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Le morceau de papier

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Cendree

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Il était une fois 2 inséparables on ne peut plus heureux qui habitaient une jolie cage, elle-même placée, non pas au dessus d’un très haut meuble ou d’un réfrigérateur, mais au beau milieu d’une immense salle. Jamais, de tous temps, on ne pût voir de si jolie cage, car elle était montée sur un pied orné de quelques diamants. Elle contenait mangeoire, abreuvoir et balancelle, outre multiples décorations.
Les inséparables étaient chaque jour choyés, caressés, et même coiffés par leur maîtresse qui les avait apprivoisés à tel point qu’elle pouvait les libérer de leur cage des heures durant, sans aucune méfiance.
Marie, la maîtresse, vivait un duplex haut standing et possédait une véranda dans laquelle elle avait aménagé un cadre verdoyant, lequel plaisait beaucoup aux inséparables.
Ces derniers étaient non seulement inséparables l’un de l’autre, mais aussi de leur maîtresse. Ils formaient avec elle un trio du tonnerre !!!!
Les inséparables, que leur maîtresse avait appelés Chopin et Berlioz, avaient pour habitude, matin, midi et soir, de chanter des airs loufoques, tristes ou entraînants et la maîtresse enchaînait.
Un matin, comme à l’accoutumée, la maîtresse les libéra, les caressa tour à tour et Berlioz et Chopin rejoignirent leur cadre verdoyant. Ils se mirent à chanter. Un air triste, un air gai. A l’affût de la réplique de leur maîtresse.
Mais cette fois, Marie n’enchaîna pas.
-Tiens, c’est étrange ! jeta Berlioz.
-Oui, ça m’inquiète , allons la rejoindre.
Tous deux survolèrent la véranda, puis la salle, et arrivèrent à la cuisine où ils découvrirent leur maîtresse, étendue sur le sol, inerte.
-Oh ! Non ! Notre maîtresse semble mal en point !
Leur première réaction fut de se poser près d’elle, de la caresser du bec puis des ailes. Ils aperçurent, avec un léger soulagement, un mouvement de cils, de paupières. Ils continuèrent de la caresser comme elle l’avait toujours fait pour eux. Peu à peu, elle ouvrit les yeux.
-J’ai besoin d’aide. Je me sens mal. Je ne peux plus bouger. Dit-elle faiblement.
Ni une, ni deux, les inséparables profitèrent que la fenêtre fût ouverte et s’envolèrent afin d’aller toquer chez un proche voisin. Un de ceux qui connaissaient leur maîtresse et l’existence de ses inséparables. Il était indispensable que les voisins puissent faire le rapprochement et comprendre cet appel au secours.
Ils aperçurent Robert, penché à la fenêtre de sa cuisine. Ils toquèrent du bec. Robert leur fit signe puis se replongea dans ses occupations.
Ils toquèrent à nouveau et se mirent à pousser des hurlements stridents afin de lui faire comprendre leur message d’alerte. Mais il ne se préoccupait déjà plus d’eux.
-Nous n’avons plus aucune chance !
-Ne sois pas défaitiste. Je viens d’avoir une idée de génie !Tu sais parfois, les humais griffonnent de petites choses sur des morceaux de papier pour communiquer. Nous allons retourner à la maison, faire glisser un morceau de papier et un stylo près d’elle.
-T’as raison, il faut faire au plus vite.
Aussitôt, ils rejoignirent leur maison et de toutes leurs forces, firent glisser le nécessaire jusqu’à la maîtresse. Ils approchèrent le matériel afin que la maîtresse ne s’épuise pas trop.
Celle-ci, bien que très faible, comprit aussitôt la demande de Berlioz et Chopin et écrivit sur la feuille :
« AIDEZ-MOI ! MARIE »
Berlioz prit la feuille du bec et tous deux repartirent chez Robert. Chopin toqua à la fenêtre. Berlioz étendit la feuille le long de la vitre.
Cette fois, Robert, intrigué par le morceau de papier, s’approcha.
Il plissa les sourcils. « Ah ! C’est pas vrai ! Vite ! Hâtons-nous ! »
Il s’empara de son téléphone, claqua la porte, rejoignit les inséparables, chacun se posa sur une de ses épaules afin de cadencer le rythme.
Il talla en premier lieu chez Germaine.
« Bonjour Germaine, je ne peux pas t’expliquer pour le moment mais Marie ne se sent pas bien. Toi qui as ses clés, peux-tu nous conduire jusqu’à chez elle et nous ouvrir la porte ?
-Oui pas de soucis, allons-y ! »
Tous quatre s’empressèrent jusqu’au domicile de Marie qu’ils trouvèrent inanimée. Aussitôt, ils appelèrent les secours.
Ils patientèrent dix longues et interminables minutes.
Enfin les secours arrivèrent et réanimèrent Marie.
-Elle est sauvée ! Juste à temps, il est vrai ! Mais elle devrait s’en sortir. Son état se stabilise. Elle doit rester 48 heures en observation cependant. Nous l’emmenons. Pourrez-vous vous occuper de ses oiseaux ? Car apparemment elle y tient ».
Marie sourit. D’un sourire qui soulagea l’assemblée.
Robert poursuivit « Ce ne sont pas de simples oiseaux. Ce sont eux qui nous alertés ! Ce sont des héros !
-Sérieusement ?
-Oh oui ! poursuivit Marie »
Et les inséparables se posèrent sur la table, la tête bien haute, fiers d’avoir sauvé leur maîtresse. On eut dit de jeunes couronnés.
Une semaine plus tard, Marie sortit de l’hôpital car une fracture à la cheville et une baisse de tension avaient prolongé son hospitalisation. Elle allait bien, était sereine et plus que rassurée d’être si bien entourée.
Les inséparables, eux, firent la Une des journaux.
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