Le dernier train pour Toulouse

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Le corbillard fume ses dernières gouttes d’huile. Au pas de l’escargot, il sème la procession qui se meure dans la côte. Pas grave, la défunte n’ira pas loin maintenant. Les enfoirés, ils sont tous là, même le soleil, qui leur cuit la couenne au travers des casquettes, des chapeaux, des ombrelles.

Tout ce beau monde s’immobilise près du trou, puis se réparti autour par affinités. Pour un trou, c’est un beau trou, bien rectangulaire, aux parois lisses, d’une profondeur adéquate.

Formalités vite emballées, les croques-mort descendent en rappel le cercueil de bois doré. Chacun y va de sa poignée de terre et ça crépite comme une grêle d’orage. Les membres de la famille se disposent en rang d’oignons, du plus petit au plus grand, on dirait les Daltons. Le grand échalas tout en nerf, celui qui mène la danse, qui devrait être en taule, ou pour le moins en préventive, plastronne en tête et recueille les condoléances avec onction.
Faux cul, comme le reste de la famille, il va s’en tirer pour crime passionnel.

Quand je suis bien sûr que tous ont quitté les lieux, que la fosse est comblée, je peux enfin déserter mon poste d’observation en haut de la butte qui surplombe le cimetière.

« Ma rose, je n’en ai même pas une à déposer sur ta sépulture. Tiens ! cette petite fleur jaune qui pousse entre deux tombes fera l’affaire. Une fleur de pissenlit, c’est mieux que la racine.

« Rose, ô ma Rose, le poète t’as chanté et moi je te pleure, dans mon coin. Je ne vais pas leur donner le plaisir de me voir anéanti par la douleur. Il faut que je reste droit et digne, même si je crève du souvenir de toi. De tes lèvres tout partout sur mon corps affolé. De mes mains sur tes seins, sculptant avec amour la courbe de tes reins.

« Tu m’as dit, partons loin de ces cons et de leur petite vie étriquée. Demain je te rejoint à la gare en route pour Toulouse. Là-bas on se fera une petite vie douce.

« Je t’ai attendu jusqu’au dernier moment et j’ai sauté du train convaincu que ton amour n’étais pas assez fort pour que tu brises tes chaînes. Je te demande pardon d’avoir douté de toi.

« Quand je suis arrivé dans la grand-rue, j’ai tout de suite repéré l’attroupement et le grand escogriffe son fusil à la main et ta valise ouverte déversant un flot de fanfreluches sur ton corps rétracté dans une mare de sang.

« Aujourd’hui je reprend le tortillard pour Toulouse. Je te sens près de moi. Je t’entends, tu me dis, mon amour pars au loin, laisse-les, ils ne valent pas la peine. Ils seront bien punis un jour par un sort contraire.

« Je suis bien d’accord avec toi ma Rose, mais pour aider le sort, rien ne vaut une fuite d’huile dans les sacrés virages en lacets du canton.
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Vrac · il y a
Il est très cinématographique, ce cimetière !
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Eva Dayer · il y a
Bien d'accord ! compter sur le sort pour se venger, c'est trop aléatoire .
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Fabienne Liarsou · il y a
J’adore Loodmer ! C’est vraiment très bon.
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Safia Salam · il y a
Vengeance vraiment passionnelle pour crime faussement passionnel.
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Albane Charieau · il y a
Sacrée ambiance, lecture fluide. la vengeance sera terrible.
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Patrick Gibon · il y a
magique train d'enfer, dès le début en quelques phrases on y est, du grand art, je le dis sans forfanterie, bref le début d'un polar sanglant que tu tiens là, non?
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Paul Thery · il y a
comme vengeance, il y a plus radical. Le grand échalas a des chances de s'en sortir...
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Viviane Fournier · il y a
ecoute, je viens de t'écrire et le message ne veut pas s'installer ... si tu l'as deux fois ... ben tant pis !
j'ai aimé Long John ... la chute impertinente comme tu sais si bien faire et l'amour interdit follement posé sur tes mots ... c'est un récit qui a ta signature et c'est fort ! belle fin de dimanche à toi !

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Long John Loodmer · il y a
Deux fois ça me va et j'en redemande. Merci Viviane de tes coms.
Aujourd'hui encore il faut s'accrocher pour surfer sur le site et c'est comme ça tous les WE. Moi ça commence à me lasser. Si je n'avais pas besoin de vos coms pour continuer à écrire, je crois que je laisserais tomber ou que je créerais mon site personnel.

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Viviane Fournier · il y a
Ah oui aujourd'hui c'ets un mauvais rêve, un dimanche biscornu.. mon ordi rame et c'est du n'importe quoi ! laisse pas tomber ou fais la grève des WE ... et si tu fais ton site, tu me le dis !
Belle soirée, Capitaine !

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Viviane Fournier · il y a
J'ai pris le dernier train, Long John et j'ai aimé vraiment ... même la chute impertinente que tu si bien tricoter ... et puis l'amour interdit est là tellement fort et beau ... bravo et belle fin de journée !
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Mireille Bosq · il y a
On s'offre une petite apologie de la vengeance? pour un peu on approuverait!
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Long John Loodmer · il y a
C'est un peu ma spécialité

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