L'absence

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Des mots aux traits... Bienvenue dans mon monde étrange ! Pour voir quelques illustrations : @spacedementica (Instagram)  [+]

Image de Hiver 2019

Je n’ai rien de particulier. On m’a parfois dit que j’étais belle, pas souvent. On m’a peut être vraiment aimée, je ne m'en souviens plus. Je ne veux pas m'en souvenir. Aujourd'hui, je ne suis la « belle » de personne et la « chérie » d’aucun. Je me cache derrière du cynisme, de la dérision et un certain sens du sarcasme que souvent personne ne comprend. Et aussi derrière ma longue frange brune qui couvre presque mes yeux, ces yeux qui parlent malgré moi et que je ne sais pas faire taire. J’ai un grain de beauté sur mon épaule gauche et je crois que c'est toi qui l'a vu pour la dernière fois.

Je me réveille cette nuit, le souffle court et le corps chaud, comme si j'avais dormi trop près d'un autre corps. Pourtant il n'y a personne. Comme la nuit dernière. Et la nuit d'avant. Et comme demain. Et le jour d'après. Pas de jambes qui prennent toute la place, pas de couverture à tirer vers soi, pas de ronflement perturbateur de mon sommeil agité. Mon lit est sage, comme ma vie. Mon lit est triste, comme ma vie. Se souvient-il aussi intensément que moi des corps a corps enfiévrés, des mots d'amour, du calme après la tempête et avant l'ouragan, des gémissements de plaisir, de ta peau, de ton odeur ?
Je suis seule dans ce lit, et pourtant l'absence – ton absence – prend toute la place. Nuits et jours se succèdent, les réveils sont les mêmes, les crépuscules aussi et les minuits se ressemblent tous. Je me mets à haïr le temps qui m'impose sa cadence, tant j'ai envie qu'il soit rempli de choses avec toi.

Une fois encore, je vais égrainer les secondes, les minutes, les heures.
Demain, je me sentirai à nouveau à l'étroit dans une vie où tu n'es pas. Mais demain n'est pas là, et je rêve à ces moments où le temps est suspendu, où tu es là près de moi...

Je rêve à du temps pour que tu m'aimes, pour que l'on s'aime, pour que tu me regardes, pour que tu me comprennes. Je respire et je regrette que mon air ne se mélange pas au tien, j'ouvre les yeux et je ne vois pas la même chose que toi, je mords mes lèvres de ne pouvoir embrasser les tiennes, mon corps se tord de n'être pas caressé par tes mains.

Alors je me contente de respirer. Je prends le temps de ne pas vivre auprès de toi, je tente de repérer les indices de la fin de ton absence dans les mots que tu m'écris. Je tente de faire confiance au temps, je suis capable de supporter cette frustration car je t'aime plus que moi-même.

Le réveil va sonner la naissance d'une nouvelle journée que je vais vivre à moitié. L'autre moitié de moi est partie avec toi. Ou végète quelque part, là où tu l'as laissée.

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