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149 voix

En compétition

Le réveil sonne
Quelle heure est-il, un peu plus de 6 heures. Je me tourne et je te vois. Tu es là, tu dors encore.
Ta respiration est calme et ton corps se soulève lentement au rythme de chacune de tes inspirations. Tu dors sans soucis, d’un sommeil profond et heureux.
Il faut que je me lève, que je me lave.
Il faut que je m’habille et que j’avale mon café.
Je dois trouver les mots, là tout au fond de mon estomac. Là où se trouve le courage que je n’ai pas au fond du cœur.

Je dois te dire au revoir. Mais je ne sais pas comment faire.
Tu as pris tout l’espace, toute mon énergie, tout mon amour.
Tu es là, exigeant, plein de tendresse, mettant mon cœur en détresse.
Il faut que je trouve le courage. Il faut que je te dise au revoir.
Ne pas faire de bruit en sortant du lit, ne pas te réveiller.
Je trouverai le courage tout à l’heure, quand nous serons partis nous promener.

Je te regarderai droit dans les yeux et je t’expliquerai. Non, bien sûr je t’aime toujours.
Bien sûr, tu es pour moi l’unique et le seul.
Mais il faut que je respire et que je prenne du temps.
Du temps pour moi, du temps pour être jolie, du temps pour rencontrer d’autres gens.
Il faut que je te laisse un peu.
La séparation ne sera pas longue, juste quelques jours, quelques semaines...

Au début tout était si beau, si harmonieux.

Et puis tu as pris de plus en plus de place, de plus en plus d’espace. Un espace libre qui n’attendait que toi pour le remplir, pour l’embellir. Au début je ne me suis pas rendu compte, tout à mon bonheur nouveau, je n’ai rien vu arrivé. Et puis, toi et moi nous étions bien. Nous nous comprenions.
Je n’ai pas remarqué que mes amis s’éloignaient. Je n’ai pas vu qu’ils commençaient à en avoir assez.
Je ne parlais que de toi, je ne vivais que pour toi. J’en suis devenu idiote, comme si ma vie ne dépendait que de toi, ne pouvait se régler que sur la tienne. Était-elle si vide d’amour et de tendresse pour que je te laisse prendre à ce point la place ?

Mais là, c’est fini. Je vais te laisser.
Ne t’inquiète pas, j’ai tout prévu. Tu ne seras pas malheureux.
Je me décide enfin à sortir du lit. Un peu trop vite, en faisant un peu trop de bruit.
Tu sursautes, tu tournes la tête et tu me regardes.
Tes yeux encore embués par le sommeil. Non, je ne peux pas soutenir ton regard.
Je sens que le courage me quitte...
Et tout à coup la colère monte, le ras le bol, le trop plein cumulé depuis des mois.

Je crie, je suis debout devant le lit et les mots sortent, portés par un hurlement.
« Dehors ! Je n’en peux plus de toi ! »
Tu es là, tu ne comprends pas...
Je voudrais ne pas aller plus loin mais je ne peux pas. Je voudrais que les mots blessants ne sortent pas. Ne rebondissent pas contre les murs de cette pièce où ils feront encore longtemps échos quand tout sera fini, consumé.
« Tu m’étouffes. Tu as pris toute la place dans ma vie ! »
Je sens l’incompréhension dans ton regard. Tu inclines la tête comme si tu cherchais quelque part au-delà de moi et des mots une raison, une explication rationnelle à tout ça.
Mais il n’y en a pas. Je t’ai laissé rentrer dans ma vie et l’accaparer et maintenant je fais machine arrière.
Je tourne la tête pour prendre une inspiration profonde, apaisante. Je tends la main vers toi... Je me sens lasse, vidée. J’ai l’impression d’avoir livré bataille, même si c’est un combat où il n’y a ni vainqueur, ni vaincu malgré les apparences.
Je ne peux plus revenir en arrière. Je sais que cela n’est plus possible. Que cela n’aura pas lieu. Et même si je sens la tristesse ramper vers moi tel un brouillard poisseux, je ne changerai pas d’avis. Je ne peux pas et je ne veux pas. Il m’a fallu trop de temps et d’énergie pour y arriver.

Je pense à la vie que je vais avoir sans toi, je n’arrive même pas à en être heureuse mais je sais que « nous » n’est plus possible.

Alors, à nouveau je respire à fond, comme si je m’apprêtais à plonger dans les profondeurs d’un lac, et je me décide à me tourner lentement vers toi. A te regarder droit dans les yeux pour mettre un terme à tout cela.


Ne t’inquiète pas, j’ai tout prévu... tu ne seras pas malheureux je te le promets.
Allez, descend du lit. Sois gentil.
Tu cales ta truffe humide dans ma paume. Je sens ta respiration chaude à l’intérieur de ma main. Allez, sois gentil, descend maintenant.
Une patte après l’autre tu touches le sol.
— J’ai préparé toutes tes affaires.
— Waouf ?
— Maman, va venir te chercher... tu seras mieux là-bas... ils ont un grand jardin...
Et puis on se verra à chaque fois que je passerai le week-end chez eux. Ce n’est pas comme si je t’abandonnais complètement.
Voilà, c’est dit. Je me dirige vers la salle de bain. J’ouvre le robinet et l’eau de la douche comme à couler sur moi. Sur mon visage l’eau chaude du pommeau se mélange à l’eau de mes larmes. Je sortirai tout à l’heure et tu ne sauras pas que j’ai pleuré...

PRIX

Image de Hiver 2019

En compétition

149 VOIX

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Eric Françonnet · il y a
Voilà mes voix***** : j'avais oublié cette modeste offrande hier…
Bonne continuation et passez par chez moi si ce n'est pas déjà fait.
Eric

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Pamela Hayek · il y a
C'est assez interessant et original. La chute totalement inattendue. Pourtant, l'idee de l'amour qui a besoin de respirer m'a beaucoup plus touchée que la chute. Changement de registre tout à fait inattendu. Je vous invite à lire ma nouvelle "le poète"
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Plumette · il y a
Très beau texte !
Je vous invite à soutenir mon poème ou mon texte (ou les deux si le cœur vous en dit !)
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/amour-im-possible
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/avenir-oublie

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Camaru · il y a
Prise au dépourvue quand le chute fut venue mais un brin amusée, d'avoir été dupée.... Bravo !
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Romane González · il y a
J'ai aimé parce que vous écrivez bien, on se laisse prendre à l'histoire. Mais j'ai déjà lu beaucoup de récits construits sur ce même principe.
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Schmetterling · il y a
Super... On sent qu'on va se faire entuber... Mais on ne sait pas comment. Mes 5 voix !
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JACB · il y a
Moi, je n'aurais pas pu !!!!
Si ce n'est déjà fait je vous invite à lire "la femme est l'avenir de l'homme " sur ma page, merci.

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Benjamin Sibille · il y a
prévisible mais très bien exécuté; mes voix: et une tendresse émouvante à la fin pour tous les amis des animaux

si vous voulez passer pour de la tragédie sans tragique https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/le-dernier-discours-dun-condamne

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Ginette Vijaya · il y a
J'ai adoré cette tendresse qui vous broie le Coeur . Et je me demandais qui avait bien pu s'emparer ainsi de votre coeur . ! Je n'ai pas pensé que c'était un gentil petit chien et la surprise a été totale .
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Clémence Gnintedem · il y a
Séparation mais pas abandon👌 ; mes voix
Merci de découvrir mon texte en compétition
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/amour-ou-raison

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