La route du ciel

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On me dit souvent que je souris trop. Mais bon, j'aime me lever tous les matins, j'aime lire de gros romans, j'aime écrire des histoires sans jamais les finir, j'aime observer les gens dans la rue  [+]

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Les cloches sonnent et les trompettes fanfaronnent.
C’était la fin de tout.
C’est maintenant le début d’une nouvelle aventure.
Je me lève de cette étroite boîte sombre d’un saut énergique tout en me demandant s’il m’est encore possible de marcher après tant de temps passé immobile. À moins que...une force invisible s’empare de moi, me propulsant dans les airs. Sans même avoir à bouger mes membres encore un peu atrophiés, je vole ! Tel Superman, point en l’air, je m’élance à la conquête du ciel. J’ai miraculeusement retrouvé toutes les capacités physiques que j’avais perdues.
J’aperçois au loin d’autres silhouettes semblables à la mienne montant vers le haut, comme poussées par un vent venant du sol. Je n’en reconnais aucune, elles sont trop éloignées de moi.
Reverrai-je mes amis ? Ma femme ? Mes enfants ? Réussiront-ils à passer chaque niveau, à gagner chaque épreuve ? Seront-ils déstabilisés par quelconque mauvais esprit ? Ont-ils autant de volonté que moi ? Un nombre incalculable de questions me traversent l’esprit, et je les chasse en me concentrant sur ma montée, ne bougeant que par de rares mouvements saccadés, comme un automate.
La route décrite comme sinueuse dans les livres me paraît plutôt facile. Je dépasse le premier, le deuxième, le troisième et le quatrième ciel sans me fatiguer. Je pourrai m’y arrêter, mais je veux atteindre mon but. Un bonhomme nain disgracieux me propose un verre d’eau, mais je le refuse. Je suis prêt à parier qu’il s’agit d’un piège. Mais parier quoi ? Je ne possède plus rien, si ce n’est moi-même.
Tout en continuant mon ascension, je me laisse bercer par la douce brise m’envoûtant et je ferme mes paupières pour mieux la sentir. Je ne me suis jamais senti aussi serein. Tout est là. L’harmonie du chant des trompettes et des cloches mêlée à la belle couleur du ciel me font frissonner de plaisir.
J’ai omis de préciser un détail, même si je suppose que c’est assez clair : je suis mort.
De mon vivant sur la Terre, j’ai mené une vie simple et heureuse, si ce n’est que pas bien longue : je suis décédé à quarante-quatre ans. Voyez-vous, la maladie m’a prise un peu de court. Mais finalement, je ne regrette rien de ce qui s’est passé, même si nombre de mes projets n’ont pu se réaliser. Je sais que les personnes que j’aime me retrouveront, un jour ou l’autre. C’est le principal.
Et puis, même si mon corps se décompose peu à peu dans ma tombe, il me reste mon âme.
La route vers le paradis est un sillon lumineux qui n’attend que le passage des Hommes.
Je ne veux surtout pas le faire attendre.
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