Le crime d’avoir touché mon mari

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J'écris dans mes temps libres. Je suis passionné de la littérature, notamment les romances, la poésie, la fiction et la fantaisie. Curieux, J'aime découvrir et voyager à travers la lecture  [+]

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« Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. » Il était presque minuit. Et, il faisait un temps morose, tout le quartier était plongé dans l’obscurité par défaut d’électricité. Mon mari n’est pas là. Je lutte pour que le sommeil ne me surprenne. Il est d’usage que la femme ne dorme avant le retour de son mari et regagne le lit. Le mien est dans la nature. Je ne sais pas quand il sera là. Je suis inquiète. Je me rongeais les lèvres, les mains... en déambulant dans la cour.
Une heure et quelques minutes passées, aucune trace de Karim, mon époux. Je savais qu’il tire les moustaches dans divers maquis à l’insu de tout le monde. Mais il prévenait de l’accoutumée, s’il lui arrivait de durer dehors. Depuis qu’on s’était frottés à la douche une méfiance s’était installée.
Aujourd’hui, son numéro est fermé. J’essaye et ressaye de le joindre. En vain. Tout à coup, un vent suave me caresse le visage. Je m’extase du plaisir. Mes paupières se ferment. Toutefois, je me dirige en vacillant vers la porte de sortie. Connaissant son insolence, j’avais laissé ouverte la grande porte dans le but d’éviter d’être sermonnée et être à l’abri des remontrances du soulard s’il arrivait pendant que je somnolais. Il faut dire que je suis aguerri des séquestrations psychologiques et répétitives de mon mari. Toutefois, je l’aime. Cependant, je répugne son comportement brut.
En effet, ivre, dès son entrée à la maison, il est des jours où il est doux, attentionné et romantique. Ces jours, je me sentais reine. Il me gibernait d’amour, et nous jouissons du bonheur et du plaisir charnel. Ces moments rarissimes me poussaient à l’aimer davantage. Aussi, Karim est généreux ; il partage avec tout le monde. Il ne manquait rien à la maison.
De taille moyenne, les cheveux lisses, le nez aquilin, mon mari est un homme très élégant. Nous n’avons pas d’enfants. Nous venons de consommer notre première nuit de noces depuis huit mois. Notre foyer avait connu des hauts et des bas, mais nous étions restés unis. Lui et moi nous sommes connus le premier jour de notre union étant arrangée par les parents. De coutume, on ne recueille pas l’avis de la femme pour le mariage. Ce fut mon cas. Par ailleurs, Karim est mon cousin lointain.
— Ecoute Maria, tu es ma toge. C’est moi qui t’ai choisie. me dit-il le premier jour de notre mariage.
—...
— Je bois, je t’avoue. Et j’aime les femmes, j’adore l’alcool. Tu es ma femme dorénavant, je suis ton mari. De ce fait, il faut que je te dise mes défauts et toi les tiens pour ne pas se pourrir la vie, me balance-t-il à la figure.
J’étais ébaubie. Je ne savais quoi dire. Evasive, je suis restée la tête baissée au milieu du lit. Interprétant mon silence à sa guise, il s’était approché de moi. Il avait une haleine très mauvaise malgré la grande dose du parfum qui couvrait la chambre. Quelques instants, Karim m’avait pris les mains et me dit :
— J’ai envie de t’écouter pour te faire ma femme.
Une sensation bizarre m’habitait le corps.
— « Je suis sa femme. Il a le droit de me faire tout ce qu’il veut sans que personne ne l’inquiète. Alors pourquoi, il est si gentil et ouvert ». me monologue-je.
Remarquant mon immobilisme, il avait paré son regard de moi, me tournant le dos très pensif. Je me dévoile doucement.
— Tu n’es pas obligé d’avoir mon avis. Je ne suis qu’une femme.
— Farder n’est pas de ma nature. Divorcer n’est pas de mon vocabulaire. Se répéter n’est pas mon identité. Femme regarde-moi et dis-moi si tu es prête à vivre aux côtés d’un alcoolique. Sinon, je parle et je te jure de ne point te toucher jusque tu décides du contraire. me dit-il avant de sortir de sa poche une cigarette et chercher la porte.
Démarche nonchalante, monsieur franchissait la porte de la chambre aussitôt fut un bruit « clac-clac !» pour allumer sa cigarette. Entre temps, j’étais dans les nuages. Taciturne, je ne saurais quoi dire. Je me remémore ses discours pudibonds. Une sensation unique m’habite. Petite, on me disait que la femme doit docilité et respect à son mari.
« Cet homme est-il normal ? » m’interroge-je de temps à autre. L’ataxie mentale de mon mari me chagrine.
Dix minutes après, Karim me rejoignit dans la chambre. L’air détendu.
— Tu ne dis rien toujours ?
—...
— Bien, on va devoir se coucher. Je te touche plus, me rassure-t-il.
Une semaine après, le monsieur se comportait toujours comme le premier jour. Tendre, doux, compréhensible, ouvert... Un mois après, je me suis entichée de cet homme.
Après le quatrième mois de notre, mariage rien n’allait bien. Karim s’abstenait de la maison et s’enivrait quasiment tous les jours. Pire, il me regarde d’un œil amical. Ce regard m’affadissait le cœur. Je commençais à lui manquer de respect et lui aussi faisait autant. D’où le calvaire de notre foyer conjugal.
— Tu ne trouves pas juste qu’on change de rôle pour te prouver de ma virilité comme la tienne est épuisée. tancé-je Karim une fois dès son réveil.
Karim m’avait souri, avant d’entrer à la douche et me dit :
— Tu sais Maria, je déteste de me répéter. Si tu en as marre, quittes la maison tranquillement au risque de regretter.
Je n’avais pas envie que mon foyer se brise. Je mourrais d’envie de mon mari. J’ai décidé de le rejoindre toute nue. Karim me tournait incessamment le dos. Insolente, je me collais à lui jusque toucher la poitrine, le bas ventre puis le pubis. Karim tournait le dos à chacune des tentatives de me voir en face. Il me fuyait comme la peste. Dans notre lutte, il s’était glissé et s’était blessé légèrement au front. A ma grande surprise, je découvre que le monsieur s’était coupé le punis. Karim était bouche bée, honteux...
Depuis ce jour, Karim ne venait à la maison que très tard dans la nuit. Notre relation s’enflammait. Je ne savais comment raisonner le monsieur. Tous mes efforts de raviver notre amour étaient restés sans effet.
Aujourd’hui, je me suis décidée à comprendre ce qui était arrivé à mon mari. Allongée à même le sol à l’entrée du salon, je somnolais profondément. Le vent s’était arrêté d’un coup cédant à la chaleur. Je sursaute. Je tâte les environs de la porte du salon. Aussitôt, une silhouette d’homme me miroite la vue. C’est Karim.
— Maria, je t’avais bien prévenu que tu vas regretter !
Ka...
Sans que je ne puisse me lever correctement, un liquide brulant me submerge tout le visage. En quelques secondes me fait engloutir dans le noir. Mon visage, mes cheveux, mes ongles commencent à subir une brûlure atroce. Je titube, renifle, crie... alors que l’acide sulfurique est entrain de m’achever. Ma peau se consume. Mes yeux se renferment. Mon âme se perfore et cède à l’obscurité...
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Sgr Td  Commentaire de l'auteur · il y a
Merci à vous à toutes à tous pour votre soutien de taille. Je suis ému. Merci infiniment.
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Arnaud-Christ EKONE · il y a
C'est normal tu déborde d'inspiration sur ce texte, je t'assure.
Je t'invite juste à lire le mien pour me donner ton appréhension : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-cieux-la-cime-et-la-prairie

