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le papillon

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Catherine Durand

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Elle était née papillon, papillon magnifique.

Quand elle se posait sur les pierres au soleil, en bord de torrent et quand elle s’envolait à nouveau, les pierres gardaient l’empreinte de ses couleurs irisées.

Ces couleurs formaient comme des peintures. Elle exposait ainsi tout au long des rivières et des torrents.

Tous la couvaient d’attention, d’éloges, de regards. Elle était aimée, admirée, adulée, même.

Elle aimait tellement ça.

Pourtant, ses parents ne l’avaient pas bordée ainsi de tant d’éloges.

Certes, elle avait grandi dans le bien-être matériel et même une certaine aisance.

Sa famille était cultivée et l’avait, bien éduquée, selon les règles et les convenances. C’est à dire comme pour tous les enfants. Savoir dire bonjour, merci, bien se tenir, être présentable en tout lieu et à toute heure et bien d’autres choses, tout comme pour toi, je suppose.

Mais, cette magnificence, lui avait, si l’on peut dire, donné la grosse tête, qu’elle avait d’ailleurs, bien pleine. Elle apprenait tout, facilement et frisait l’excellence dans beaucoup de domaines.

Ce doit être une bien lourde charge par ailleurs toutes ces qualités.

C’était aussi une excellente compagne, Elle avait tant d’amis. Tous l’admiraient.

La chenille bleue l’aimait tellement qu’elle pouvait rester suspendue à son cou toute la journée ressemblant, ainsi enroulée, à un magnifique collier de la même couleur que ses yeux bleu azur.

Les minuscules grenouilles, vous savez ? celles qui ressemblent à de magnifiques pierres précieuses, rouges, vertes, bleues, se posaient sur sa tête pour former comme un diadème.

Elle prenait parfois la grosse tête mais la perdait aussi !

Elle avait peur de vieillir, de faner, de perdre la vie aussi vite que les papillons de nuit.

Pour chasser l’idée de la mort, certains jours, elle se vêtait de noir.

Le lendemain, se sentant pleine de soleil, elle se couvrait d’orange.

Le Papillon noir lui faisait peur. Pour s’en moquer, elle s’habillait parfois d’une peau de chauve-souris. On l’aurait cru en deuil  !

Elle vous faisait perdre la tête. Attention, si vous n’y preniez garde, elle pouvait vous prendre dans son filet quand elle se vêtait d’une peau d’araignée.

Un beau matin, elle se posa sur le dos, les ailes déployées sur un galet chauffé par le soleil. Elle était si bien là, si paisible, qu’à la fin du jour, elle s’endormit. Quand elle s’éveilla au petit matin, elle s’étira mais se sentit tout engourdie.

Sur le galet, les couleurs de ses ailes étaient restées collées.

Elle les déploya, les étendit et peu à peu retrouva son agilité naturelle.

Elle ne s’aperçut jamais que ses ailes étaient devenues toutes blanches mais d’un blanc si lumineux que personne n’eut le cœur de lui en faire la remarque.

Elle reprit ainsi le cours de sa vie, toujours aussi changeante, virevoltante mais si désarmante, si charmante qu’elle vécut ainsi heureuse tout au long de sa longue existence.

Aujourd’hui encore, sur le galet, ses couleurs sont restées, formant un tableau magnifique et magique. Si tu le trouves, surtout, ne l’emporte pas. Ne le touche pas. Pose juste ton regard dessus, remplis ton cœur de sa chaleur. Et laisse-le, là où la vie et la nature l’ont placé, pour réjouir et réchauffer le cœur de tous ceux qui savent regarder.

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