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Le destin déchu de l’enfant prodigue

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Mister Douhaine

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Ghafour était un jeune garçon plein de vie, il vivait au sein
d’une résidence où tout semblait vivre au ralenti, rien ne venait
perturber cette modeste vie.
Âgé de seize ans, il avait pris ses marques avec toute la
communauté.
Il voulait devenir footballeur, en prenant possession de cet
endroit où il passait la majeure partie de la journée, à taper
dans un ballon.
Mais le problème c’est qu’il était très vulnérable et ses
amis le savaient bien.
Quand il n’allait pas en cours et qu’il ne jouait pas au foot,
il traînait avec des individus de seconde zone.
Malgré les discours de ses parents qui lui reprochaient les
bagarres, les accrochages et les différentes disputes, il continuait
à les fréquenter quand même.
Il ne pensait pas à mal lorsqu’il en parlait, de ces amis-là,
car pour lui c’était juste un passe-temps de traîner avec eux.
Car son passe-temps favori, c’était le foot.
Lorsqu’il commençait les cours le lundi, il n’avait qu’une
envie ; jouer au foot, car il était doué le gamin.
Il attendait tous les samedis avec enthousiasme, car c’était
jour de match.
Et ce jour-là, il ne le manquait jamais, il était même le
premier sur le terrain.
Sur ce même terrain, il se transcendait, se métamorphosait
de telle manière qu’il devenait un dieu du stade.
À cet âge-là, avoir un tel talent, c’était un don du ciel,
qu’il maîtrisait à la perfection.
Tout le monde ne venait que pour le voir jouer, même
ceux qui ne le connaissaient pas, ils l’acclamaient tous.
Certains clubs s’intéressaient déjà à lui ; quand il jouait, le
ballon restait collé à son pied et son style de jeu donnait à ses
camarades l’opportunité de briller autour de lui.
Et à chaque fin de match, les adversaires et le public venaient
le féliciter : il aimait ça, être une star.
Quant à ses parents, ils venaient le voir à tous les matches,
car pour eux aussi c’était une star.
Ils souhaitaient vivement qu’il intègre une école de foot,
mais ses résultats n’étaient pas à la hauteur.
Donc il ne pouvait pas intégrer une section sport-étude.
Dès qu’il avait entamé son match de foot, il rejoignait ses
amis pour traîner et bourlinguer dans la ville.
Ce soir-là, après avoir dîné et profitant un moment de
l’absence de son père, il se glissa hors de sa chambre pour
rejoindre ses fameux amis qui préparaient un gros coup.
Ils comptaient dévaliser un bureau de tabac pour voler un
stock de cigarettes et les revendre plus tard.
Mais ils avaient oublié un détail très important, c’est que
le propriétaire n’habitant pas dans son magasin, il faisait trois
ou quatre fois par semaine une tournée d’inspection pour voir
si tout allait bien.
Or, ce jour-là, il arriva juste au moment le plus critique ; il
vit des silhouettes à l’intérieur de son bureau de tabac.
Il cria d’un ton menaçant : « Arrêtez ou je tire ! »
Un des gamins riposta aussitôt avec un pistolet, le temps
de viser et le propriétaire tira à son tour.
Les gamins prirent la fuite en emmenant ce qu’ils avaient
dans les mains et laissèrent le reste.
Mais quand le propriétaire s’approcha de l’entrée de son
magasin, il constata avec stupeur qu’il avait touché un jeune.
Et à sa grande surprise, il reconnut la dépouille qui gisait,
là devant lui, il ne bougeait plus et ne respirait plus.
Ce cadavre n’était d’autre que Ghafour, le joueur de foot
de la résidence des Colombes.
Le propriétaire appela la police et leur expliqua les faits,
ces derniers contactèrent les parents de Ghafour qui, à leur
tour, racontèrent une fois de plus les faits.
Ses parents étaient en pleurs, ils n’auraient jamais imaginé
qu’un jour leur propre fils finirait de la sorte, un enfant promis
à un grand avenir footballistique.
Mais au lieu de cela, il finit dans une tombe à six pieds
sous terre.
L’enfant prodigue n’est plus, il est déchu de son talent, de
son titre, de sa noblesse et de ses fans.
Il n’a pas trouvé le chemin qui mène à la gloire car il n’a
pas obéi à ses parents, il a préféré suivre ses amis qui l’ont
poussé à commettre l’inévitable.
Son rêve s’est brisé au coin d’une rue, au sein d’un bureau
de tabac, alors qu’il aurait pu se terminer dans une tribune,
brandissant la Coupe du monde.
C’est la conséquence d’un manque de dialogue au sein
d’une famille, un comportement qui ne prête nullement attention
à ce qu’on peut dire ou penser de vous et surtout un
manque d’indulgence et de tolérance.
À qui la faute, la responsabilité d’un tel drame ?
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