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Sgr Td · il y a
Merci votre commentaire. Prière donner vos voix pour soutenir.
Avec plaisir, je vais vous lire.

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Bibiana Mathieu · il y a
Très belle plume!
Si vous avez du temps, passez découvrir mon texte.
Si ça vous dit, ce serait un plaisir d'avoir vos voix.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/vivre-tout-simplement

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DEBA WANDJI · il y a
J'ai sincèrement aimé vous lire, Dicko!
J'adhère par mes voix et je vous invite à découvrir mon texte en course pour le prix jeunes auteurs https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/etoile-perdue-2
N'hésitez pas de laisser vos impressions en commentaires. Merci!

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Claire Dévas · il y a
Un respect à sens unique... que de violence.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/a-lombre-de-sa-devotion

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Cyrille Conte · il y a
Bravo Sgr Dicko pour ce texte dur mais réaliste, laissant entrevoir la vie d'un couple que seul uni les traditions. Quand le désir d'une femme devient crime et que le meurtre d'un homme est considéré comme légitime, il reste votre texte pour le dénoncer, avec style et pudeur. Encore bravo et bonne continuation.
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Ikouk OL · il y a
Mon soutien. Mes voix.Si un passage à "Euskal" en finale (poésie) vous tente, merci par avance !
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Fodé Camara · il y a
Bravo Dicko ! Un texte bien merveilleux. Vous avez mes 5 voix.
Merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps 👇👇
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/lerrance-spirituelle-1

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Cerise R. · il y a
Toutes mes voix pour ce texte qui dénonce 2 faits de société le mariage imposé et les « féminicides », ces derniers qui n’épargnent aucun pays dans le monde, hélas ! Il y a bien du potentiel dans votre plume, la phrase imposée est parfaitement contextualisée et la chute, même si elle est terrible, est de mon point de vue bien amenée car on ne peut pas imaginer que Karim va en arriver à cet extrême, d’autant que Maria est prête à se battre pour que leur relation s’améliore. C’est d’ailleurs une chute réaliste car dans ces affaires (au pénal), les témoins expriment souvent qu’ils ne pouvaient pas anticiper le drame. Il faudrait toutefois que vous continuiez à travailler sur la concordance des temps. Et comme je vois que vous aimez la littérature, la lecture vous y aidera grandement. Bravo pour ce texte courageux. Merci.
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Jeanne · il y a
Un couple qui bat de l’aile, un tandem qui part à la dérive, une épouse docile, patiente, aimante ; un mari absent, volage, instable qui s’alcoolise, une nuit perd la raison, commet l’irréparable. Un texte noir, une chute inattendue, une fin tragique, une issue dramatique. Un récit dense, une réflexion profonde sur la relation amoureuse, la condition féminine qui croule encore sous le poids des traditions. Des expressions étonnantes parcourent le récit, un texte bien écrit malgré quelques maladresses dans l’emploi des temps. Un bouquet de cœurs, d’encouragements et tous mes vœux Sgr Dicko pour la suite des événements.
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Sgr Td · il y a
Merci chère Jeanne pour le résumé très brillant. Merci aussi pour votre soutien.
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Thara · il y a
Je n'ai pas très bien compris vos personnages...
+ 2 voix !

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Sgr Td · il y a
Merci pour votre soutien. Les deux personnages sont liés par un mariage, mais en réalité au nom des valeurs traditionnelles sont obligés de s'accepter alors qu'au fond ils sont incompatibles pour une union. Ils se forcent à se plaisir, mais le mari craque.