LE CINEMATOGRAPHE DE PAPA.

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C’est toujours un moment édifiant que de lire dans certains magazines spécialisés « es télévision » les films programmés pour la semaine à venir.

Toutes les rédactions sont quasi unanimes. Un film antérieur à 1950 ne peut être que sublime. Il mérite tous les éloges sur l’échelle des valeurs cinématographiques.
C’est ainsi. Pourtant, il faut bien le reconnaître, si cette époque a vu naître de véritables chefs-d’œuvre, elle a aussi produit d’authentiques navets.
Et leur accorder systématiquement une note proche de la perfection au seul motif que l’œuvre a été réalisée par Luis Buñuel ou Jean-Luc Godard, à l’âge d’or du cinéma, relève de l’incompétence, de la mauvaise foi ou de l’imposture.

Il est vrai que vanter un film d’époque, ça fait bien. Ça fait intellectuel. Ça fait cinéphile, surtout s’il est en version originale ! Peut-importe la qualité de l’œuvre, s’il elle est signée par un réalisateur connu et servi par une distribution d’acteurs défunts, il ne peut être que génial.

Et pourtant, à cette époque, une palme d’or obtenue à Cannes, avec en prime, un succès commercial, étaient souvent des options antinomiques inconciliables. Aussi, « le critique » dit avisé, s’abritait sournoisement derrière le désintérêt d’un public jugé artistiquement et cinématographiquement inculte.
Mais depuis, la tendance s’est inversée. Curieusement, les producteurs optent désormais pour des oeuvres plus accessibles et moins cérébrales, ouvertes au plus grand nombre et donc forcément plus rentables, financièrement.
Quant à la valeur de la production et sachant que tous les goûts sont dans la nature, chacun doit conserver son propre jugement et il serait bon de ne plus s’en remettre à des critiques obnubilés par « le cinématographe de papa », qui jugent une œuvre, comme un œnologue du dimanche, évalue un vin, c'est à dire, en fonction de son prix, de son âge et de la renommée de son cépage.

Seule, compte la saveur que chacun veut bien lui accorder.
Comme tous les grands crus, le cinéma a ses millésimes et produit des chefs-d’œuvre, mais parfois, d’affreuses piquettes.
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