L'Apocalypse mineure

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Salut ! Je m'appelle Firat. J'étudie à l'Université Hacettepe  [+]

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Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Quand je vais me coucher, je ferme les yeux, me convainquant qu'ils sont vraiment fermés. Donc, je ne peux plus voir les reflets blancs dans la fenêtre du salon sombre, où je dors sur le canapé.
Des gens ! Des enfants, des jeunes, des personnes âgées se sont rassemblés devant l'appartement. À en juger par leurs vêtements, des femmes et des hommes de différents quartiers, cultures et sectes. Ils sont debout devant l'appartement. Ces gens, qui apparaissent dès que le soleil se couche en hiver et au milieu de l'été, seront mes fous. Ils se tiennent juste autour de l'appartement et me regardent.
Nous sommes 4 personnes dans cet étroit appartement, mes parents, mon frère et moi. Mes parents travaillent dans la même usine mais dans des départements séparés. Et mon frère travaille avec le boucher du quartier, depuis son enfance. C'est moi qui n'arrive pas à travailler, qui ai essayé à plusieurs reprises de gagner de l'argent quelque part mais ai échoué, qui semble paresseux mais qui en réalité ai peur des clients, des gens du monde extérieur.La dernière fois, le tailleur avec lequel je travaillais ne me permettait pas de me faire une poupée à partir des déchets de tissus.
Nous entendons des voix dans cet appartement notoire. Les rumeurs du voisinage nous parviennent. Nous avons peur, bien sûr, mais j'ai encore plus peur. Parce que parfois, je suis le seul à entendre les sons. Mais il y a un tel son que je panique le plus. Cette voix est celle que les gens à la maison écoutent confortablement mais moi, je ne peux pas l'entendre.
Un incident m'est arrivé récemment. J'étais de nouveau allongé sur le canapé, sous la couverture. Les lourdes portes du ciel bleu foncé étaient ouvertes et de grosses gouttes de pluie tombaient d'en haut. La maison ne chauffe pas bien. J'avais un peu froid, je suis donc resté à la maison pour me reposer. La lumière dans la chambre était étrange ; peu importe que j'allume la lampe ou pas, mais si je ne l'allumais pas, il ferait trop sombre pour lire mon livre quand même. Alors que je soupirais et que je regardais désespérément autour de moi, mes yeux étaient pris dans une boîte brunâtre placée au fond du poêle. J'ai couru avec curiosité et, j'ai tendu la main et l'ai touchée lentement pour que ma main ne brûle pas si elle était chaude. J'ai eu la chair de poule en essayant de comprendre ce que c'était.
« Qui a mis cette radio ici ? » je me suis dit.
C'était humide et froid. C'était différent des autres radios, c'était plus lourd. Quand je l'ai saisie à deux mains, presque une cruche d'eau a été renversée de la radio. Elle était pleine d'eau. C'était comme si elle avait été mouillée par la pluie. Je ne sais pas comment c'est arrivé, mais l'un d'entre nous l'a mis ici pour le faire sécher, je suppose. J'ai jeté un morceau de bois sur le poêle, que j'avais l'intention de garder pour les prochaines heures, et j'ai allumé le feu pour sécher la boîte. L'odeur de métal brûlé et les fumées se sont arosés.
C'était le soir. Ma mère est arrivée la première, de l'usine de cahiers. Puis mon frère, et enfin mon père.
« Tu pourrais au moins préparer le dîner », m'a dit ma mère, me brisant le coeur. Étant une femme qui travaille, elle me traite comme une fille car elle pense que travailler est pour les hommes et rester à la maison est pour les femmes. Être un homme est honorable, mais être une fille est une vilaine chose.

