Le dernier

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Il était le dernier.
L’ultime survivant de son espèce.
Avant...

Avant, ils étaient si nombreux dans cette geôle qu’ils étaient écrasés les uns contre les autres. Si l’un bougeait, tous bougeaient.
N’étant pas du genre à apprécier la promiscuité c’était pour lui une véritable souffrance mais, au moins, ils étaient ensemble.
Prisonniers mais ensemble.
Ensemble et unis.

Et puis, un jour, la porte s’ouvrit pour la première fois sur l’ombre terrifiante de leur monstrueux gardien.
C’était un être immonde, doté de 5 horribles tentacules griffues.
Il se saisit de celui qui se trouvait le plus près de la porte et l’emmena.
La porte se referma dans un bruit sec.
On ne le revit jamais.

Plus tard (des heures, des jours, impossible de le savoir dans cette semi-obscurité perpétuelle), le monstre revint et l’horrible rituel recommença.
Et la peur s’installa.

Chacun guettait l’ouverture de la porte et, quand elle s’ouvrait, tous essayaient de fuir le bourreau.
On se poussait, on se bousculait, on se cachait derrière les uns et les autres mais, à chaque fois, leur tortionnaire repartait avec l’un d’entre eux. Plusieurs fois, il poussa même le vice jusqu’à emporter deux victimes.

Ils étaient cinquante, ils furent vingt-cinq puis dix, cinq, trois.
Et il fut le dernier.
Pour cela, il commit l’incommensurable traitrise de pousser l’autre devant lui quand il n’était plus que deux, le livrant ainsi aux tentacules du monstre.

Il ne se serait jamais cru capable d’un tel acte.
Il savait qu’il ne faisait que repousser l’inévitable mais son instinct de survit l’avait poussé à la pire des extrémités.
Pendant un instant, il se sentit mal, culpabilisant sur son geste mais, très vite, l’euphorie d’être encore vivant pris le dessus.
Avant que l’angoisse ne revienne.

Après mûres réflexions, Il décida que lorsque la porte s’ouvrirait de nouveau, il avancerait fièrement pour s’offrir en ultime sacrifice au terrifiant bourreau : Il ne lui offrirait pas la joie d’une dernière chasse.

Et la porte s’ouvrit.
Il oublia toutes ses bonnes résolutions et tenta de fuir obstinément.
Mais le monstre avait l’avantage de la taille, il pénétra entièrement dans la cellule, le bloqua contre la paroi, l’attrapa et l’emporta.
La porte se referma.

Désormais, le bocal de cornichons était vide.


FIN
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