Langue franco-belge

il y a
3 min
40
lectures
6
Ma famille et moi, nous habitons à Lille. Vous savez bien que Lille est une ville qui se trouve non loin de la frontière belge. Je pense que pas plus de 20 km. Ma mère est d’origine française mais mon père est belge. Il y a 20 ans il a déménagé en France où il a rencontré ma mère.
Bref, mon père est belge et mes grands-parents à la ligne paternelle sont belges. De temps en temps nous allons voir nos grands-parents en Belgique mais cette fois ils sont arrivés chez nous parce que nous allions fêter l’anniversaire de ma mère et elle a décidé de les inviter pour réunir toute la famille à la table français.

Je dois dire, que comme mes grands-parents sont d’origine belge ils utilisent beaucoup d’expressions spéciales qui n’appliquent pas en français. Je suis déjà habitué à ces différences mais mon frère cadet se moque des phrases étranges. Ce n’est pas trop poli et mes parents l'arrêtent quand il commence à ricaner.

Donc, mes grands-parents sont venus nous voir trois jours d'avant l’anniversaire de ma mère. Ils sont arrivés en voiture et ont apporté des cadeaux pour mon frère et moi. C’était chouette! Mon frère a reçu en cadeau un bolide à pédales que mon grand-père appelait le cuissetax. Le frère a dit merci et a ajouté que ce mot ressemblait à la cuisse d'une grenouille mais ma mère s'est froncée et il a immédiatement fermé sa bouche. Alors, il est monté dans sa voiture et puis il est parti en toute hâte dans le jardin.

Moi, je suis devenu un propriétaire heureux de fléchettes. Mon papi m’a dit qu’en Belgique ce truc s’appelait le jeu au vogelpick. Le vogelpick! C’était un mot bizarre et je dirais qu'il était en peu rugueux, mais mon père m’a expliqué que c’était un mot flamand et que pour les belges qui habitaient côte à côte avec les flamands ce mot était assez familier depuis longtemps . Eh bien le vogelpick donc le vogelpick. Cela m’était égal.
J’ai ouvert le carton où se trouvait le jouet, puis je l'ai tiré en admirant les nouvelles fléchettes.
J’ai couru dans le jardin pour accrocher mon cadeau au mur de la grange qui se trouvait au fond du jardin. Dans le jardin j'ai vu mon frère qui faisait son rallye. Il était très heureux. 

Je veux vous dire que mon grand-père ne peut pas vivre sans journaux quotidiens. Je ne comprends pas pourquoi il n’aime pas lire les actus sur Internet mais il préfère acheter des magazines et des journaux dans le kiosque le plus proche qu’il appelle l’aubette à la manière belge. Mon père dit que c’est une tradition qu'il la suit depuis longtemps. Il est assez têtu, mon grand-père. Ce jour-là mon papi est allé au kiosque au coin de notre rue et au moment où il est rentré chez nous, une averse a éclaté. J’ai dit qu’il pleuvait “des cordes”, mais mon grand-père m’a répondu qu'il préfèrait le mot "dracher".

Qu'est-ce que c'est - "des cordes", on ne parle pas de guitare, murmurait-t-il. Oui, mon grand-père aime parfois grommeler mais c’est un homme de cœur gentil. Ce jour-là, il a remarqué un zinneke (c’était un petit chien sans race) qui se cachait de la pluie sous un auvent. Il l'a sifflé et le chien est allé à côté de lui comme un ami fidèle. Le grand-père l’a amené chez nous et ma mère lui a donné un bol de soupe qui est resté après le dîner d’hier. Je voulais dire “déjeuner” mais dans la tradition belge d'utiliser le mot “déjeuner” au lieu du “dîner”. Oui, c’est comme cela, mais je suis déjà habitué à ces casse-têtes.

Mon grand-père est entré dans la maison et a demandé à ma mère où était son petit-fils cadet. Elle a répondu qu’il était dans le jardin où il faisait son bolide. Le grand-père a souri et a ajouté que son petit-fils était une vraie jouette avec sa nouvelle voiture. Je dois vous traduire ce mot du français belge - mon frère ne pense qu'au jeu.

Entre-temps l'heure du dîner de fête est venue. Je savais que ma grand-mère et ma mère étaient douées pour cuisiner de bons plats, mais cette fois, elles se sont surpassées. Comme hors-d'œuvre il y avait des pistolets avec du pâté. Le Pistolet dans la cuisine belge est un petit pain rond salé. Le file américain (c’est le steak tartare en France) et du pain de veau (c’est de la viande mais cette fois de la viande de veau hachée et cuite au four) étaient des plats principaux.
De plus, ma grand-mère a préparé le waterzoi pour mon père parce qu'elle savait bien qu'il aimait beaucoup ce plat. Le waterzoi! Connaissez-vous ce magnifique mot? Non? Ça doit être expliqué.
Le waterzoi est une soupe traditionnelle des Flandres.

L'ingrédient principal est la viande ou le poisson avec beaucoup de légumes. À première vue, c'est un plat facile mais il y  a un petit secret. Les cuisiniers belges ajoutent des jaunes d'œufs fouettés à la crème au bouillon. C'est quelque chose de magnifique et je comprends parfaitement pourquoi mon père adore le waterzoi.

Mon frère et moi, nous aimons la viande, mais nous aimons beaucoup plus les bonbons et les pâtisseries et je dirais que c’était une véritable fête non seulement pour nos parents mais pour nous aussi. Des gozettes (c'étaient des chaussons aux pommes), des crauquelins (ce étaient des brioches au lait et au sucre) et bien sûr des couques suisses (ah, les suisses en Belgique!). Je les adorait !
Une grande bombance franco-belge nous attendait !

Enfin ma mère nous a appelés: -“À table!”
Nous avons répondu à haute voix : -“Nous arrivons!” et la fête a commencé.
6

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,