Le jour d'après

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Littérature fantastique, glamour, fictive....c'est un univers à découvrir et à redécouvrir. La vertu littéraire se vit à travers l'alphabet  [+]

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Ce jour là je me suis rendue à l’hôpital pour faire des analyses dans le cadre d’un voyage pourl’Inde pour une formation en gastronomie végétalien... le docteur me demanda à ma grandesurprise si je n’avais remarqué rien d’anormal, je lui ai répondu que non et c’est à ce moment qu’il me révéla que j’avais un cancer du sein, il m’a dit que cela n’allait pas empêcher mon voyage maisqu’à mon retour je devrais commencer la chimiothérapie. Je devenais pale tout d’un coup cette nouvelle ne m’enchantait guère , c’est comme si on avait capturé mon avenir dans l’objectif d’un appareil photo et que ma vie restait figer pour toujours dans un portrait.
En rentrant à la maison je jetais tout dans un coin et me mettait à pleurer de chaude larmes car ma vie était foutue , l’espace d’un instant je voyais mes projets partir en fumée. Mes diplômes, mes études, mes formations et même cette formation en Inde n’avait plus d’importance à mes yeux. Je
me suis mise soudain à penser à ses femmes mortes de cancer du sein, à celles qui sontconstamment en chimiothérapie et celle à qui la vie n’a plus sourit et voila maintenant j’en faisais parti, d’un coup je ressentis ce nœud au creux de l’estomac, ce sentiment d’impuissance et ce désespoir sans fin qui nous submerge.
Ma famille, mes amis et mes collègues continuaient à voir en moi cette force de la nature, cette gaieté, cette femme forte pendant que moi je souffrais en silence. Je voulais surtout pas de leur compassion, ce combat était le mien. Vous pensez peut-être que j’exagère ! Peut être avez-vous raison mais je me devais de garder le sourire malgré tout et cette force que j’inspirais aux autres , c’était mon histoire, ma vie, ma lutte et je voulais la mener jusqu’au bout sans inquiéter personne.
Comment dire à la femme qui m’a porté durant neuf mois que sa fille est atteinte du cancer ?Comment dire à celui qui m’a toujours soutenu que sa princesse souffre ? Je ne pouvais me faire à l’idée que mes parents devraient partager mon chagrin. Depuis j’ai tout pris sur moi, même au cours de la formation je ne laissais rien paraître, j’avais des malaises parfois mais rien de bien méchant ni d’alarmant, j’étais un bout en trin en salle, j’animais, je dansais, je riais comme si le monde était toujours tel qu’il était .
De retour au pays, une semaine après je commençais ma chimio, je commençais à perdre des cheveux j’ai opté pour une coupe comme celle de Lupita, au début tout le monde me trouvait étrange, il m’arrivait d’avoir des nausées matinale, je perdais du poids cela intriguait mes amis et collègues. Néanmoins je faisais en sorte de ne rien laisser paraître, j’allais au boulot tous les jours mon attitude n’avait pas changé sauf mon apparence physique , au bout d’un moment mes amis et collègues ont pensé que je travaillais trop et que cela avait des répercussions sur ma santé.
Un jour en allant au bureau à ma grande surprise le patron me convoqua il m’invita à m’asseoir
- Cady je pense qu’il te faut des vacances.
- Monsieur j’ai besoin de travailler sinon...
- Je pense sincèrement qu’il te faut du repos, tu es toute pale, épuisée, Cady tu ne vas pas bien
-Je vais bien monsieur...
- Non tu ne vas pas bien Cady, dis moi ce qu’il y a je suis certain que tu ne me dis pas tout.
Au bout d’un moment j’avais une larme qui ruisselait sur ma joue gauche.
- As tu des soucis financier Cady?
- Non monsieur
- Alors qu’as tu ?
- J’ai un cancer. Après avoir dit cela j’étais étonnée de voir le regard de mon patron.
- C’est décidé tu vas prendre des vacances. Prend soin de toi, si tu as besoin de quoique ce soit n’hésite pas.
- Mais monsieur
- Il n’y a pas de mais tu ne viendras plus travailler jusqu’à ce que tu ailles mieux.
