Le départ pour la pêche

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Blogueur à mes heures perdues. Il m'arrive d'écrire quelques nouvelles que je publierai ici prochainement.Je suis amateur de Science - Fiction depuis l'âge de 12 ans, plutôt de la SF Age d'O  [+]

Les lumières du Soleil traversent les puits de lumière pour commencer à baigner les parois de la grotte.
Elle dort encore.
Sa canne et ses lignes à la main, lui, il la contemple, elle dormant tranquillement, quasi nue, sous une simple couverture. Il devine l’ombre d’un sein. La lumière rend la peau bleue.
Enfin, elle ne rend pas la peau bleue, sa peau est bleue, ses cheveux blonds et ondulés comme l’or. La peau bleue, c’est d’ailleurs pour ça qu’il est là : sur Mars.
Elle n’est pas Humaine, lui, oui.
Mais il ne s’appelle pas Roméo. Lui, avant de la rencontrer, était un guerrier de l’Espace, un vrai, au service des services secrets Français, et il a été de tous les « mauvais » coups : la Guerre du Méthane de Titan, la révolte des Machines sur Mars, la première attaque Alien, la Guerre Sino-Occidentale, sur la Lune, et puis....

Et puis, on l’avait envoyé en mission, pour le GEIPAN (Groupe d’Étude et d’Information des Phénomènes Atmosphériques Non identifiés) sur un OVNI en position géostationnaire au dessus de la Terre, et c’est là qu’il l’avait rencontrée : Timéa.
C’était lui qui lui avait donné ce nom, en rapport avec ce qu’elle n’arrêtait pas de répéter : « Timéa, Timéa. » Il en avait déduit que ça devait être son nom.
L’intérieur de l’OVNI sentait la mort. Un pilote, à la peau bleue aussi, était mort, courageusement à son poste, l’autre, le copilote, dans sa couche, vers le centre de l’aéronef. Il n’y avait plus que Timéa qui s’exprimait seulement que dans son dialecte. Il l’avait aidée à évacuer le corps de ses partenaires de voyage, en lui cachant qu’en les passant par dessus bord, il les envoyait aux experts du GEIPAN qui les disséqueraient.
Puis il avait enchaîné la suite de sa mission : connaître le langage de la fille, échanger avec elle pour apprendre les intentions des Peaux-Bleues. Elle apprenait aussi très vite les subtilités de la Langue Françaises, malgré des maladresses touchantes. Et petit à petit, il penchait vers elle. Il le sentait.
Mais un jour, son portable codé avait vibré, un message :
« Tuez-la. Livrez le corps. GEIPAN ».
Il avait eu un haut le cœur. Malgré tout le sang qu’il avait sur les main. Il ne s’y résolut pas, et lui avoua tout.

Elle avait été formidable, lui avait pardonné ses mensonges, et montré comment un OVNI se pilote. Et un beau matin, ils avaient disparus.
D’abord pour une île perdue du Pacifique-Sud. Mais l’étau se resserrait, et il lui avait parlé de Mars.

Voilà comment le très rigide et très droit Commandant de la Marine Nationale Séverac Damien avait pactisé avec d’anciens ZADistes réfugiés dans des montagnes perdues sur Mars où ils avaient construit leur propre biosphère. Eux, trop contents de l’avoir « converti » au retour à la Nature, ne le trahiraient pas.
Son refuge : une montagne entièrement creusée par les soins de ces Spatio-Beatniks et leurs robots, avec un lac, artificiel, au milieu, qu’ils avaient empoissonnés, et leurs habitations, soient des cavités rocheuses comme pour Timéa et Damien, soient des cabanes de bambou, bambou qu’ils faisaient pousser un peu à l’écart des rives de sable blanc, bordées de palmiers et de palmiers-dattiers.
Voilà comment, il la regardait dormir 5 mn tous les matins, avant d’aller pêcher à la ligne. En rentrant, il lui cueillerait quelques fruits. Il la trouverait sûrement en train de traire la petite chèvre.
Ensuite, ils iraient se baigner, et peut-être, à l’heure de la sieste, ils feraient l’amour, ou ils iraient rendre visite à leur plus proche voisin, un ancien de Notre Dame des Landes.
La vie s’écoulerait paisiblement, jusqu’au soir, ou après une soupe à base de lait de chèvre, il reprendrait l’écriture de ses mémoires.

Mais si on veut manger, il faut qu’il aille pêcher. Il s’avance vers elle, lui remonte la couverture, en profitant pour lui effleurer le sein, et dépose un chaste baiser sur son front. Puis il fait un pas vers la sortie, mais avant de partir, il se retourne pour la contempler une dernière fois :
Elle sourit dans son sommeil.
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