La tétanbrumée

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Pour éviter de tomber dans ces fatigantes hallucinations. Je garde mes paupières ouvertes. Tenant avec des cure-dents. Debout le long du mur. Observant les vagues jaunes et bleues émanant de  [+]

Dans la tête du fumeur s'étire des routes sans distance, les tissus internes de ses désirs s'assèchent, tandis que d'acides brouillards dansent sur les vitres. Des déchirures de tissu sonnent en écho dans les labyrinthiques tracés de chair auditive. Ce sont les pas du tabac aux semelles tachés qui craquelle sa pensée. Il y a derrière ses paupières vitrifiés des creux de rivières asséchés, la soif souffle sur les écailles pâles de sa langue usée. Le fumeur place une selle de cuir sur un cerf de Glenfiddich, celui-ci râpe ses bois sur le parking cimenté des institutions. Si l'on daigne prêter l'oreille on peut entendre des gémissements plaintifs et peureux émaner à la manière d'un pet étouffé. Ces pets sans saveur sont les rouages plastifiés de gigantesques machines en buvard. Des mares de bave noirâtres émergent des murs de carton. Le cavalier tape des talons sur le flan de la bête aux bois. Clopin-clopant les sabots traînent sur le sol, clope sur clope, les poumons s'étreignent dans un gargouillement d'évier.
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