Le collier des roses

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Au bord du fleuve, j'ai planté des fleurs, au cœur d'un jardin. Là chaque jour, le guetteur des mots surgit pour donner voix à la poésie moderne, bon vent à la plume que j'envie! Enseignant  [+]

Il était une fois à Dakoro, une très belle fille. Elle s'appelait Neila. Tous les hommes rêvaient de l'épouser. Quand elle se promenait, toutes les vallées dakoroises, même les montagnes se baissaient pour la contempler. Les oiseaux, tels des aigles royaux, des moineaux, tous chantaient pour la saluer, elle était partout aimée.

Mais voilà, un soir, la nouvelle fut annoncée au village, Neila avait disparu, elle se volatilisa dans la nature. Les gens avaient beau cherché dans les buissons, au bord des rivières, même dans les grottes, c'était peine perdue, la plus belle fille de Dakoro venait de disparaître, et personne ne trouva solution. Son père, Luc, qui était le gardien de la forêt, en pleurait interminablement, c'était sa fille unique, et il vivait seul avec elle.

10ans plus tard...

C'était le 19 septembre 1846, sur les pentes du Mont Goulbi à près de 1800 mètres, deux enfants bergers, Matias et Rosalie. Illettrés et pauvres, jouaient à faire l'Eden avec les fleurs de la montagne. Après avoir partagé un repas rapide vers midi, ils s'endormirent au soleil. Au réveil, les deux enfants constatèrent que leurs chèvres étaient déjà éloignées. Ainsi ils se sont mis à les rechercher.

Juste en ce moment, une grande clarté leur apparut, une sorte de globe de feu tournoyait, d'un éclat irrésistible. Dans la lumière, une femme apparut, assise sur une pierre dans l'Eden des enfants. Elle avait les coudes sur les genoux, les mains lui couvrant le visage.

« Avancez, mes enfants, leur dit-elle, n'ayez pas peur. Je suis ici pour vous annoncer une bonne nouvelle... »

Rosalie et Matias restèrent stupéfaits un moment. La dame se leva, elle portait un bonnet fichu et un tablier. Sa tête était ornée d'un diadème de rayons, sa robe était pailletée d'étoiles. Elle serrait contre elle une croix suspendue à une chaîne. Aux extrémités de la traverse de la croix, étaient visibles un marteau et des tenailles entrouvertes. Elle portait aussi une guirlande de rose jouxtant une chaîne sur ses épaules. Elle ne cessait de pleurer abondamment.
La dame leur parla:

« Si mon peuple ne veut pas se soumettre aux traditions de notre contrée, je serai capable de jeter un sort à ce peuple ingrat, qui délaisse nos coutumes, combien de fois bénéfiques. Écoutez-moi bien mes enfants, je suis la déesse de la pluie, et je laisserai périr en poussière le blé. Des châtiments divins redoutables pour les habitants : pommes gâtées, noix mauvaise, raisins pourris, et j'en passe. Écoutez-moi bien, je promets la prospérité, si les cœurs venaient à changer, les pierres et les rochers se changeriont en monceaux de blé. Les pommes de terre se trouveriont ensemencées par les terres.
Elle interroge ensuite les enfants :

— Faites-vous bien votre prière envers moi?

— Oui...

Elle leur recommanda de la faire soir et matin, et de passer le message à son peuple, qui jadis l'invoqua dans les moments difficiles, pourquoi pas maintenant. Elle leur montrait la chaîne qui doit enchaîner Satan, c'est le collier des roses, le rosaire qui doit lier l'ennemi.

Après avoir confié un secret à chacun des enfants, la déesse, ses pieds ne trouvant plus terre, leur disait et redisait :

« Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple, je suis la déesse Neila... »


— — —

« Hommage à notre dame de la Salette. »
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