Le début et la fin

il y a
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J'ai toujours adoré lire et cela fait longtemps que je voulais tenter d'écrire. Je m'y suis mis tardivement, lorsque j'ai eu plus de temps libre et je me suis pris au jeu, j'y prends beaucoup de  [+]

Il était une fois.....non je n’utiliserai pas cette formule trop commune, trop banale...
J’ai toujours considéré les « Débuts » comme quelque chose de déroutant, de compliqué, de difficile, nécessitant un peu comme dans le sport , un long et sérieux échauffement préalable. Cela a commencé tout petit, avec mes premières dents, début des ennuis et des premières douleurs, même si le souvenir en est très confus. Cela s’est ensuite poursuivi par mes premiers pas....Je ne me souviens d’ailleurs pas bien si les unes sont arrivées avant les autres ou si c’est l’inverse.....Toujours est-il que ces premiers pas furent l’objet de nombreuses plaies aux genoux, résultant des innombrables chutes qui les ont accompagnés. Mon père qui avait de l’humour m’appelait parait-il le « bulldozer », parce que j’avais une fâcheuse tendance à foncer en avant, tête baissée, sans me préoccuper de mon environnement immédiat.
Puis ce furent les premiers balbutiements, embryons de paroles ; je voulais beaucoup parler, mais les mots n’arrivaient pas. J’émettais des sons, des borborygmes, qui amusaient beaucoup la galerie, mais avaient pour effet de me mettre en colère ou de me rendre très triste selon la composition de la galerie en question.
Ensuite, il a fallu apprendre à écrire, les pleins , les déliés, la plume que je devais tremper dans l’encrier, les tâches annulant les efforts appliqués, dépensés consciencieusement pour obtenir un résultat le plus ressemblant possible au modèle inscrit sur la feuille de devoir , et se terminant invariablement par des doigts imprégnés de cette encre violette si tenace...
Finalement ce n’est pas si facile de commencer à grandir... !
L’âge de la grande école est arrivé. L ‘apprentissage de la vie en communauté aussi, et l’obligation de respecter les règles incontournables du « bien se tenir ».Ne pas manger avec ses doigts, se tenir droit et ne pas mettre les coudes sur la table, finir son assiette, accepter d’avaler de drôles de chose comme des épinards, des haricots verts, des endives, aliments dont le goût me paraissait alors plus que douteux...

Que je les trouvais bizarres ces adultes !

J’ai grandi, et il a fallu vaincre beaucoup d’autres « Débuts », toujours aussi laborieux, toujours aussi stressants comme les cours de gymnastique ; un « Début » particulièrement traumatisant pour le petit gros que j’étais alors. Monter à la corde, courir le mille mètres, sauter en hauteur," faire des pompes"...autant d’épreuves qui me paraissaient insurmontables et me laissaient dépité et honteux face à mes camarades qui réussissaient brillamment et y prenaient même du plaisir.
L’adolescence arriva et avec elle les premiers boutons, les premiers tourments, les attirances précoces pour les jeunes filles en fleur et les perturbations nocturnes ; les accès de timidité glorieusement surmontés grâce à l’amour propre, à la fierté, à l’orgueil du petit homme en devenir et principalement par la soif de plaire pour séduire et arriver à ses fins, quelques baisers fougueux et quelques caresses inespérées...
Ce fût ensuite l’heure des premiers examens, également des premiers échecs réels, des remises en question douloureuses. Ces débuts là devaient absolument être réussis sinon, c’était les sanctions, les redoublements, les menaces de réorientation, de cadeaux promis qui n’arriveraient pas. J’étais donc dans l’obligation de réellement m’y mettre, et de comprendre qu’il fallait travailler sous peine de voir mon avenir compromis, c’est en tout cas ce que me disaient et voulaient me faire croire les adultes. Décidément ils étaient très bizarres ces adultes !!
Puis je devins presque adulte moi-même, et de nombreux autres « débuts » m’attendaient avant d'arriver à mes fins....
Mais un début nécessite-t-il systématiquement une fin ? La finitude a-t-elle un sens ? Quand la petite graine semée par mon père a suivi son destin, ce fut probablement la fin d’un cours instant de plaisir intense, mais aussi le début d’une transformation considérable du corps de ma mère. Vint ensuite le temps de la naissance qui mit fin aux neuf mois de bonheur mais aussi de souffrances endurées par ce corps maternel rempli d’amour. Puis ce fut la fin de la période d’adoration et de protection de tous les instants du bébé que j’étais, le début de ma petite enfance et de ses découvertes aussi joyeuses qu'inattendues. Le petit garçon que j’étais alors devenu subit la fin de ces activités ludiques pour basculer vers le début de l’adolescence, les boutons, les moustaches qui apparaissent et les tourments liés à cet âge.
Et enfin arriva l’âge que l'on appelle adulte.
Je pourrais ainsi continuer à décrire les étapes de ma vie passée, elles eurent toutes une fin et débouchèrent toutes sur le début d’une nouvelle aventure...
En sera-t-il éternellement ainsi ? Le monde dans lequel nous vivons est-il lui-même fini ou bien infini ? Personne parmi nous n’en aura jamais de certitude absolue. Je préfère penser que toute fin débouche sur un nouveau départ, générateur d’espoirs et de joies futures. Et puis je n’aime pas la notion de fin, elle m’a toujours rendu triste et mélancolique.
La fin d’un roman n’engendre-t-elle pas le plus souvent la perte de nouveaux amis, de héros inoubliables ? La fin d’un film ne nous ramène-t-elle pas à notre réalité quotidienne ? La fin d’une pièce de théâtre, d’un spectacle de danse, d’un concert ne sont-elles pas une interruption du flot d’émotions engendrées ? La fin d’un amour n’entraine-elle pas un intense chagrin qui a beaucoup de mal à disparaître de notre mémoire....
Que dire de la fin inexorable de la vie qui efface tous les souvenirs, tous les débuts et tous les chagrins et qui finit toujours par arriver quoi que l’on fasse pour l'éviter. La seule inconnue reste l’heure où la « grande faucheuse » viendra nous séduire et nous emporter définitivement vers des débuts inconnus...
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Atoutva · il y a
Une belle réflexion sur la vie. Le commencement est la fin et toute fin appelle un commencement. quant au milieu, il s'en passe, des choses !
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Jacques Lefebvre · il y a
Oui, la vie quoi..
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Jacqueline Lefebvre · il y a
Bien développé, toute une vie....très plaisant.
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Randolph · il y a
Je partage et apprécie cette réflexion sur la vie, la mort, la vie sans mort...je me permets de vous inviter sur ma page, "Au loin" et" La bulle et la carapace" pourraient vous intéresser...
Bonne journée, Jacques.

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Jacques Lefebvre · il y a
Je pars au loin...
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Joëlle Brethes · il y a
Une bien jolie réflexion sur le déroulé de la vie entraînant, en effet, des questions sur ces séries : "début/fin"... sans fin ???
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Jacques Lefebvre · il y a
Tout est éphémère dans la nature ….la vie n'y échappe pas, et ce n'est peut-être pas si mal….Une vie éternelle serait-elle vraiment un Plus pour le genre humain ?
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Joëlle Brethes · il y a
Bien sûr que NON !