Le circuit des invalides

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Je ne suis pas du tout un expert dans l'écriture. J'ai juste une envie soudaine d'écrire des choses ! J'espère m'améliorer au fil du temps  [+]

— Louis Le Flan reçu.
— Alexandre Mudas reçu.

Après plus de trois semaines, c’est bientôt mon tour. J'ai entendu dire que notre périple est bientôt fini. Malgré le fait que nous sommes serrés dans cet endroit, je me dis que c'est sans doute celui que je préfère. Le pire endroit dont je me souviens c'était dans un espèce d'hôtel, enfin c'est comme ça qu'on le nomme. J'aime pas cet endroit depuis que j'y ai vu des choses horribles s'y passer. Des groupes tout entier se faisait déchirer. Mal fait qu'ils disaient. Ah et je dis « nous » puisque je suis avec le même groupe depuis le début, nous sommes inséparables. Il y a des personnes de tout âge ici. Je crois que je suis le plus jeune. Même si on est soudé, une ambiance pesante règne ici, personne ne sourit. Il faut dire que la pièce où on se trouve, est très sombre... mais au moins on est au sec.

Je ferme les yeux un moment, tentant de retrouver des souvenirs de la semaine passée...

La semaine passée ce n'était pas du tout le même délire. En effet l'ambiance était très bizarre on aurait cru à une scène de guerre. J'ai vu beaucoup d'infirmiers et d'infirmières. Les autres de mon groupe riaient quand je leur disais que j'en avais vu des dizaines, chacun espacé d'un mètre. Ils m'avaient fait remarqué que là bas, ce n'était pas un endroit pour des gens dans le secteur médical. Lecteurs, je vous assure qu'ils portaient tous des masques comme pour opérer. Seuls leurs habits différenciaient. Je me souviens aussi qu'une personne était avec moi mais m'avait laissé seul au bout de quelque minute. Je n'ai toujours pas supporté cet abandon. La personne était fortement barbu, de la cire dans les cheveux. Son visage était affiné, les joues plutôt creuses. Soudainement alors que j'attendais avec mon groupe que le temps passe, une personne vient vers nous avec une arme à la main. Je n'arrivais pas à voir concrètement ce que c'était, mais quand elle nous l'a braqué sur nous, trois secondes ont suffit pour que je m'écroule par terre. Je me souviens seulement d'une odeur forte.

Je ré-ouvre mes yeux, sortant de mes pensées.


Tiens, deux nouveaux dans la salle. Comment sont-ils arrivés là ? Je n'ai rien entendu. S'ils sont venus par la porte d'entrée comme nous tous, je l'aurai entendu étant donné que cette foutue porte quand on l'ouvre, fait un bruit comme si l'on marche sur la queue d'un chat. Et qu'est-ce qu'il y a du passage ici ! Bref, j'essaie de communiquer avec mes deux nouveaux camarades mais ils ne me répondent pas. Ils ont un point commun avec nous tous : leur visage est neutre. Pourtant je m’efforce à les dévisager pour y déceler quelque chose comme un petit rictus qui me permettrais de les pointer du doigt tel un grand détective à la Sherlock Holmes : Ce sont eux les intrus ! Mais non, au bout d'une bonne minute, j'arrête de les fixer. A part notre mine banal, nous avons tous une autre chose en commun, une étiquette gravée sur notre peau. Si je veux savoir des choses pertinentes sur eux, c'est marqué sur leur étiquette. Dessus, beaucoup d'informations y sont notées comme notre âge, le lieu d'où l'on vient, il y a même un gribouillage. Nous avons aussi un numéro bizarre qui semble être unique. D'ailleurs, ça fait des semaines qu'on est enfermé ici et je n'arrive toujours pas à retenir mon nom de code. Foutu mémoire.

On m'agrippe le bras pour m'emmener de force dans une autre salle alors que j'entends au loin : 
— Napoléon Bonaparte, non reçu.

Une personne m'assoit de force sur une chaise et arrache l'étiquette qui était pourtant gravée à même la peau. Même pas mal m'ai-je avoué dans ma tête alors qu'une petite larme coule le long de ma joue. Je repense à ce que j'ai entendu plus tôt, c'est peut-être la première personne qui n'a pas été reçue depuis que je suis arrivé ici. Peut-être vais-je être aussi recalé ? Je ne sais même pas ce que je dois en penser puisque je ne sais pas pourquoi je suis là. J'imagine qu'être reçu est plus bénéfique qu'être recalé. J'espère être reçu alors. Le comité qui se tient devant moi se compose de quatre personnes, ils me scrutent tous sans dire un mot. Seul la personne qui a pris mon étiquette de force, ma partie de moi, fait des aller-retour avec sa tête entre l'ordinateur et l'étiquette posée sur le bureau. Le pauvre, il va se chopper un torticolis ai-je pensé. Après de longues minutes, ce dernier me fait signe de rentrer dans une espèce de machine. Bizarrement, même s'il a été très dur avec moi, je lui fait confiance.

Je rentre dans la machine 

Croyez le ou non, je ressors avec dix ans de plus. J'ai une nouvelle tête, mais c'est toujours moi. J'ai maintenant une grosse barbe et j'ai de la cire dans les cheveux. Mon visage s'est affiné, les joues un peu plus creuses. Par contre j'ai toujours les yeux aussi bridés ! Intérieurement j'ai envie d'exploser me sachant encore en vie, mais je reste neutre. Puis soudainement on me dit de partir vers cette porte où il y a une lumière éclatante. Alors qu'au moment de franchir le pas de la porte...


— Léo Dupont, reçu.
 


2 Juin 2020 - 10 heures et 35 minutes...

« Voilà, votre dossier a été validé par le comité, voici votre nouvelle carte d'identité »
« Merci madame, avec le Covid-19 les délais n'ont pas été si long. »
« C'est parce que vous avez été le premier à venir me voir le 11 mai. »
« J'ai eu de la chance ! »

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