Le prince et la jeune-fille

il y a
3 min
93
lectures
51
Qualifié

Dans un pays fort lointain, le Bonnougat, une petite-fille, minuscule profitait de la rosée du matin pour se promener dans les champs de rose entourant le château de son père, le redoutable et redouté roi Caramel.
Ce roi régnait sur le pays de Bonnougat, avec fermeté mais bienveillance et nul ne se serait permis de contester son autorité. Mais voilà, le roi Caramel avait un gros souci : sa petite-fille, la si jolie Carmélita ne grandissait pas ! Elle ne dépassait guère les trente centimètres et lorsqu’elle se promenait parmi les roses, n’eut été sa chevelure flamboyante, personne ne l’aurait remarqué.
Le roi Caramel se désespérait de cet état, et retournait sans cesse ce problème dans sa tête sans parvenir à trouver une solution.
En désespoir de cause, il fit part à ses conseillers de son angoisse sur l’état de sa fille : ceux-ci étaient perplexes et ne purent l’aider dans sa quête.
Au demeurant, Carmélita ne se plaignait pas de sa petite taille, qui au contraire, lui facilitait les choses quand il s’agissait d’échapper à une punition, car elle pouvait aisément se dissimuler où bon lui semblait.
Les mois et les années passèrent, et le roi se lamentait toujours sur le sort de sa fille, sa taille n’augmentant pas avec l’âge, alors qu’elle avait atteint celui de se marier. Elle était d’une beauté saisissante, alliant la délicatesse de la rose, la douceur du bonbon et la fermeté du caramel. Elle ressentait maintenant sa taille comme un obstacle pour sortir de ce château devenu pour elle une prison, ne pouvant aller et venir comme bon lui semblait à l’extérieur de ses murs, qui la protégeait des menaces extérieures où sa petite taille pouvait s’avérait dangereuse.
Dans le pays de Bonnougat, les habitants se nourrissaient exclusivement de guimauve qui poussaient sur des guimauviers, de réglisse, et de berlingots. Ils buvaient du sirop de perlimpinpin et de chabichou, l’un à base de pain d’épice et l’autre de cannelle et sucre d’orge. Ils faisaient chaque jour leur toilette à l’eau de rose et prenait des bains de jouvence dans l’eau d’aquarelle. Avec ce régime, ils n’avaient aucun problème de taille et leur santé était florissante.
Le roi Caramel se morfondait de plus en plus au sujet de sa fille, en perdant l’appétit et la joie de vivre.
Son état désespéré, franchit les portes de son château et parvint jusqu’aux oreilles du Prince Cappuccino, qui à ses heures perdues était un éminent chercheur. Il avait eu vent de la grande beauté de Carmélita et de son problème et pensa qu’il pouvait peut-être intervenir pour y remédier.
Un beau matin du mois de mai, il se fit annoncer au château du roi Caramel et lui demanda s’il pouvait voir sa fille. Le Roi, trouva cette demande quelque peu incongrue, mais acquiesça quand même. Il envoya donc une servante la chercher. Lorsqu’elle pénétra dans la salle, le Prince Cappucino fut ébloui devant tant de beauté et il se jura de trouver un remède afin qu’elle puisse devenir enfin une belle jeune fille comme elle aurait dû être.
Il parla de son projet au Roi Caramel. Celui-ci l’écouta attentivement. Le pauvre ! Il ne demandait qu’à croire à une possibilité de changement pour sa fille, et était prêt à toutes les alternatives.
En fait, le prince Cappuccino avait fait des recherches sur la pousse des fleurs, afin qu’elles aient un meilleur rendement ; il avait mis au point une décoction dont l’ingrédient essentiel était les pétales de rose. Cette décoction avait eu un effet spectaculaire sur les fleurs qu’il avait arrosé avec et Il proposa de l’améliorer en y ajoutant du miel et du suc de rose, et d’un faire boire à Carmélita.
Celle-ci donna son accord pour ce projet fantasque mais qui de toute façon, ne pouvait qu’être bénéfique sur sa croissance.
Le prince Cappuccino se mit aussitôt au travail, et un mois plus tard, arriva enfin au breuvage parfait. Il le fit d’abord goûter à un petit chiot qui lui appartenait : le résultat fut spectaculaire ! Il grandit en une journée de ce qu’il aurait dû faire en un mois. Il retourna au château de Bonnougat faire part de sa découverte, et proposa aussitôt à Carmélita d’en boire une tasse. Elle s’exécuta de bon cœur. Elle se sentit alors très fatiguée et demanda à regagner sa chambre.
Le lendemain, à son lever, elle se sentit étrange, comme si son corps ne lui appartenait pas. Elle fut obligée de s’enrouler dans un drap, n’ayant pas de tenue à sa taille et encore, celui-ci n’était pas très grand non plus au vu de sa taille antérieure.
Elle descendit l’escalier pour se rendre dans la salle à manger où l’attendait son père et le prince ! Ils furent stupéfaits devant tant de grâce, sa taille élancée en faisant enfin une jolie et belle princesse ; le Roi demanda alors à une servante de trouver une robe appropriée pour sa nouvelle fille chérie. Il était tellement ému qu’il en pleurait de joie. Il remercia avec effusion le prince. Celui-ci ne pouvait détacher ses yeux de Carmélita qui était un peu sa créature !
Et là, ne pouvant cacher ses sentiments, il mit un genou à terre et demanda la main de la belle Carmélita. Le Roi donna son accord et les noces furent bientôt célébrées.
Alors dans le pays de Bonnougat, les cloches retentirent, les bonbons et autres douceurs furent distribuer sans compter, les verres se remplirent de perlimpinpin et de chabichou. Les roses à l’origine de cette métamorphose eurent droit elles-aussi à leurs cures de jouvence et leurs parfums décuplés par la décoction emplit la cour et le château tout entier.
Le bonheur était à nouveau roi au château du Roi Caramel et ne devait plus en partir.

51

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,