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« Le jouet fantôme. »

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TheCagedBird

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Il était tard Jason pleurait encore, du haut de ses cinq ans, il avait été beaucoup plus silencieux ces derniers jours. Il devenait aussi peureux.
Impossible d’en tirer la moindre information, la peur décrivait son visage d’enfant et il était plus terne, d’un blanc pâle.
Les médecins lui disaient qu’il n’avait rien et que ses cauchemars cesseraient au bout d’un moment.
Je n’en pouvais plus de l’entendre pleurer, je devais retourner voir comme chaque soir, si rien n’avait dérangé son sommeil et si ses hallucinations ne le tourmentaient plus.
«- Maman, cria-t-il, il est là !
-Qui ça mon chéri ?
-Dans le placard, vite pars ! Ne le laisse pas t’approcher ! »
Il hurlait à présent, sa voix tremblait d’angoisse, les larmes coulaient, il était en sueur. Je n’en pouvais plus de le voir comme ça.
J’ouvris la porte pour voir si aucunes bestioles ne se cachaient à l’intérieur. Rien. Comme d’habitude. J’avais peur, pas du fameux monstre, mais de sa santé, il était jeune et fragile, trop jeune et trop fragile.
« -Dors mon amour, je veillerais sur toi. »
Il reposa sa tête sur son oreiller, renifla un coup et serra sa peluche d’un orange criant.
Qu’il était paisible, un vrai petit ange.
L’horloge tournait, et il dormait, il ne me restait plus qu’à en faire autant, je regagnai mon lit, je me promis que plus rien ne l’empêcherait de s’assoupir.
« -MAMAN ! Il est revenu, et va m’emmener ! »
Je me serais réveillée justement en même temps, les cauchemars était venu jusqu’à moi, je l’avais vu, mon fils engloutit par la terre, prisonnier à jamais. Je courus comme personne, en sueur à mon tour, j’étais devant lui.
Il avait les yeux fixés sur le sol, le bonheur l’avait quitté.
« -Chut, il n’y a rien. Je suis là.
-Il est là ! »
Il se vidait de sa voix, ses poumons s’arrachaient, il hurlait si fort que les morts en trembleraient.
J’avais peur, jamais un moment ici angoissant ne m’était arrivé.
La nuit était d’un noir pur, les ombres se mouvaient dans la rue et les arbres projetaient leurs entrailles sur l’herbe qui semblait, elle-même en harmonie avec le reste.
« -Il est là, répéta-t-il, je le sens !
-Il n’y a que moi, chuchotai-je.
-Sous mon lit, il bouge. Maman je le sens s’en prendre à moi. »
Il mettait tellement de conviction dans ses paroles qu’il me communiqua sa peur, je me mis à genoux et regarda avec appréhension le dessous du matelas, me cœur battait plus vite que d’habitude.
Il n’y avait rien, je me remis à respirer normalement, j’avais eu peur, pour de simples bêtises, j’y avais cru, je me sentais bête et naïve.
« -Tu vois mon chéri, il n’y a personne sous ton lit, juste monsieur Tom. Attrape-le, il te protégera.
-Maman, pars ! Vite ! »
Son teint avait chuté d’un joli beige, au blanc de la neige.
Il respirait difficilement, sa voix était rauque.
« -Maman !
-je n’ai pas peur, murmurai-je, je vais rester avec toi. »
Je n’ai même pas eu le temps de m’assoir que Jason, pris une voix douce et parla d’un ton tremblant mais silencieux.
« -Maman, il est derrière toi.
-Que racontes-tu mon amour ?
-Il t’attend, il vient me prendre, ne le laisse pas faire s’il te plaît. Il te regarde, il te surveille. »
Le temps que je réagisse, Jason tomba dans les pommes. Je me retournai à la vitesse de l’éclair.
Rien, ce fils m’aura au moins filé la peur de ma vie.
« -Tu vois Jason, il n’y a personne. »
Je fus pris d’horreur en me retournant, il n’était plus là, disparu sans trace.
Mon fils avait disparu, les larmes commençaient à ruisseler, où était-il passé ?
« -Jason ! JASON ! JASON REVIENS ! JASON ! »
Je m’effondrai sur le sol, j’avais la tête lourde devenais-je folle ?
« -Jason, Jason, Jason répétai-je, Jason. Reviens-moi ! Pourquoi tu ne m’as rien dis ?
-Il te l’a dit, résonna une voix froide. Ta stupidité a fait de Jason un fou à tes yeux, tu aurais pu le sauver, il gardera de toi une image de pitié et de honte venant de toi, il mourra en ne t’aimant qu’à moitié, comme tu l’as aimé.
-NON ! JASON NE PARS PAS. »
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Était-ce un moment d’imagination ou bien un fantôme du passé était revenu la hanter ?
Les cris se poursuivirent dans la nuit qui apaisait, pendant qu’un jeune garçon disparaissait sans laisser la moindre trace et que sa mère se détruisait de l’intérieur pour lui, elle pensait ne pas avoir été la meilleure. Mais tout le monde sait que la mort peut détruire une vie en accusant les autres de son acte, en répandant son venin mortel sur de simples mères.
Peu importe ce garçon mourrait loin de sa mère, et l’irréel montra que ceux qui n’y croit pas devienne des jouets, des jouets fantômes.
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