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la rupture

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Ardenn

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‘Alors, tu voulais me voir’ lui demanda Sarah
‘Oui, Sarah, il le fallait’
Eh, bien tu me vois répondit-elle doucement.
Non, justement depuis que je suis arrivé, tu ne me regardes pas.
La jeune femme leva la tête, il était là.
Regarde-moi, Sarah, lui murmura-t-il tandis que sa main remontait sur sa joue.
Il plongea son regard au fond du sien. Elle se sentit moins forte, elle lutta pour rester loin de cette lumière, elle savait pourtant qu’il serait impossible d’éviter ce nouvel embrasement, cette ultime fusion. Il commença à lui parler.
‘Je sais que tu ne comprends rien, de moi, de ma vie...
‘Tu sais très bien que...’ Non, ne m’interromps pas, je n’ai pas beaucoup de temps, je n’ai jamais eu beaucoup de temps pour les jolies choses’
Il s’approcha encore plus près.
‘Je t’aime’ Sarah. Le temps, le lieu et les gens qui les entouraient disparurent derrière un rideau de brume. Ils furent à nouveau seuls au monde ultime acteur d’une histoire qui n’était pas écrite pour eux.
Il lui parla encore : ‘Tu te souviens, on se connaissait à peine, c’était la première fois que je te touchais...tu te souviens des mots que tu as prononcée.
Bien sûr qu’elle se souvenait, à l’époque, elle aurait dit n’importe quoi pour le séduire. Maintenant c’était différent, elle ne mentait plus.
Le cœur de la jeune femme s’emballa tel un manège de chevaux de bois redevenu sauvage.
‘Je te connais Sarah’ continua-t-il ‘Tu avais raison et j’avais tort’ Il lui prit la main dont il embrassa la paume avec cette tendresse imprévisible qui la laissait toujours sans défense. Le monde chavira autour d’elle, la vie perdit ses couleurs.
C’est dangereux Sarah, ne lui donne pas le pouvoir, celui que tu as refusé aux autres....répétait la petite voix, mais la musique devint plus forte faisant renaître la magie, l’alchimie, ce vent qui soufflait entre le sage et l’interdit.
Mais déjà elle caressait le visage de Marc juste pour effleurer encore une fois cette veine qui palpitait sur sa tempe au rythme des battements de son cœur. Alors, elle retint son souffle pour emprisonner au creux de sa mémoire ce fugitif moment, ou dans une communion intime elle vint mêler son sang au sien trop bouillonnant
Il colla son front contre le sien, il tenait son visage entre ses mains, l’eau de ses yeux était sombre, elle s’y noya pour la dernière fois en passant ses bras autour de son cou.
Elle ferma les yeux sous la pression de ses lèvres contre les siennes. Un baiser pour l’éternité pensa la jeune femme. ‘Ne perds pas le contrôle, ne perds pas le contrôle’ Elle se laissa emporter. Son corps lui faisait mal.
‘Sarah, veux-tu m’épouser’ Ses paroles lui mutilaient le cœur, il était trop tard, il avait toujours été trop tard.
Sa gorge se noua ‘Bien sûr Marc’ lui répondit-elle avec une voix dont les intonations lui devenaient étrangères.
‘Bien sûr que je veux être ta femme’
Tandis qu’elle lui parlait des larmes glissaient sur ses joues. Un chagrin irréparable. Ne pleure pas, il embrassait sur son visage les gouttelettes qui coulaient de ses yeux. Leur histoire avait changé le sens du passé.
‘Sarah, j’ai 2 ou 3 choses à régler et je repasse te prendre chez toi, je t’emmène en vacances quelques jours.
Il se leva, elle n’arrivait pas à lui lâcher la main, serrant de plus en plus fort ses doigts entremêlés aux siens.
Il se dégagea en riant, en lui plantant au fond du cœur cette image de gosse heureux’ Elle le regarda s’éloigner impuissante, déjà crucifié par une douleur qui lui transperçait le cœur.
Elle ne vit pas le corps de Marc s’effondrer transpercé par des dizaines de balles, elle savait qu’il préférait valser une dernière fois avec la mort plutôt que de se rendre et de retourner en prison.
On lui raconterait plus tard qu’il n’était pas mort tout de suite et qu’il avait murmuré son nom juste avant de partir pour un monde qu’elle imaginait meilleur.
Elle était tombée amoureuse de l’homme qu’elle traquait, surveillait, de celui qui avait tué 2 flics après un cambriolage. Elle avait servi d’appât et le piège s’était refermée sur eux sans nulle autre issue que ce dénouement fatal.
Sarah se leva lentement, elle marcha jusqu’à la sortie, il avait évacué le corps de Marc, le bruit des sirènes accompagnait ce funeste cortège, elle voyait les gens s’agiter autour d’elle, il la félicitait en l’étreignant. Le jeu était terminé et il n’y avait pas de gagnant.
Le commissaire VIGNON l’attendait sur le trottoir d’en face, il la regardait fixement, elle n’aurait pas besoin de parler, il la connaissait si bien.
Elle traversa la route en serrant contre elle son gilet, elle avait froid, ses mains tremblaient.
En arrivant à sa hauteur, il comprit à quel point elle avait mal, à quel point cette absence serait douloureuse.
Il l’a pris dans ses bras, la nuit sera longue lui murmura-t-il, je le sais, je marche dans les ténèbres depuis si longtemps. Mais toi, toi tu es jeune tu t’en sortiras, tu y arriveras, il lui parlait à l’oreille en lui caressant les cheveux.
Elle le repoussa avec cet air buté qu’elle avait parfois, je crois que n’est pas aussi simple lui répondit-elle d’une voix glacée. J’ai besoin de marcher, de respirer, à demain.
En la regardant s’éloigner, le commissaire VIGNON se demandait combien de temps il faudrait à SARAH pour devenir dangereuse.
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