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Le matin de ses treize ans

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Torhu

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Il était minuit. La lune baignait la chambre d'une douce lumière. Le souvenir des jours heureux créait une animation sur les murs salis. Les meubles étaient recouverts d'un tissu blanc poussiéreux et tous les jouets étaient rangés dans des cartons. Le monde reprenait son cours comme s'il ne s'était jamais arrêté. Un lys blanc se dessinait sur le petit bureau. Qu'est-ce que la vie? Un jour comme les autres avec un matin, un midi et un soir. Elle, n'avait connu que le matin, le matin de ses treize ans, le matin de sa fin. Ce jour-là, elle s'était réveillée en retard pour la première fois. Elle aimait la vie comme un enfant aime sa mère : douce, chaleureuse et éternelle dans son cœur. Elle pensait que la vie de chacun avait une valeur inoubliable pour le monde qu'il soit grand, petit, président ou éboueur. La vie était un miracle, un rêve merveilleux, une illusion réelle où tout avait un sens. Elle aimait se dire que cette petite feuille morte avait eu une histoire pour la terre. Oui, elle aimait la vie. Elle ne pensait qu'à sourire, aux mots d'amour et au futur. Elle voulait découvrir le monde, voir tout ce qui existait et croire à l'invisible. Elle se moquait des mots : naïve, simplette ou encore déjà vue. Pour elle, les mots devaient être simples pour qu'ils expriment toute leur beauté, tous leurs sens et tout leur amour. Elle était peut-être un peu idéaliste mais elle en riait. Le bonheur, le fait d'être heureuse était son principal objectif. Pourtant un jour tout s'arrêta. Une voiture la heurta de plein fouet. Il neigeait. La vie peut prendre fin comme elle commence. Elle entendit une alarme, vit des mains qui la soulevèrent sur un charriot puis plus rien, le noir total. Elle s'était souvent demandée que devenait-on après la mort ? Son cœur, sa mémoire, son âme... disparaissaient-ils ? Elle ne voulait pas être oubliée, elle voulait survivre à la mort, devenir éternelle...elle voulait tant de choses. Ses mots, ses sourires, ses larmes, sa joie étaient gravés dans la pierre, la mémoire du monde. Oui car chaque homme, chaque personne est inscrit dans le souvenir du monde même s'il ne l'a pas sauvé ! Alors au final, elle avait réussi, son rêve s'était réalisé : elle était éternelle. Enfin, elle avait trouvé la paix qui lui manquait tant, elle était comblée. Elle aurait aimé continuer son histoire mais à quoi bon, le destin avait fait son choix.

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