3
min

Le chant de Nerid

Image de Marco Ramsen

Marco Ramsen

11 lectures

1

Il y a très longtemps, vivait dans un château, une dame qui n'avait eu pour seul enfant qu'un garçon appelé Rajon. Son mari mort à la guerre, elle vivait seule avec son fils qui devenait fort et beau.
Cette dame subissait les tourments d'un être maléfique qui vivait de l'autre côté de la forêt, sur une montagne. Il désirait cette femme mais il haïssait Rajon, il en était jaloux. Pour obliger la dame à l'épouser, il enleva Rajon, un jour que celui-ci poursuivait une biche dans la forêt. Cet homme était un sorcier, il avait le pouvoir de transformer les gens et il changea le garçon en un oiseau aux plumes multicolores.
Les années passèrent, la dame mourut de chagrin en ne revoyant plus son fils. Le château fut abandonné. L'oiseau, enfermé dans une grande cage en verre, subissait la cruauté du sorcier.
Un jour dans la forêt passa une jeune princesse à cheval, suivie de quelques serviteurs. Cette princesse qui s'appelait Nérid, était, prétendait-on, fille d'une fée qui avait vécu non loin de là. Cependant que la troupe cheminait au pas, Nérid aperçut une biche dans le chemin qui s'enfonçait dans la forêt. Décidant de la poursuivre, elle partit soudainement au galop, laissant là son escorte et arriva bientôt devant un château abandonné. Les ronces avaient depuis longtemps envahi les murailles, mais le portail était grand ouvert comme s'il attendait la venue de quelqu'un.
Nérid possédait un don : elle avait une voix au timbre pur. Son chant était si beau que les oiseaux et les animaux faisaient silence pour l'écouter chanter. Nérid s'arrêta, descendit de cheval et entra dans le château, fascinée par les lieux. Rien n'avait changé depuis la disparition du prince. Elle entra dans les chambres, dans la grande salle du château. Dans une chambre, elle trouva accroché à un mur, le portrait d'un enfant. Son visage était d'une telle gravité qu'elle en fut bouleversée. Elle monta au donjon et regarda alentour, la grande forêt. Au plus haut d'un arbre, elle distingua un objet qui se reflétait au soleil. Cela ressemblait à une cage de verre. Un oiseau, à l'intérieur, voletait. Nérid entendait ses cris déchirants qui surpassaient ceux des oiseaux de la forêt. Elle lança un long chant. Le soleil, qui s'apprêtait à se coucher, se détourna pour écouter. Ce qu'il entendit, le ravit et l'attrista. Nérid chantait un air mélancolique dans lequel elle s'interrogeait sur ce château, ce décor émouvant et le portrait de l'enfant.
Le soleil pencha sa tête et décida de répondre à Nérid. Il raconta l'histoire malheureuse de l'enfant transformé en oiseau par le sorcier de la montagne. Que pouvait-elle faire pour délivrer le prince Rajon ? Le soleil lui dit : Sauve-le du maléfice en chantant cette chanson qui avait permis à une fée de s'échapper de l'emprise du sorcier. La connais-tu ?
Nérid réfléchit longuement. Elle se souvenait des mots qui l'avaient protégée durant toute son enfance. Ces mots étaient : Soleil et Liberté. Elle commença doucement, sa voix montait. Les oiseaux attirés par le chant, s'unissaient à elle, redoublaient les trilles et triolets. Un son plus haut, plus profond, s'élança vers la cime des arbres et atteignit la cage de verre. Le soleil illuminait le ciel, il ne voulait plus se coucher. Il restait pour aider Nérid. Le mot « liberté » arriva sur la vitre de la cage et celle-ci éclata en mille morceaux.L'oiseau s'élança dans les airs, aidé d'une nuée d'autres oiseaux qui attendaient ce grand jour pour vaincre le maléfique sorcier. Le soleil accentua ses rayons et les dirigea vers l'oiseau en dessinant un arc-en-ciel. L'oiseau vola directement vers le château et se posa sur le donjon. Un éclair zébra le ciel...Une multitude de mouches et insectes, suivie d'un être gigantesque et noir, apparurent dans le ciel. C'était le sorcier.
Le soleil lutta pour préserver ses rayons. L'oiseau se posa près de Nérid. Celle-ci lui arracha une plume qu'elle lança comme une flèche sur le sorcier. La plume le frappa en plein cœur. Il explosa dans l'immensité du firmament. De son corps éclaté s'échappèrent des milliers d'abeilles qui partirent au loin vers la montagne. Au moment où Nérid avait retiré la plume, l'oiseau était tombé au sol et de sa peau arrachée un filet de sang coula. Nérid prit l'oiseau dans ses mains et le berça en chantant d'une voix douce et claire. Elle lui caressa les plumes et à l'instant où le soleil allait plonger par-delà la montagne, il éclaboussa le ciel. L'oiseau reçut ses rayons bienfaisants et se métamorphosa en un magnifique jeune homme. Il dit :
- Je t'attendais depuis si longtemps, Nérid. Viens, nous avons tant de choses à nous dire.
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Lammari Hafida
Lammari Hafida · il y a
Un récit magnifique et bien mené ! Bravo!
·