La Seconde guerre Matinale

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Hey ! ^^ Je m'appelle Gabrielle et j'essaie de par ma passion de l'écriture de mettre des mots sur les rêveries et les nuages dans lesquels ma tête repose constamment. Merci de jeter un oeil ici ^^  [+]

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''qu'un café brun abreuve nos sillons''

Je suis Lucie de Gaulle

Quand mon réveil sonna, mon sommeil se mua en fatigue incontrôlable. Elle semblait donner une conscience à mes membres, notamment à mes paupières qui refusaient en larmoyant de me laisser voir le monde. Non, Lucie, semblaient-elles dire, ne fais pas ça ! Mais je pris mon courage à deux mains et abattit mon poing sur le réveil-matin, les yeux à découverts.
Le ''dehors de la couverture'' avait ce quelque chose d'impressionnant. Froid, hostile et pourtant intriguant. Ce matin, je décidai de ne pas me laisser envahir par mon désir de rester en sécurité en zone chaude. Les temps étaient durs, il fallait des gens valeureux pour sauver le pays. C'était parti pour une journée à laquelle j'accordais courageusement mon attention et mes efforts. En espérant qu'elle me soit reconnaissante...
Pour me réchauffer de cette déclaration de guerre matinale, je pris un café, un autre, puis un autre, encore un autre et enfin un dernier. Un dernier pour la route, m'étais-je dis. Car elle n'allait pas être si simple, cette route vers le collège.

Mon gros sac sur le dos, mes écouteurs dans les oreilles et mes fesses sur un strapontin défoncé, le bus m'emmena sur le front. À mes côtés, des camarades, visages hagards, de l'encre sur les mains et du dentifrice aux coins des lèvres. Je me risquai à regarder par la fenêtre. Des gravillons sur le béton sale, des gens dans les rues en rangs droits vers le métro comme un flot, des chiens en laisse qui grognaient ou geignaient, des enfants calmement pleurnichards comme une malheureuse habitude, des arbres perçants les pavés les branches fatiguées, des flaques s'étalant sur les trottoirs et moi étouffant dans ce bus, sur cette route.
Je m'imaginai soudain les grains de mon café de ce matin comme un idéal de paix. Tous ensemble et forts dans le même paquet, prêts à réveiller la France. Fiers.
Mes mains se mirent à trembler et mes yeux à papillonner autour de moi. La caféine parcourut mon corps, de mon estomac à mon cerveau. Le désir de liberté du kawa ressurgit en moi comme un appel à la Libération !
Je me surpris à bondir sur mes pieds et à solliciter mon arrêt immédiat au conducteur. Je descendis en courant sur cette route grise et froide, les bras ballants puis organisés pour une action dynamique et puissante. Les muscles dont la nature m'avaient fait don allaient servir à ma fuite.


Monsieur le Directeur,

Je ne m'en suis pas allée déserter le front et c'est pourquoi je vous conjure d'écarter de vous l'idée de me punir pour mon comportement, qui, je le consens, n'était pas très intelligent et a, je le sens, tâcher à la belle image studieuse de votre établissement que vous vous efforcez de diriger de votre main qui tient la lettre que je vous écris en ce moment même, toute coupable, honteuse et gênée que je suis.


Ils m'avaient rattrapée après quelques heures... Un coup de téléphone du front avait suffi à ma mère pour me forcer à y retourner. Collabo...
Les piques sur les grilles du collège Antoine de Saint Exupéry, ses professeurs, surveillants et administrateurs...
Les ennemis étaient haineux et je n'avais jamais vu le directeur aussi sadique qu'en ce jour. Était-ce cette expression qu'il arborait avant de plonger ses élèves dans l'ennui ? Sa moustache serrée et sa frange ne l'arrangeaient guère.
Mais mon expérience ne m'avait pas rendue pitoyable, non. Je n'avais pas besoin de tous ces regards. Sur les routes que j'avais parcourues de mes propres pieds sous l'emprise de l'adrénaline et du désir de liberté ( avec une nuance de caféine ), j'ai découvert des choses merveilleuses.

