3
min

Le lac azur

Image de Tamy

Tamy

1 lecture

0

Il y avait un soleil magnifique, à perte de vue et l' on aurait dit une carte-postale tellement le paysage semblait immuable jusqu' au moment où une branche d' un arbre frissonna et l' on pouvait comprendre que la vie continuait, que la vie était bien là. A l' horizon déjà les oiseaux offraient un mouvement nécessaire à cette immobilité qu'elle avait envie de voir se fondre; elle c' était Milo, enfin c' était son petit-nom. Elle vivait ici depuis toujours et de la fenêtre de sa chambre elle avait droit tous les jours à un décor surréaliste et elle se plaisait à rêver à une vie autre que celle qu' elle avait pendant une fraction de secondes tellement c'était beau; cela ne voulant pas dire que sa vie était moindre, au contraire, mais elle plaignait ceux qui ne prenaient pas le temps de lever la tête; elle était comme ça, il n' y avait aucune méchanceté dans ce sentiment qu' elle éprouvait. Ce qu' elle admirait vraiment aussi c' était le lac un peu plus loin, ce lac qui longeait tout le plateau et qui donnait au coin son style unique et merveilleux. Souvent, elle y allait, apportait une serviette, de quoi grignotter, avec une ou deux choses à faire: soit un livre, des mots-fléchés ou une petite radio... . Rêvasser, c' était son truc ça! Bien sûr son job lui plaisait mais ça ne la passionnait pas; relever les températures et noter la migration des oiseaux était devenu d' une platitude récurrente. Elle travaillait en effet pour l' Institut météorologique de la faune sauvage, l' IMFS réputé pour son sérieux, la protection et la sauvegarde de cette beauté. Un nouvel agent devait venir récupérer les relevés des six derniers mois demain dans la journée et s' installer dans la région; elle avait hâte, cela changerait un peu de la monotonie et surtout elle pourrait avoir l' air de parler autre chose que le chinois, enfin avec quequ'un; en espérant qu' il soit agréable et pas trop renfermé. Demain d' ailleurs elle avait pris sa journée et décidé d' aller près du lac comme ça elle aurait tout le loisir de faire sa connaissance. Quand son talky émis depuis le bureau central de l' institut, il était déjà quinze heure et elle se hâta de rembaler ses affaires pour enfin le rencontrer. A son arrivée devant le jardin de l' IMFS on aurait dit que c' était elle la nouvelle recrue, ses cheveux parsemés de quelques brindilles, sa jupe froissée et cet air coi et lui l' autochtone; lui dont elle ne savait encore rien mais elle avait l' impression de le connaître, comme cette fraction de seconde où elle se prêtait à rêver ; ça y est! elle savait maintenant c' était ce lac! des heures et des heures durant à ses meilleurs moments de prédilection à côté de ce lac; pour elle il était né de ce lac: cet air si pur, ses yeux anthracite, cette fluidité dans toute sa gestuelle, elle l' avait imaginé et maintenant il se tenait là debout devant elle; elle eu un court moment de faiblesse puis se ressaisit. " Bonjour", dit-il " je suis Gustave" et à elle de répliquée: " Milo, moi c' est Milo". Après ces présentations assez spéciales et chargées en émotion d' une étrangeté rare, ils se donnèrent rendez-vous le lendemain pour le boulot; une personne acréditée l' accompagnait pour lui faire visiter, avant que la nuit ne tombe les environs afin qu' il choisisse même temporairement une location; et si par la suite il voulait en changer ça ne serait pas un problème, mais il lui fallait dès ce soir un toit. Toute boulversée et en ayant l' impression de n' être que pour rencontrer cet homme, elle rentra chez elle le coeur ballant. Dans le bureau central, il se dégageait un sentiment de vêtusté, de vieillot; elle n' y mettait que très rarement les pieds, tout au plus deux ou trois fois dans l' année, mais là c' était différent. Elle l' attendait depuis une heure déjà et commençait à en avoir marre; ce peut- il qu' il ait oublié de se réveiller? elle décida alors d' attendre encore un peu mais au bout de deux heures trente d' attente, elle même étonnée de sa patience, avait la rage et elle le maudissait: " ce n' est pas possible j' ai dû rêver, je me suis inventée cet homme, je ne devait pas avoir les idées en place!" elle décida de repartir faire son job: relever par rapport aux arbres marqués la présence ou non de certains élements sur les animaux en cette période de l' année; et pour bien faire de lier l' utile à l' agréable en passant par la rive qui longe le lac; au moins elle pourrait se décontracter. Qu' elle ne fût pas sa surprise quand elle l' aperçu, il semblait sortir de l' eau, mais il était tout habillé; elle était trop loin de lui aussi alors elle se dirigea vers lui, il venait de l' apercevoir; presque à son niveau elle voyait bien qu' il était trempé, sa peau semblait bleutée et brillait, quand à ses yeux on aurait dit qu' ils n' étaient pas humains; plus elle se rapprochait, plus ses traits reprennaient forme et se fixaient et son visage rayonnant de la veille la regardait; elle s' empressa de lui démandé: " mais je vous attendais, que faîtes-vous ici " son ennervement s' était envolé devant une telle situation; " il faut que je vous dises je ne sais pas pourquoi le destin m' a poussé à venir ici mais je crois que vous comprendrez, je sais que l' on devait se rencontrer. Depuis toujours il me faut me baigner, me ressourcer la nuit, j' ai besoin de ça; je ne sais pas ce que vous avez vu... ," et comprenant qu' elle ne venait pas de rêver dit: " vous êtes un homme-poisson? " " oui et ne me nourris que d' animaux vivants et crus que je tue moi-même" ils s' étaient rapprochés encore et déjà il la serrait et l' embrassait; ce baiser vorace d' envie venant de cet être...

0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,