Moi, j'ai eu faim toute la journée, mais j'ai eu du mal à avaler mes timides bouchées à table, parce que je ne travaillais pas, n'apportais pas d'argent à la maison. Je suis habitué à la maussaderie de mon père. Mais mon frère est conscient de son existence indispensable dans la société, dans ce quartier et dans cette maison, et comme sa fierté légitime apporte une joie infinie, les couteaux me restent coincés dans les poumons. Même s'il a apprécié le repas et a essayé de siffler, il n'a pas osé le faire à cause de mon père.
« Où est la radio ? » me demanda-t-il en se levant. Sans bouger la tête, j'ai pointé le fond du poêle avec ma main droite. D'une certaine manière, ils étaient très surpris de le voir là. Ils ont laissé entendre que je l'avais mis là, et ils n'ont pas compris pourquoi j'avais fait cela. Pendant que je me tais, mon frère a embrassé la radio cassée et s'est assis sur le canapé derrière moi. Il se débat, mais en vain. Allah savait qu'il serait en colère contre moi si ça ne marchait pas. Il a cliqué sur quelques boutons, et a commencé à tourner le bouton lentement.
À ce moment, ma mère a crié : « Arrête ! C'est bon. »
J'ai regardé ma mère avec des yeux écarquillés. Elle accompagnait une chanson que je n'avais pas entendue. Mon père a crié à ce moment-là:
« Fermez cette musique ! Ouvrez les nouvelles ! »
La radio marchait, mais je ne pouvais pas l'entendre. J'ai écouté attentivement, mais je n'entendais toujours rien. À ce moment-là, j'ai entendu une femme crier de l'appartement voisin.
« N'est-ce pas Aysel ?" J'ai demandé à ma mère. « Pourquoi son mari la bat-il encore ? »
Ma mère me regardait avec la bouche pleine et les yeux vides. Que s'est-il passé ? demanda-t-elle. Elle ne l'a pas entendue.
Quand il est temps d'aller au lit, mes rêves étreignent le clair de lune, qui est mon seul espoir dans l'obscurité, dans le salon où je dors tout seul. Parfois, je vais à la fenêtre pour le voir de près. Puis je vois ces gens. Dans ce temps glacial, s'ils ne pensent pas à eux-mêmes, ils devraient au moins avoir pitié des petits enfants qui sont à côté d'eux. Ces oncles et tantes, qui portent des manteaux fins et des chaussettes de laine sous leurs chaussures en plastique, devraient avoir pitié de moi. Les gens ! Ces gens seront mes fous !
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Tarek Bou Omar · il y a
Bonsoir Fırat, je vous soutiens avec mes 5 voix :).
Si vous avez un peu de temps, je vous invite à découvrir mon texte en compétition pour le Prix des jeunes écritures : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/le-soleil-s-eteint-sur-mon-destin-1?all-comments=1#fos_comment_comment_body_4242995. Bonne continuation :).

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Fırat Öztürk · il y a
Cette histoire est à propos d'un garçon agoraphopique qui est soumis à des violences psychologiques par sa propre famille dans la technique du gaslighting.
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Fodé Camara · il y a
Bravo Firat ! Merveilleux texte. Vous avez mes 5 voix.
Je vous invite à découvrir mon texte et le soutenir si vous avez le temps 👇👇
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/lerrance-spirituelle-1

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Ralf Dieudonné Jn Mary · il y a
Bravo Firat! Toutes mes étoiles! Je vous invite aussi à aimer mon oeuvre en lice pour le prix des jeunes écritures:https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/j-ai-sauve-l-humanite
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Ozias Eleke · il y a
Très beau texte Firat. Vous avez mes voix. Votez aussi pour mon texte https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/homme-tas-le-bonjour-dalfred
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Mısra Arslan · il y a
J'aime ton écriture, c'est vraiment bien. bonne chance. :)
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Batuhan Bartın · il y a
Félicitations Fırat, votre façon d'écrire est vraiment captivante et absorbante. J'y ai pris beaucoup de plaisir. Bonne chance.
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Gul Shn · il y a
Bravo, bon courage Firat!
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Oriole Lekeugo · il y a
Bravo, beau texte. J'ai aimé, vous avez ma voix. Je vous invite à jeter un coup d'oeil à mon texte : Une vie minable" en cliquant sur mon nom