Le naufragé imaginaire

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La baise. La cigarette après la baise. Boire. Photographier. Écrire. Voila mes seules délivrances. Mes paradis artificiels. Les seuls moments où je me sens entier, présent, dans ces instants immenses, empli d’une plénitude, celle d’une vérité qui me dépasse.
Le temps s’arrête. Soudain, la douleur n’est plus. Alors, pour un instant, pour un instant seulement, je suis serein, habité d’une immensurable joie.
La jouissance dans l’oubli. Le nirvana dans la fuite. L’échappatoire à mes tourments cachés dans l’abîme de mes entrailles. Celle qui m’éventre du matin au soir, me tiraille et m’écorche le cœur autant que l’âme. J’avance masqué, acteur de mon propre rôle. Je ne discerne plus le vrai du faux. Je ne saurais dire si ça m’arrive encore d’être enjoué, enthousiaste, émerveillé ou si je le feins.
La malédiction du néant s’est posée sur moi et je ne suis à présent plus personne. Un vide béant, un fantôme perdu sur hémisphère, une entité sans âme, ni même odeur, qui se raccroche à ce qu’il était jadis.
Je suis un bateau qui ne navigue qu’en état d’ivresse et qui au petit matin redevient épave.
Dormir, puis émerger du sommeil, c’est ce que je préfère. L’infime instant où j’ignore qui je suis, où je vais, ou plutôt où je devrais être. Malheureusement ma mémoire immédiate, elle aussi, finit par échapper à son coma, pour venir me rattraper.
C’est comme sentir la tempête arriver. On ne la voit pas, on ne l’entend pas, mais on sent qu’elle est là, quelque part. Latente, prête à exploser, à transpercer le ciel et le briser. Des éclats de nuages commencent à dessiner des larmes sur les joues, et ses éclairs ne font que les laisser apparaître en pleine lumière.
Je suis à la fois le Titanic et l’iceberg, je me fonce droit dessus mais ne fait rien pour m’éviter. Paralysé et froid comme la glace, je suis persuadé qu’il n’y aura pas de survivant. Je crie à l’aide, imbibé d’essence, une allumette dans la main, prête à être frottée contre son grattoir, mais je ne le fais pas.
L’histoire du sale gosse qui criait au loup, c’était moi. Je suis un naufragé imaginaire.

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