Le procès

il y a
2 min
2
lectures
1

Mamady keita, habite à Conakry en Guinée  [+]

Le jour du procès arriva. A neuf heures du matin, la salle d’audience commença à recevoir les premiers groupes de personnes. Une immense salle remplie de bancs jusqu’au fond, soigneusement alignés par rangées, séparées par des allées. Sur une grande tribune était placée une longue table devant laquelle étaient confortablement installés le juge et sa suite. Au parterre, étaient installés les avocats en robe noire avec foulard blanc au cou.
Plusieurs procès étaient programmés ce jour-là. Tous les accusés étaient dans la salle ; assis, chacun attendait son tour de passer à la barre. L’audience débuta sur un dossier d’héritage. Les héritiers de Fabou firent appeler à la barre par le juge. Selon les témoignages, Fabou rencontra Salima lors d’un séminaire à l’étranger. Une jeune dame très attirante. Tous deux séminaristes, ils firent un séjour agréable ensemble. A leur retour au pays, leur relation se transforma en amour. Lorsqu’ils décidèrent de se marier, Fabou apprit que Salima était une mère célibataire. Elle avait un garçon de trois ans mais elle ne voulait pas du tout le dire à Fabou avant le mariage. Il fut choqué de l’apprendre tardivement par une autre personne.
- Chéri, si je ne te l’avais pas dit avant c’est parce que j’avais peur que tu ne m’accepte avec mon enfant. Je t’aime beaucoup et j’avais peur de te perdre.
- Ça veut dire que tu n’as pas confiance en moi ni à mon amour pour toi ?
- Non pas du tout, j’ai entièrement confiance en toi mais je ne peux pas supporter que tu me quitte et surtout pas à cause de mon enfant.
Après quelques jours, l’amour domina sur la colère, Fabou revint à des meilleurs sentiments en acceptant les excuses de sa fiancée. Quelques années après le mariage, ils eurent deux enfants. Deux adorables filles et Moriba le fils de Salima. Fabou les prenait tous comme ses propres enfants. Il les scolarisa tous ; Moriba avec ses deux demi-sœurs. Ils grandirent ensemble sans distinction entre eux. Des suites d’une courte maladie, Fabou rendit l’âme sans avoir le temps de rédiger son testament. Après le veuvage, Salima présenta Moriba à son véritable père pour la première fois. Contant de cette retrouvaille, Moriba demanda à sa mère d’épouser son père. Cela fut fait, Salima invita ainsi, son nouveau mari à venir vivre chez elle. Tout allait bien au début, les enfants vivaient en harmonie. Un matin, on retrouva Salima morte sur son lit. Elle n’était pas malade et sur son corps, il n’y avait aucune trace d’agression. Les causes de sa mort ne furent pas connues. Moriba et son père s’accaparèrent de tout l’héritage ; la maison, l’entreprise, les véhicules, les comptes bancaires, bref toutes les propriétés du défunt Fabou. Les deux filles étaient en ce moment très jeunes. Elles avaient à peu près neuf et onze ans respectivement. Elles vécurent les pires moments de leur vie ; l’asservissement, la violence physique, l’humiliation puis l’expulsion de la maison de leur propre père. Les deux adolescentes ne savaient pas où aller. Elles passèrent des jours et des nuits dans la rue avant de se rendre chez leur oncle où elles continuèrent les études jusqu’à l’âge mature. C’est ainsi qu’elles réunirent toutes les preuves puis portèrent plainte afin de récupérer tous les biens de leur défunt père. La salle était calme, tout le monde était triste de voir les deux jeunes filles en larme réclamant l’héritage de leur père.
Les avocats de la défense et ceux de la partie civile intervenaient sur ton ferme. Chacun défendait inlassablement son client. De discussion en discussion, la vérité émergeait. Le juge suspendit l’audience pour quelques minutes afin de se concerter pour délibérer.
A la fin du procès, le verdict était donné. La sentence était tombée contre Moriba et son père, les deux personnes dont la culpabilité a été prouvée : meurtre avec préméditation, abus de confiance et détournement de bien.
Les deux jeunes filles commencèrent une nouvelle vie sans leur père ni leur mère.
1
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,