L'âme perdue

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Elle se réveilla au cœur d’une forêt noire, sombre et profonde, dévoré par les ténèbres, rien autour d’elle, seulement le hurlement du silence. Seul, sans rien ni personne, le néant, voilà ce qui résumait ce sinistre personnage dans un décor de fin du monde. Seul avec sa conscience, un cœur en peine qui cherche une raison de se battre, qui cherche le double. Celui qui ne peut être convaincu par les discours mais seulement par l’action. Recroquevillé, les genoux serrés contre son thorax, sa tête apitoyée. C’est une âme perdue.
Les tréfonds de la terre l’environnent, le tartare n’est pas loin, mais c’est elle qui décidera, remonter ou descendre encore profondément ? C’est un croisement qui s’ouvre devant ses yeux, dissimulés par l’épaisse et dense méandre de son esprit, la forêt noire qui ne révélera le croisement seulement quand l’âme se retrouvera, quand celle-ci aura fini ses questionnements et trouvera la voie de la paix.
Est-ce qu’il faut se résigner à une fin prématurée ? Continuer les dégâts qui nous brisent peu à peu ou cesser ? Tenter de reconstruire ou se laisser sombrer ? L’âme perdue ne trouvait pas de réponses à ces questions.
Le hululement d’une chouette au loin la réveilla de la torpeur, elle étendit ses jambes ; la lune qui laissait passer au cœur des feuillages un mince filet de lumière éclaira deux frêles chevilles. Elle tenta de se lever sans succès, tenta de crier sans que aucun son ne put sortir de sa bouche tandis que le silence répondait avec écho à ce cri muet.
Elle pensait à sa vie d’avant, à ses rencontres, à ses discussions, à ses espoirs, à ses rêves qu’elle avait placée dans cette relation sans qu’elle n’en récolte les fruits. Elle n’avait récoltée que la misère, la tristesse et la solitude, avait échoué sur des plages abandonnées sans trace de vie, sans palmiers, sans noix de coco, sans eaux bleu azur. Seulement les ténèbres se reflétant sur une masse sombre à perte de vue sans qu’aucun échappatoire n’apparaisse à ses yeux.
L’âme en peine, elle s’était engouffrée dans les méandres de la forêt, au cœur de la monotonie du silence, pas un seul bruissement sur son passage, elle était devenue invisible dans ce décor de film d’horreur.
L’âme fatiguée, elle était tombée dans la forêt, au cœur de la mousse et des chênes, au pied d’un sol pleureur. Toujours aucun bruit, seul le fracas du silence. Elle ne se relevait pas, ses jambes ne voulaient plus suivre, elle était brouillée, au cœur de l’indécision, le cœur noyé dans les larmes, fendu par la hache de la trahison.
Son monde s’était écroulé devant elle, ses repères avaient disparues, son âme était brisé. Elle s’accrocha de toutes ses forces restantes au sol pleureur, s’unissant avec lui dans une fusion macabre.
De cette fusion naquit un bruit qui engloba la forêt noire, par cet âme qui n’avait su retrouver son chemin, perdue dans l’entre-deux par la douleur et l’amour brisé. Ce bruit, c’est celui des larmes coulant, glissant, sur le sol au pied de l’arbre et qui avec le temps ont formé un lac autour de celui-ci, érigeant une barrière pour accéder à ce cœur brisé, à cette âme perdue, qui attend qu’on la délivre pour la guider vers la lumière.
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