Je réussis à me brandir sur l'estrade et à me montrer aux yeux de mes chers camarades sur le no man's land de la récréation. Je me destinais à réveiller les consciences des deux fronts.

« J'appelle tous ceux qui, comme moi, rêvent grand, rêvent fuite, rêvent route, rêvent café. Les ''chefs'' des élèves qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées lycéennes, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, nous alléguant la défaite face aux professeurs, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat dit ''inutile''.
À tous ceux qui, comme moi, rêvent d'un lycée libre, d'un lycée sans embûche et sans ennui, à tout les élèves courageux et volontaires, à tout les élèves du lycée Antoine de Saint Exupéry, levez-vous ! Rejoignez-moi pour la Libération des salles de classe ! Pour un lycée libre ! Pour des élèves épanouis ! Pour que la route vers le lycée ne soit pas douloureuse ! Pour la route qui en sortira et nous guidera vers notre propre chemin soit bien construite et forte !
Nous aurons besoin de tout les élèves doués de leurs esprits pour trouver des solutions, nous aurons besoin de tout les élèves doués d'humour, de talent, d'inventivité, de réactivité, de réflexion, de désirs !
Il ne tient qu'à vous de changer les choses, ensemble nous le pouvons. Je suis déléguée de classe depuis mes plus jeunes années. Mon expérience du dedans et du dehors nous aidera à avancer. Je compte sur vous pour former une résistance. Nous serons le nouveau lycée, le lycée libre !
Moi, Lucie, actuellement absente suite à une exclusion de 8 jours pour exploration hors du front, j'invite tout les élèves du lycée Antoine de Saint Exupéry à me rejoindre ! Nous avons besoin de vous tous pour un lycée libre !
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance lycéenne ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je serai votre déléguée, guidant votre route vers une jeunesse libérée ! »

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RAC · il y a
Une belle ode à la connaissance et l'épanouissement, bravo !
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Keith Simmonds · il y a
Bravo pour ce titre original et une histoire qui donne envie de lire advantage! Bien écrit aussi , ce récit!
Mon vote! Mes deux œuvres, BAL POPULAIRE et ÉTÉ EN FLAMMES , sont en lice
pour le Grand Prix Été 2016. Je vous invite à venir les soutenir si le cœur
vous en dit, merci! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/bal-populaire
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ete-en-flammes

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Loutze · il y a
Génial , j'ai adoré, au début je croyais que tu parlais vraiment de la guerre puis quand j'ai compris j'ai rigolé et j'ai été captivé, j'imaginais parfaitement ta lucie au milieu de la cour scandant son petit discours, mieux je m'imaginais moi. Un point de vue et une facon de raconter très interessant, super texte ! Viens voir mes oeuvres si tu en as envie, bravo et bonne chance pour la suite ! <3
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Gaby Gali · il y a
Merci beaucoup pour ce commentaire qui me touche beaucoup ^^ Je suis contente que cette petite nouvelle t'ait plue, je me suis laissée envahir par mon ennui au collège ^^'
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Loutze · il y a
ho oui, le collège !! quelle source d'inspiration quand on a rien de mieux à faire que de penser à autre chose ;)
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Oceane Caraes · il y a
C'est très chouette et vraiment bien écrit, des expressions qui sortent de l'ordinaire et qui rende ta Lucie bien vivante et originale! Tu m'as fait rire! Peut être la seule chose qui me gêne, serait une image un peut trop exagérée à mon goût, la collaboration par exemple est un thème que j'ai du mal à prendre à la légère... Mais sinon pas grand chose à redire! +1
J'ai un texte également en compet donc si ça te dit http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/mon-bout-du-ciel

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Gaby Gali · il y a
Merci, je ferais plus attention dans le futur ^^'