Le magot de Joe Pépin-de-pomme

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Dans le grand réfectoire de la prison, le directeur, Thaddeus Collins, supplie Mme Gillespie de ne plus apporter de tarte aux pommes.
— Les détenus n’en veulent plus ! Ils risquent de déclencher une mutinerie. dit-il.
— Mais monsieur le Directeur, ces pommes proviennent du trésor de John Chapman !
Les Dalton écoutent cette conversation et Joe a une formidable idée :
— Nous allons kidnapper ce Chapman ou voler son magot, dit-il en secret à ses frères. Pour commencer, fonçons tout de suite à l’infirmerie en disant que c’est à cause des pommes.
— Mais Joe, tout le monde va à l’infirmerie quand Mme Gillespie apporte ses tartes, dit Averell.
— Tait-toi idiot ! Si nous sommes là-bas les premiers, avec le désordre qui suivra, les gardiens ne nous verront pas nous cacher dans le chariot de Mmr Gillespie.
La carriole arrivée en ville, Averell refuse de descendre, car il n’a pas fini de manger les tartes.
— Averell descends, tu vas encore te rendre malade ! dit William.
Les trois frères foncent à la banque et braquent le guichetier :
— Où est Chapman ? hurle Joe.
— Chapman ? Vous voulez dire John Chapman, notre célèbre Joe Appleseeds ? répond le guichetier.
— Ou Joe Pépin-de-pomme comme on dit chez nous, précise un employé d’origine normande.
— Ce Joe est un imposteur ! hurle Joe Dalton, il n’y a qu’un seul Joe, c’est moi ! dit le bandit rouge de colère. Où est son trésor ?
— Là devant la porte du salon, c’est le grand sac, près de l’abreuvoir.
Pendant ce temps là, alerté par le gouverneur de l’État, Lucky Luke part à la recherche des Dalton évadés. Il arrive à son tour devant le salon où les habitants lui indiquent dans quelle direction sont partis les bandits avec le butin.
— Joe Pépin-de-pomme est un bienfaiteur. Il a apporté la richesse et la fierté aux fermiers d’Appleseeds city ! dit Old-Timer.
— Jolly Jumper, nous allons galoper pour retrouver ces canailles ! réplique le fougueux Lucky Luke.
Wouf ! Galoper ! Comme si c’est toi qui galopais, j’en ai plein les paturons de tes histoires de cavale, dit le bel étalon blanc.
— On les rattrape ! Je vais tirer dans les sangles de leurs selles pour les arrêter !
— Tu n’es pas fou Luke ? Tu risques de blesser les chevaux, dit Jolly scandalisé.
En même temps, il fait un grand écart pour que le tir de son cow-boy soit dévié.
— Damnation, j’ai touché le sac, le magot se repend sur le chemin en bordure de la rivière.
Après une longue course, Lucky rattrape les Dalton, mais malheureusement le sac est vide
— Là, je m’inscris en faux contre les écrits de cet auteur débutant, dit le fringant Jolly Jumper, ce n’est pas Luke qui a rattrapé les fuyards, mais moi ! Brou ou ou ou !
Le justicier solitaire rentre en ville avec ses prisonniers et le sac vide. Toute la population l’attend avec le maire James Huth.
— Monsieur Lucky Luke, scout de la cavalerie américaine, grand chasseur de hors-la-loi, redresseur de torts... J...
Le maire n’en finit pas avec son discours alors qu’au fur et à mesure, l’homme qui tire plus vite que son ombre se tasse de plus en plus, de honte d’avoir, pour la première fois de sa vie, raté sa cible.
— Monsieur Lucky Luke, continue James Huth intarissable, voulez-vous dire un mot à la population de Appleseeds city, tout entière réunie ici devant le grand saloon ?
— Yep !
Luke tente de parler. Il a gorge serrée, pas un mot ne sort. Il essaie de se rouler une cigarette, mais ses doigts tremblent et laissent tomber le tabac. Une larme pointe sur sa joue. Il a échoué dans sa mission, il ne lui reste plus qu’à partir, dépité, vers le soleil couchant en chantant « I am a poor clumsy* lonesome cow-boy » .
— Hourra pour notre héros ! crie Old-Timer. Non seulement il a retrouvé le trésor de Joe Pépin-de-pomme, mais il nous a épargné beaucoup de travail.
— En effet, précise le maire, la vraie richesse c’est celle du cœur. John Chapman en a un gros comme cela !
— C’est un héros de l’Ouest qui parcourt les grands espaces avec sa mule et son magot. déclare le pasteur.
— Dans tous les villages où il passe, il apporte des pépins de pommes et apprend aux enfants à les soigner, puis à les planter en terre quand une petite pousse s’est formée, précise Jenny O’Sullivan, l’institutrice.
— Au début, on disait qu’il était fou, mais on le laissait jouer avec les enfants. Depuis nos collines sont remplies de merveilleux vergers. dit Mme Gillespie.
— Les pépins qui se sont semés à tout vent pendant votre folle poursuite, précise le shérif, vont former dans quelques années un nouveau verger le long de la rivière.
— C’est cela le magot de Joe Pépin-de-pomme, dit Old-Timer : l’amour de la nature et des gens.

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Une page d’histoire
John Chapman, alias Johnny Appleseeds, alias Joe Pépin-de-pomme a vraiment existé. Il est né le 26 septembre 1774 à Leominster dans le Massachusetts. John a introduit et planté de nombreux pommiers dans de vastes régions de l’Ohio, de l’Indiana et de l’Illinois. Il repose en paix sur une colline du parc Johnny Appleseeds situé à Fort Wayne Illinois. Devenu une légende de son vivant, Joe est considéré comme un des premiers écologistes.

* Maladroit.

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