Le jour d'après

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Coucou, je me nomme Ben ALI, étudiant en médecine. J'ai aussi une passion fougue pour l'écriture. C'est pourquoi j'ai choisi short edition pour exprimer cette passion et cet amour envers  [+]

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Récompense sans dépense, que retenir d’une telle sentence ? En dehors de la vie, l’un des plus grands dons offerts par celui dont on attribue le nom de « Tout-puissant » à l’homme, c’est la santé ; ce dernier l’a-t-il amplement compris pour prendre suffisamment soin de cette santé? Lorsque la santé vient à s’altérer, l’on parle biologiquement de maladie. Vous en connaissez très certainement toute une pléthore de maladies dans le monde et il y en a qui, rien qu’à l’écoute du nom laisse échoir à notre égard la tremblote. Souffrir d’une maladie telle que celle dont je m’en vais vous conter l’histoire, n’est désirable à aucun être humain sur Terre. Candidas je m’appelle, ou si vous le désirez Candy ! Jeune femme âgée de trente-huit ans à peine, mariée et mère de deux adorables petites filles, ma vie est assez épanouie comme telle je la trouve. Issue d’une famille modeste, je viens d’une région du nord Togo et deuxième d’une fratrie de trois enfants. En pleine fleur de l’âge, j’ai une activité professionnelle assez satisfaisante. J’ai toujours vécu avec précaution, tout en prenant grand soin de moi. Loin de m’exalter, je suis une femme dotée d’une beauté assez rarissime et alléchante. Telle la tendre Cassandre qui charmait le cœur du célèbre poète pierre de Ronsard, mignonne, je suis comme une rose au parfum des mille étoiles qui avait éclose. Femme ordinaire, j’ai toujours accordé grand soin à ma santé reproductive, mais ce jour-là, échappa à ma fulgurante attention cette petite tâche inhabituelle de couleur rougeâtre présente à la partie antéro-latérale de mon sein droit qui déjà ne tenait plus tout à fait droit du fait que j’eusse allaiter jadis ; du moins, c’est ce que je pensais. Toutefois, ce qui précipita ma consultation en gynécologie quelques jours plus tard, c’est lorsque je constatai une masse étrange localisée du même côté où fût apparue la tâche, lors de mon habituel auto-examen du sein. Affolée, je fus la première aux portes du service de gynécologie le lendemain pour une consultation. La nuit a été courte et parsemée de tangibles réflexions sur la nature de tout ce qui pourrait bien m’arriver. Après des examens précis, le diagnostic apparu patent et concluant ; le vin étant tiré, il fallait le boire : il s’agissait bel et bien d’un cancer du sein, l’ennemi principal des femmes.
Je restai bouche-bée à la suite des propos du médecin, en essayant tout simplement de sonder à cet instant précis les mystères de Dieu dans ma vie. Ce Dieu si miséricordieux qui faisait rayonner sur les bons comme les mauvais le soleil ; qu’en pensait-t-il de cette situation ? En remontant dans mes ténébreux souvenirs, pas plus que huit ans auparavant, ma douce et généreuse mère s’en est allée, le cancer du sein a eu raison d’elle. Tout s’explique à présent, de plus en plus logiquement. Fort heureusement, le mien n’était qu’au stade débutant puisque je l’avais rapidement cerné. La préoccupation majeure était de savoir de quoi sera fait le jour d’après ? Que fallait-il faire par la suite ? Comment endurer cette situation ? Toutes ces interrogations furent laissées en suspens de temps en temps où mes méditations ne menèrent à rien. Au détriment de la radiothérapie, de la chirurgie et des thérapies ciblées, la chimiothérapie était la mieux indiquée dans mon cas. Ainsi avec une ferme volonté de guérison, je m’en suis tiré d’affaire. Mais, subsiste-t-il encore un « mais » ! Malgré que je sois hors de danger, je me sens traversée par une gêne aussi immuable soit-elle ! De quoi sera fait le jour d’après de mes deux aimables fillettes qui elles aussi tout comme moi, deviendront à l’avenir des gentes dames susceptibles de perpétuer la tradition génétique ? Arrière de nous ce fléau. Des situations pareilles, l’on en dénombre des milliers ou peut-être encore plus dans le monde. Certaines femmes n’ont pas eu cette ultime chance de survivre car le glaive était trop tranchant. En outre, il y en a encore qui plus que jamais, ont besoin des réconforts de leurs proches afin de booster en elles le désir de guérir. A l’heure où nous en sommes, le cancer du sein ne doit plus éteindre les femmes, encore faudrait-il qu’il soit vite dépisté. Mais comment faire parvenir cette alerte et surtout convaincre ces femmes des contrées lointaines en particulier africaines ? En Afrique, dans le traitement d’une quelconque maladie, l’on s’accommode d’abord de faire recourt aux moyens traditionnels et ce n’est qu’à l’échec de ces moyens que la médecine moderne fait son entrée en jeu, hélas parfois trop tardivement. Depuis ma convalescence, je me suis engagée fermement dans des associations pour militer contre le cancer du sein. A travers les différentes campagnes de sensibilisation, nous motivons de plus en plus de femmes à prendre conscience du sujet ; les hommes n’étant pas exclus, bien que la probabilité soit très minime. C’est une grande lutte qui nous engage tous et en particulier nos chères mères, sœurs et femmes. L’implication effective des États dans cette lutte, aidera davantage les différentes castes sociales de partout dans le monde à éradiquer ce fléau.
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