Le diable en tenue élégante

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C'est marrant, le matin où j'ai quitté O, il y avait plein d'asticots sur le sol. Je me suis dit que c'était un signe. Que c'était la pourriture de mon âme qui ressortait quelque part. Parfois je me questionne vraiment sur ma bonté, je me demande si je suis quelqu'un de bien.

Je suis toujours tentée de te provoquer, de t’approcher et de te séduire. Juste pour prouver que j’en suis capable. Et que tous les hommes sont faibles. Un jour tu m'as dit que j'étais le diable. Ce n'est pas la première fois qu'on me le dit et je commence à y croire. Peut-être devrais-je me complaire dans ce rôle, en tentant encore et encore. Sauf que le diable lui n'a aucun scrupule, aucun sentiment, aucun remord. Alors que chaque geste que j'esquisse vers toi me fait souffrir.

J’ai toujours détesté le chiffre trois. A chaque fois qu’on proposait une sortie à trois, je fronçais le nez. J’essayais d’ajouter une personne supplémentaire. Et là, on me propose ça : un plan à trois.
J’ai toujours essayé de comprendre pourquoi certaines situations me font peur. Et je pense que c’est la parfaite occasion. Être trois signifie forcément en mettre un à l’écart. Et pourtant, depuis le début de l’été, on traîne à trois. Enfin, soyons honnête, ça n’a duré qu’une dizaine de jours mais ils étaient hors-du-temps.

Quatre, c’est le nombre de jours qui reste. Quatre jours pour profiter de ta présence, rire une dernière fois, renifler ton odeur quand on se frôle. Sentir ta sueur perler sur ma joue quand on se fait la bise.

En bref, tu m’ignores pendant des jours, puis tu me proposes un plan à trois. Un plan à trois alors que tu ne m'adresses pas la parole. Comment est-ce que tu comptes gérer deux meufs alors que tu te chies dessus quand t’es en face de moi ?
Je sais pas si tu te rends compte de ta cruauté. Parler à Y comme si je n’existais pas. Comme si je ne valais pas mieux qu’un tas de merde. J’ai envie de te dire d’aller te faire foutre. Çà me saoule tellement d’avoir gâché tant de semaines. Tant de semaines pendant lesquelles on aurait rigolé, on aurait partagé des moments de complicité. Je suis verte. Verte, verte, verte. Pourquoi est-ce que tu avais besoin de souffler le chaud et le froid ? Puis à nouveau ! Le chaud et maintenant un vent glacial. Gros con, va ! T’es qu’un sadique.

21 août. Maintenant, tu es parti. Et comme je le pensais, je t’oublie aussi vite que tu es entré dans ma vie. Là, ce sont mes fantômes du passé qui resurgissent. O revient. J’ai retrouvé son mot de passe Facebook depuis les tréfonds de ma mémoire. Je sais que l'idée n'a rien de bon, mais je n’ai que ça à foutre. En attendant que ce stage se termine, ce stage qui crie ton nom et défaite. Dans une région qui semple aspirer quiconque dans une spirale de dépression. Ici, le temps ne guérit pas, il anesthésie.
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