Je suis rentrée chez moi encore plus mal qu’au début je me suis mise à penser que j’allais de mal en pis, la seule chose qui me maintenait en haleine venait de m’être enlevé provisoirement. Mes journées ne consistaient plus qu’en chimio, jogging, dormir, télé, internet. Je ne voulais pas appeler mes parents en un pareil instant, Alain lui avait ses obligations, en voyage depuis deux mois je ne lui avait jamais encore dit de quoi je souffrais pourtant on se parlait au téléphone tous les jours. Je devais prendre des vacances comme si cela allait m’aider.
La chimio ne donnait pas grand-chose selon l’avis des médecins, je commençais à perdre espoir. j’avais l’impression de jeter de l’argent par la fenêtre. Mon état s’aggravait au jour le jour, je restais enfermer dans ma chambre. Un jour le téléphone sonna c’était Alain il voulait faire une face Cam et moi je voyais en cela un moment de découverte, si je décrochais il allait découvrir toute la vérité, j’ai donc laissé sonner il insistait j’ai préféré enfermer le téléphone dans un tiroir. Deux jours après quelqu’un venait sonner à la porte je restais de marbre. Je voulais voir personne ni manger ni
boire, je voulais attendre tranquillement la mort ici et là. j’écrivis une lettre d’adieu à mes parents dans laquelle je leur expliquais que je ne voulais pas causer de chagrin que je les aimais très fort qu’on se reverrait de l’autre coté bientôt mais je ne savais quand, qu’ils devaient continuer à aimer la vie et prendre soin de ceux qui sont encore de ce monde. Une autre pour Alain, mon amour pour lui, les merveilleux moment qu’on a passé. Toutefois nos projets de fonder un foyer tombait à l’eau, qu’il devait pas être triste que je lui souhaite tout le bonheur du monde.
Le lendemain matin Alain se tenait là devant moi , j’étais blottis sur notre lit et lui debout devant moi , il me dévisageait, je croyais voir un fantôme je me suis frottée les yeux, non, c’était bien Alain. Il se hâta de venir tout près de moi les larmes aux yeux et lâcha dans un souffle .
-Alors c’était donc ça , Pourquoi m’avoir caché une chose aussi importante.
Je n’avais pas encore remarqué qu’il tenait mes papiers d’analyse en main jusqu’à ce qu’il me les brandit devant les yeux.
- On s’était dit qu’on n’aurait jamais de secret l’un pour l’autre.
- ça n’a rien avoir Alain.
- Au contraire
- Tu étais en voyage je ne voulais pas t’inquiéter tu devais poursuivre ta carrière....
- Et laisser la femme que j’aime mourir, si tu souffres je souffre aussi, ce n’était pas à toi de décider.
J’étais tellement faible, je ne pouvais continuer la conversation, Alain me dit qu’il allait me faire à manger, il revient après quelques minutes, m’aida à prendre mon bain puis me conduisit à la salle à manger, il me dit qu’il avait averti mes parents, que nous irons à la campagne, cet ordre venait de ma mère, je n’avais plus rien à dire. Ce soir je me suis endormie blottis contre lui et lui caressait mon crâne presque dégarni, je sentis son souffle chaud et ses lèvres qui effleuraient mon crâne, j’étais gênée qu’il me voit ainsi, il l’avait ressenti, il me pressa un peu plus contre lui.Mes parents avaient tout déballé, Alain monta nos bagages dans la chambre voisine, ma mère se promenait régulièrement avec moi dans les bois elle disait que l’air frais me ferait du bien, chaque soir mon père et moi allons nous asseoir au bord du lac, Alain lui me préparait mes petits plats préférés, il était un excellent cuisinier. Je me suis sentie revivre, je ne pensais plus à mon cancer, ces deux semaines m’avaient fait beaucoup de bien. De retour à la maison ; Alain me fit rencontrer des femmes comme moi, des hommes et des enfants et l’idée m’est venue de me joindre à leur cause, j’exposai l’idée à Alain qui l’embrassa tout de suite et Aujourd’hui je suis ici devant vous à conter mon histoire car je pense que nous ne sommes pas seule dans notre lutte, nous avons des gens qui nous aime et qui veulent nous aider. Je continue de lutter avec cette maladie et en même
temps à aider mon prochain , je ne saurais vous dire combien de temps il me reste tout ce que je sais le jour d’après mon diagnostic ma vie a un nouveau sens qui ne me concerne pas uniquement maisun grand nombre d’être humain, ensemble nous pouvons vaincre cette maladie, Merci !
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Castine V · il y a
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Castine V · il y a
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