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La vie d'un xénomorphe; Chapitre 2 : L'éclosion.

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Une chaleur réconfortante et protectrice m'entourait. Je semblais flotter comme dans un liquide qui me gardait en vie. J'ignorais où je me trouvais; il faisait tout noir autour de moi. Je ne voyais presque rien. Je devinais cependant que l'espace autour de moi était restreint. Divers objets mous gênaient et entravaient mes mouvements. Des sons me parvenaient cependant, semblables à des pulsassions. Des battements de cœur. Une douce respiration se fit sentir le long de quelques uns de ces objets organiques. Mon cocon semblait vivant, de toute évidence...
Mon attention fut cependant attirée par autre chose. Je sentais quelque chose me parvenir. Il sembla s'agir d'une source de nourriture. Je ne le savais pas; mon instinct me le disait. Celui-ci me prévenait également que je devais me nourrir, et rapidement. Je saisissais donc l'occasion de pouvoir absorber ces précieux nutriments. Mais ça ne suffisait pas; il m'en fallait plus, encore plus ! De nouveaux aliments arrivaient jusqu'à moi. Je m'empressais de les avaler. Je ressentais ce besoin envahissant de nourrir mon être.

Le temps aurait pu me paraître long, mais je n'en avais pas conscience. Cela n'avait pas la moindre importance pour moi. Je me contentais de me nourrir de ce que mon hôte m'envoyait, ainsi que de dormir. Ces simples occupations prônaient sur tout le reste, car elles m'étaient primordiales. Tout ceci était des directives auxquelles j'obéissais. Je ne savais pas pourquoi, mais je le faisais. Et je ne me préoccupais nullement de la façon ou de la raison de mon existence. Je ne pouvais m'empêcher de me laisser guider par cette conscience supérieure qui semblait m'indiquer quoi faire.
Celle-ci me faisait à présent savoir qu'il était temps de m'extirper de mon cocon. Ce fut à ce moment précis qu'un électrisant besoin s'empara de moi. Je devais émerger, éclore !
Il me fallait m'extirper de cet endroit. Je commençais à ramper et à me hisser à travers les cavités qui m'entouraient afin de chercher une ouverture. Mais aucune ne se présentait à moi. Il me fallait donc me frayer un passage à travers ce cocon. Le besoin de sortir d'ici se faisait de plus en plus fort à chaque instant; il ne fallait pas attendre.
Je me plaçais alors à un endroit. J'assenais un premier coup maladroitement. Les battements de cœur de mon hôte s'accélérèrent. Un deuxième coup, cette fois ci plus précis, et l'agitation prit alors de l'ampleur pour cet être qui m'abritait. Je sentais la panique s'emparer de lui. Je lui infligeais ensuite un troisième coup, bien plus puissant. Les parois osseuses craquaient sous mes assauts répétés; j'entendais des hurlements provenant de l'extérieur. Je ne m'arrêtais pas de perforer et de mordre la chair qui me retenait prisonnier.
Puis, au bout d'une lutte acharnée, je parvenais enfin à me déloger ! Mon hôte ne bougeait plus, comme mort. Je sentais son sang me recouvrir et couler le long de mon corps encore vulnérable. Une lumière éblouissante saturait ma vision. Sous celle-ci, je poussais mon premier cri : celui de ma naissance. Mon éclosion !
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