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La tentation des précipices

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Ses semelles usées sur les chemins incommodes lui avaient fait cent fois écrire l’épilogue des lendemains réprouvés. Rebrousser chemin n’était plus une possibilité. Son orgueil avait parlé avant lui et l’avait alors jeté tout entier dans son habit neuf de capitaine. Fort d’une indispensable innocence il avait pris les flots et s’initiait à écoper.

Sous l’ombre paternelle il fit naître ses enfants de cœur pour creuser de concert le même sillon. Ensemble, ils défiaient l’ennui et moquaient les outrages des saisons en cascade.

Aussi, ils contemplaient l’envol des amours essentielles. Au crépuscule de sa destinée revint alors la tentation des précipices.

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Sylvie Franceus · il y a
Le format court a l'avantage de concentrer les idées et votre talent. Le très très court est, pour cela, encore plus utile et fait de votre texte une performance absolument rare. Il commence par une fin et cela est très remarquable. Il faut s'arrêter ici un instant. Prenons le temps qui ne fuira pas parce que sa volatilité fait elle aussi une petite pause. Elle est notre complice qui permet la lecture lente de vos mots. Choisissons la lenteur. Prenons le temps de comprendre la réprobation des jours à venir dans une sorte de conclusion qui met un point quasi final à la reculade. Il s'agit maintenant d'avancer et de troquer les tatanes éculées et les vestons râpés pour du cuir encore raide et des uniformes amidonnés et pliés selon la ligne qui est le repère absolu. Les chaussures, on les cire chaque matin en crachant dessus pour que ça brille et la jauge est celle ci : se voir dedans comme dans un miroir. Le pantalon dort entre le sommier et le matelas et le matin, il est le premier prélevé et si bien traité qu'on dirait un enfant de la chorale des précautions. Le pantalon suit le pli rectiligne et devant placé. Il est enfilé avec le bas replié sur le haut pour ne pas faire traîner la matière fibreuse sur le sol pourtant impeccablement propre. Le doigt sur le pli et la rayure latérale est un adage transmis de génération en génération et il est le gage de la discipline bienfaitrice pour une vie supposée meilleure. Puis vient l'ombre paternelle qui n'augure pas que du bon mais elle fait naître des émotions et ici, j'imagine de suite le lait paternel qui coule et qui allaite le petit bec avide et impatient. La complicité vient de sortir de sa coquille et ne cessera jamais. Elle est fixée dans les gènes et les pupilles teintées de la même couleur. L'hérédité est déjà en habit des héritages corporels et émotifs. Reste le trouble et le pire qui n'a jamais cessé de roder et le ravin est profond et le trou béant et le soir déjà revenu.... bime.... trop tard !
Merci oui merci à vous

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De l'encre sur les doigts · il y a
Vous avez l'analyse fine, l'imagination sautillante et la plume souple. Aussi, le don de faire de mes très très courts, des courts endimanchés. Merci.
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Sylvie Franceus · il y a
Mais je me demande si mon commentaire n'est pas plus long que ton texte ce qui est... ridicule.... je suis désolée... et c'est moi qui te remercie
sylvie

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Evadailleurs · il y a
Un style intéressant, mais ce texte demande une suite ...
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De l'encre sur les doigts · il y a
Oui ce n'était qu'une ébauche timide.
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