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Le procès

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Nelly Chadour

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— Accusé, levez-vous !
Le quinquagénaire à la moustache en berne et dont la veste défraichie était encore raide de sang séché s’exécuta. Ses jambes tremblaient encore de la torture subie dans les geôles de l’Inquisition. Les deux gendarmes à l’uniforme frappé du sceau ecclésiastique le collaient de très très près.
Le juge, noir, raide et solennel comme la justice la plus chrétienne se racla la gorge.
— Accusé Aristide Briand, en raison de votre rôle crucial dans le complot politique visant à séparer la Sainte Église de l’État Français, le Vatican vous condamne à périr sur le bûcher. Avez-vous un dernier mot avant que la cour n’applique la sentence.
— Oui, soupira Briand. Juste quatre.
Et se redressant, les mains serrées sur la barre du tribunal :
— A moi, le Tigre !
Une explosion retentissante démolit le mur extérieur du tribunal et sema la panique parmi les soutanes noires et pourpres.
Sourire aux lèvres et pistolet au poing, George Clémenceau, le dernier fugitif anticlérical que les services du Vatican n’avaient pu appréhender, apparut à travers un nuage de poussière.
— C’est l’heure de bouffer du curé et j’ai les crocs, rugit le Tigre avant de se lancer à l’attaque.

Nom de Dieu, s'écrierait-on plus tard à travers les rues d'un Paris en ébullition, elle allait se faire et dans le sang, la séparation de l’Église et de l’État !
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Elena Hristova · il y a
En dépit de l'aspect sérieux de cette affaire votre procès d'humour ni de saveur
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