La rencontre

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JCJR parce que ce sont mes initiales. Mon stylo court sur le papier,ayant parfois une vie propre et je ne sais pas toujours où il peut m'emmener...bonne lecture. Jean-Claude.  [+]

Cette soirée s’était bien passée dans mon appartement parisien du XVIIIe. Avec des collègues et quelques amis, nous avions discuté de choses et d’autres, refaisant le monde dans une ambiance chaleureuse imprégnée par la fumée des cigarettes et les vapeurs d’alcool. Stéphane nous avait raconté une de ses histoires, dont il a le secret, invitant nos imaginaires à le suivre dans les rues chinoises de Formose des années trente. Nous étions tous captés par son récit, lorsque mon regard s’arrêta sur Irène, que je connaissais peu. C’était une nouvelle collègue de travail. Il émanait d’elle une invitation à la vie, soulignée par la pétillance de son regard. Ses éclats de rire m’avaient fait fondre. J’avais décroché de l’histoire de Stéphane et m’était centré sur elle, pour essayer de définir ce petit plus, qui la définissait et m’intriguait. L’histoire arriva à sa fin, saluée par les applaudissements des convives. Puis la soirée s’étira, ponctuée par les premiers bâillements, jusqu’à ce que quelqu’un donne le signal du départ, incitant les autres à le faire. Il était tard et je raccompagnai mes invités jusqu’à la porte, le temps d’une dernière blague et d’un dernier rire. Quand arriva le tour d’Irène, je lui fis la bise en lui glissant à l’oreille cette phrase sibylline :
-- Resteras-tu pour un dernier verre ?
Je vis alors ses yeux me scruter avec étonnement, comme si j’avais surpris chez elle quelque chose auquel elle ne s’attendait pas. Puis son regard s’éclaira d’un sourire, précédant sa réponse :
-- Et pourquoi pas !
J’avais ressenti son hésitation. C’est vrai que cette demande avait quelque chose de pas tout à fait ordinaire. Je saluai mes derniers invités et la priai de s’asseoir dans un fauteuil du petit salon, éclairé intimement par un lampadaire vintage. Je nous servis du thé à la menthe accompagné d’un rhum ambré. Installés en face à face, je pus continuer mon observation : un jean serré sur des baskets de marque, un chemisier bouffant largement échancré. Sa chevelure sombre et abondante encadrait un air mutin, amusé par la situation, mais toujours un peu distant.
-- Es-tu sur de ton invitation, me demanda-t-elle ?
-- Je le pense, lui répondis-je.
-- Comment as-tu deviné ?
-- Une attitude, des gestes, une impression...
Une moue dubitative s’inscrivit sur son visage.
-- Je n’ai pas l’habitude que l’on me décrypte aussi bien, je devrais plus faire attention.
-- Cela permet de s’ouvrir des opportunités, pourquoi se cacher ?
Un peu de gène s’installa, lui donnant une posture particulière, les jambes croisées haut dans une certaine réserve. Je lui rappelai l’histoire du petit prince et du renard, qui apprirent à s’apprivoiser et je me rendis compte que mon côté un peu romantique la touchait. Elle décroisa les jambes et le rhum aidant, elle se détendit.
-- J’apprécie ce dernier verre et l’histoire du petit prince, même si je suis encore sur ma surprise initiale. C’est un peu rapide, voire un peu brutal.
-- Il n’y a pourtant aucune violence dans ce que je recherche.
-- Et que recherches-tu ?
-- Passer la meilleure des nuits en ta compagnie.
L’atmosphère se réchauffa dans les volutes du salon. Irène et Victoria se prirent alors la main et s’embrassèrent fougueusement.
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