L'amour avec un grand A

il y a
2 min
22
lectures
6
Bonjour à tous.

Je suis content de vous voir tous ici, réunis à l’insu de Madeleine. Le secret a été bien gardé et nous sommes heureux aujourd’hui de fêter ensemble nos soixante dix ans d’amour. Je dis bien d’amour. Nous nous sommes rencontrés au bal de la St Sylvestre le 31 décembre 1948. Madeleine était là sous la garde de son frère qui prenait son rôle au sérieux. Peu importe. Nous valsions, dans la salle des fêtes lorsque l’orchestre s’est tut et que le maire a lancé : embrassez vos cavalières. C’est ce que j’ai fait il y a exactement 70 ans. Nous nous embrassions pour la première fois, sur les joues bien entendu. Puis nous avons continué de danser ensemble le premier jour de la nouvelle année et avant de nous quitter nous nous sommes donné rendez vous pour le dimanche suivant, où pour la première fois nous avons effeuillé la marguerite. Était-ce un présage ? Le dernier pétale s’arrêtait toujours sur Beaucoup ou Passionnément, jamais sur pas du tout. En avons nous effeuillées des marguerites, le résultat était toujours le même Puis ça a été la séparation, mon service militaire effectué en Tunisie.
Nous nous écrivions des lettres enflammées. Pratiquement une par jour, de la folie. Mon amie Mick Micheyl a écrit plus tard, : Je t’aime encore plus quand tu n’es pas là, car je peux rêver de toi. Oh ! combien c’est vrai !
A mon retour, nous avions dix neuf et vingt et un ans, très épris, nous nous sommes mariés, et ça fait soixante dix ans que ça dure. Se disputer ? Interdit. Quand l’un haussait le ton, l’autre mettait son index à la verticale sur ses lèvres, nous riions et allions régler nos comptes sous les draps.
Très souvent lorsque nous nous croisions, nos lèvres se rencontraient, et c’est encore d’actualité.
Trois enfants sont nés, trois amours, fruits de notre, de nos amours devrais-dire. Et nous sommes fiers de voir qu’aucun n’a divorcé. Notre passage sur terre va se terminer, peu importe, nous nous sommes tellement aimés.
A moi de parler dit Madeleine. Oui, quand l’un haussait le ton, le différent se réglait sous ou sur les draps. Je ne lui ai jamais dit, mais j’ai souvent haussé la ton exprès. Aujourd’hui, je ne le hausse plus, ça servirait à rien. Rires...
Ça servirait à rien ? Oh ! Que si, rentre à la maison...tu verras, mais ce sera en playback je te préviens ! Rires !
Prenant la parole, l’aîné des enfants, au nom de son frère et de sa sœur déclara : Non, aucun de nous n’a divorcé, et chez nos enfants non plus. Tous nous vous avons vu tellement vous aimer, nous avons été élevés avec tant d’amour, que nous étions et sommes toujours obligés de vous imiter, Je...
Tout le monde à sa place, voilà le serveur qui apporte l’apéro mes enfants. Toi le grand je sais que tu vas déguster ton Whisky avec amour aussi..
6

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,