
Ils descendirent du camion, main dans la main, en contemplant leur nouveau chez-eux.
Quand son père mit la clé dans la serrure, Bill était excité comme un fou mais lorsqu’il vit l’intérieur, poussiéreux et sombre, il déglutit tant sa déception était immense. La maison était grande et spacieuse mais Bill avait cru entendre des ricanements et des ombres bouger dans la pénombre. Bill esquissa une grimace puis remarqua que ses parents n’étaient pas plus sereins que lui. Ses parents lui dirent : « Alors Bill ? Tu aimes ta nouvelle maison ?
-Oui, je l’adore, dit-il en se forçant à sourire, elle est magnifique, terrible ».
Mais en réalité, elle ne lui inspirait pas confiance : perchée sur une colline, cette maison avait un étage accessible par un escalier grinçant, une cave profonde creusée dans la colline, et le plus anormal était qu’en haut de cette colline, la seule vue que l’on avait était ces arbres morts dispersés autour de la maison. Mais ce n’était pas grave, avec l’aide de ses parents, il pourrait la rénover, la nettoyer et la dépoussiérer pour qu’elle devienne plus accueillante et plus rassurante. Il alla demander à ses parents s’il pouvait les aider à arranger cette demeure et ses parents furent contents qu’il s’y mette corps et âme pour redonner du sens à cette maison. Ils passèrent toute la journée à travailler mais quand l’heure du coucher arriva, ils s’installèrent dans le camion de déménagement n’ayant pas eu le temps d’installer les lits dans la maison. Vers minuit, Bill se réveilla en sursaut, pris d’un violent mal de tête. Lorsqu’il regarda par la fenêtre, ce qu’il vit lui glaça le sang : des lumières s’allumaient dans la maison et un chant démoniaque s’élevait, de plus en plus fort et de plus en plus dérangeant. Terrifié par cet étrange spectacle, Bill crut que son cœur allait cesser de battre.
Mais alors que les cris résonnaient dans sa tête et son corps, Bill tenta de se raisonner en se disant que c’était impossible et que les fantômes n’existaient pas. Et il eut raison, les chants finirent par s’estomper. Il réussit finalement à se rendormir et se réveilla au petit matin, ses parents à ses côtés, en ayant la sensation d’avoir fait un mauvais rêve. Puis il se souvint des chants et des lumières qui s’allumaient et en parla à ses parents qui lui dirent d’une voix douce : « Tu as dû faire un cauchemar, mon petit Bill. »
Bill savait pertinemment que ce n’était pas un cauchemar ou plutôt il n’en avait pas l’impression.
Ils déjeunèrent sans parler, penseurs, livides. Bill demanda à ses parents : « Vous aussi, vous avez fait un cauchemar ?
–Oui mais ça n’a pas d’importance, dit son père.
–Moi aussi j’en ai fait un, dit sa mère, tremblante. Mais c’est juste un cauchemar, pas de quoi stresser ! » C’est vrai, pensa Bill, mais un cauchemar qui semblait bien réel...
Durant la journée, rien ne se passa d’anormal mais l’ambiance était lourde et ses parents ne parlaient guère. Malgré tout, ils finirent par s’installer complètement dans la maison ce qui déplut fortement à Bill, peu enchanté à l’idée de vivre dans cet environnement hostile.
Le soir même, il ne se passa rien lorsque Bill se coucha sinon qu’il se sentit observé. Le lendemain matin, Bill se sentit si lourd qu’il ne pouvait pas se lever. Lorsque Bill comprit pourquoi, il hurla de terreur. Un squelette était posé sur lui ainsi qu’une feuille froissée où l’on pouvait lire :
« C’est bientôt ton tour, Bill, ainsi que celui de tes parents. » Signé : ton pire cauchemar
Bill appela ses parents qui arrivèrent en courant :
« Que se passe t’il ici ? demanda son père.
–Regardez ce squelette! » dit Bill.
Mais le squelette avait disparu de même que le mot. Bill se désola. C’en était fini d’eux, à moins qu’ils ne partent très loin d’ici, ce qui lui sembla impossible connaissant ses parents... Tout à coup, sa mère leur dit :
« Et si on partait ? Loin, très loin.
–Pour une fois, je suis d’accord avec vous, dit son père, tremblant. D’ailleurs je vous propose même de partir immédiatement. »
Ils préparèrent le strict nécessaire pour une ou deux nuits à l’hôtel.
Alors qu’ils allaient partir, Bill entendit les cris de sa mère, encore à l’étage. Bill courut aussi vite qu’il le put pour la rejoindre. Ce qu’il vit alors lui sembla irréel : sa mère était dans sa chambre, une créature face à elle. La créature, un loup-garou lépreux au sourire démoniaque, dévisageait sa mère en s’approchant dangereusement d’elle. Tout à coup le monstre se tourna vers Bill en lui montrant ses crocs et lui dit : « Ah, te voilà enfin cher Bill ! Nous t’attendions justement. Toi aussi tu es à croquer mon petit ».
Quand Bill comprit ce qui allait leur arriver, il voulut s’enfuir mais ses pieds étaient comme bloqués. Le loup lui dit : « Ne t’en va pas mais observe plutôt ma métamorphose légendaire ». Et il commença à se transformer, devenant petit à petit la chose la plus terrifiante qu’il n’ait jamais vue : pattes crochues, bouche sanguinolente, doigts gantés et griffes acérées. Tout à coup, ce monstre qui semblait tout droit sorti d’un film d’horreur, se jeta sur sa mère.
« Maman !!!!!!! hurla Bill en s’effondrant, abattu par la douleur.
–Oh, ne t’inquiète pas cher enfant, elle n’a pas souffert, lui dit le monstre. Mon nom est « Le tueur des âmes » et tu comprendras très vite pourquoi on m’appelle comme ça !!! »
Dans un élan de survie, Bill sortit de la maison aussi vite qu’il le put, jusqu’à ce qu’il se cogne contre son père devant l’entrée.
« Mais papa, pourquoi tu n’es pas dans la voiture ?
–Je ne sais pas, c’est incompréhensible, j’étais effectivement dans la voiture et d’un seul coup, je me retrouve ici à tes côtés. »
Lorsqu’ils essayèrent de s’enfuir de la maison, un portail les en empêcha. Le monstre était devant eux et leur dit : « Je vais vous raconter l’histoire de la maison : En l’an 1897, j’étais un jeune garçon riche et célèbre. Je rêvais de construire ma maison, ici même, sur cette colline. Mais le maire, jaloux de ma richesse, m’interdit de construire cette maison que je désirais tant et se construisit sa propre maison, sur cette colline ! J’étais abattu. Je mourus deux semaines plus tard, de haine et de désespoir. Depuis ce jour, je hante la maison qui aurait dû être mienne !
–Mais ça veut donc dire que tu n’es pas réel, que tout cela n’est qu’un mauvais rêve, dit Bill en fermant les yeux.
–C’est ce qu’on va voir », dit le monstre en se précipitant sur son père. « Je suis un cauchemar mais je suis bien réel !!! »
Et tout à coup, plus rien.
Bill se retrouva dans son lit, dans une maison silencieuse. Il crut d’abord à un affreux cauchemar..., avant de s’apercevoir que ses parents s’étaient éteints à ses côtés, sans doute morts de peur, et qu’ils l’avaient protégé, lui Bill, ce gentil garçon de 11 ans.
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