2
min

Le cauchemar des couches

Image de Andrew Clarkev

Andrew Clarkev

10 lectures

0

Deux gars qui se connaissent se croisent par hasard sur le trottoir.

- Tiens salut comment vas-tu ?
- Bien, je vais merveilleusement bien
- Je peux savoir ce qui te met dans une telle joie ?
- Je repensais.
- Tu repensais à quoi ?
- À l'époque formidable où ma mère se décida enfin à abandonner l'idée qu'il me fallait absolument porter des couches.
- Ah les couches, ne m'en parle pas tu veux, moi elles sont synonymes de très mauvais souvenirs
- Moi aussi figures-toi et c'est justement la raison pour laquelle en repensant à ma première culotte en coton, wouah, wouah, wouah !
- Le slip comme on dit
- Oui, c'est ça, le premier slip, si doux et si épousant à la fois. Rien à voir d'avec le côté irritant et peu chaleureux des couches.
- Oh oui alors, je te dis, ne m'en parle pas tu veux. Ma mère n'a pas voulu que je passe au slip d'avant mes cinq ans, soi-disant parce que je n'arrivais pas à me retenir. Je pense plutôt qu'elle était trop contente d'avoir moins de linge à s'occuper, voilà la vraie raison.
- Mon premier slip, quel bonheur, je m'en souviens comme si c'était hier. Ma mère l'avait choisi bleu ; mon père lorsqu'il me voyait défiler dans le salon d'avec ne pouvait pas s'empêcher de m'appeler bleu-bite ; qu'est-ce que cela nous faisait rigoler. J'étais aux anges.
- Quelle chance tu as eu. Dans mon cas j'avais aussi eu le droit à un appareil dentaire pour parfaire la bonne rectitude de l'alignement de mes incisives inférieures d'avec les canines.
- Oh quelle déveine ! Moi, dès le passage au slip je me suis senti pousser des ailes. Du jour au lendemain j'ai réussi pour la première fois à faire de la bicyclette sans stabilisateur ; je sortais vraiment de l'âge du bébé pour rentrer dans celui du vrai petit bonhomme. J'avais tout juste trois ans.
- Ah les couches. Je te dis s'il y a bien un sujet qu'il ne faut pas trop aborder d'avec moi c'est bien celui-ci. J'avais beau houspiller quotidiennement comme quoi je n'en avais plus besoin, que j'étais devenu un grand garçon bien propre et indépendant quant aux petites et grosses commissions, rien n'y faisait. Toutes les irritations sur les fesses qu'elles entraînaient imposaient d'aller chez le docteur presque tous les quinze jours ; pour ensuite appliquer de la crème pendant de longues et interminables minutes sur le ventre.
- Je te comprends. Moi j'ai comme dirait l'autre eu le cul bordé de nouilles d'avoir eu une mère si bienveillante au point de me passer au slip dès l'âge de trois ans.
-bon allez c'est pas tout ça mes j'ai des choses à faire on s'appelle plus tard et on se dit quoi.
- Comme tu veux. Mais au fait tu vas où là ?
- J'avais rien de particulier à faire mais tu viens de me filer le bourdon alors je vais aller me chercher des chaussettes.

Thèmes

Image de Très très courts
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,