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le chêne sans chaines

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Fred

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Un jour que je me promenais en forêt je tombais sur un petit arbre chétif, c’était un chêne.
J’eus pitié de lui ; tu ne dois pas être heureux dans cette forêt pour avoir si mauvaise mine ?
Je décidais donc de l’emmener et de le planter dans mon jardin.

Bien des années passèrent et de chêne chétif, l’arbre sauvé, devint un magnifique végétal grand et fort. J’allais souvent le trouver, presque tous les jours. Je caressais son tronc, sentant sa force me pénétrer. J’avais l’impression qu’il prenait plaisir à ma venue et je guettais le moindre signe qu’il me faisait. J’étais heureux auprès de mon arbre, mes soins et mon attention avaient fait merveille.

Un matin, je me réveillai et allai voir comme d’habitude mon arbre. Je le distinguai avec peine, une brume collante avait envahi tout le paysage, donnant un aspect fantomatique à mon jardin. M’approchant de plus près, je le vis. Ses branches pendaient, touchant presque le tronc. Une grande partie de son feuillage jonchait le sol, recouvrant ses racines apparentes. Je fus pris de stupeur. Que lui arrive-t-il ! est-il malade ! est-ce le froid qui avait affaissé ses branches et le vent qui avait soufflé ses feuilles ! Je me sentis mal à l’aise.

Soudain, je fus pris d’effroi, l’arbre semblait déplacé. Était-ce une plaisanterie ? Qui aurais pu déraciner et replanter mon arbre ?

Je ne bougeais plus, tétanisé, ne pouvant parler. Mon cerveau était en ébullition essayant de trouver une explication. La brume devenait soudain oppressante. L’angoisse accélérait ma respiration. Je me sentais défaillir.

Je tentais de reprendre mes esprits pour ne pas basculer dans l’inconscient, quand l’arbre se mit à sortir ses racines de terre. Les petits creux de son tronc que j’avais souvent pris pour des petits yeux rieurs semblaient me fixer d’un air grave. Ses branches se relevèrent et se tendirent vers moi. Je ne pouvais bouger, comme paralysé, je regardais l’arbre s’approcher lentement, inexorablement.

L’extrémité de la plus grosse branche se posa sur mon épaule tandis que sa voisine se posa sur mes fesses. L’arbre me souleva et m’attira contre lui et, alors, une voix venue du plus profond de ses entrailles s’adressa à moi ; tu m’as sauvé la vie et tes soins m’ont permis de devenir ce magnifique chêne que je suis aujourd’hui, je t’en remercie. Mais je m’ennuie de mes frères qui sont restés dans la forêt et j’ai décidé de les rejoindre car c’est avec eux que je dois vivre mon destin. N'essaie pas de me retenir, on ne peut rien contre le destin, on doit l'accepter. Adieu...

L’arbre me reposa à terre et se mit en marche. Je restais là abasourdi le regardant s’éloigner dans la brume qui s’était épaissie afin de dissimuler son évasion.

PRIX

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Bertrand · il y a
un chêne
qui a
le mal
de la
forêt^^+5

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Brune Hilde · il y a
Je découvre votre bien joli texte suite à votre promenade dans mon cimetière....
J aime votre poesie et j aime la personnification. Et enfin j aime la chute. 3 raisons pour vous donner mes 5 voix.

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Coraline Parmentier · il y a
Mes voix pour votre texte !
Si mon royaume embrumé vous intéresse, c'est par ici...
http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-royaume-dans-la-brume

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Fred · il y a
merci Coraline
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Fabienne Pigionanti · il y a
Très poétique, et l'arbre, désireux de liberté, est courageux. A voté! Je vous propose: La brume passionne et empoisonne. C'est une autre rencontre...
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Fred · il y a
merci
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Pascal Depresle · il y a
Mon soutien maxi Fred. Cet arbre qui reprend sa liberté, c'est ce que nous devrions tous faire.
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Fred · il y a
merci
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Michel · il y a
J'aime bien le lien qui s'établit mystérieusement entre la brume et les arbres très humains. C'est bien écrit, l'histoire défile naturellement alliant le fantastique et l'hurmanisme. Bonne route
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Fred · il y a
merci
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Mjo · il y a
Rendre à la nature ce qui est à la nature; complicité et conscience de la place de chacun sont bien rendues dans votre texte. Bravo, mes voix. Si ça vous chante je vous invite à lire mon TTC:"Perdu dans la brume"
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Fred · il y a
merci
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Arlo · il y a
Très belle complicité entre l'arbre chêne et l'être humain. Les votes d'Arlo auteur du poème *sur un air de guitare*. Bonne chance à vous. http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/sur-un-air-de-guitare-1
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Fred · il y a
merci
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Alain d'Issy · il y a
Histoire sympathique - il faut relâcher les chênes dans les forêts
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Fred · il y a
merci
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Manita · il y a
J'aime et je vote...
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Fred · il y a
merci
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