Le deuil de l'alouette

il y a
1 min
52
lectures
3

J'avais quinze ans à la publication de mes premiers textes. Ais je beaucoup changé depuis ? Sans doute, bien plus cynique, bien plus d'aversion pour le déballage de grands mots savants pour rien  [+]

Un pépiement s'égare dans l'air de mai. Sablier des monts, le ruisseau s'écoule. L'alouette joyeuse s'endort dans une douce brise printanière. Depuis son cœur assoupi, une fine poussière s'élève en volutes gracieuses autour du tronc massif d'un chêne.
A sa cime verdoyante, le corbeau se repose, attendant la venue de sa maîtresse. La voici qui moissonne les blés verts et de sa faux aiguisée tranche leurs tiges ondulantes. Entre les racines de l'arbre, un bouquet de chrysanthèmes pleure jusqu'à en faner le dernier envol de l'alouette. Le hibou des Parques se pose aux côtés de l'oiseau croassant, et contemple avec une fascination morbide le plumage effiloché de la belle endormie.
Son enfant duveteux se lamente au son du glas résonnant entre les cloches de muguet. Les iris susurrent leur douleur en de soyeux bruissements. Le corps de l'alouette disparaît derrière un vol d'abeilles. Enveloppée de miel mêlé aux larmes de son oisillon, l'âme de la joyeuse dormeuse s'envole.
L'orphelin abandonne son amer chagrin aux mains du temps et coure se réfugier entre les bras de la douce mélancolie.

3

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Très très courts

Torpeur

Monique Nicque

Frédéric a laissé là sa pipe et son livre ouvert. Il a regagné le silence épais de la maison. Il a poussé la porte de la chambre. Entre les interstices des volets, le soleil lance un rayon dans... [+]