La reine de Lydie

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Jury

Quand j'écris, très rapidement, l'érotisme arrive. Je ne peux pas écrire sans sexe. Enfin, ça m'arrive, mais c'est dur. C'est un moment de rétention très sado-maso. Vous ne me connaissez pas  [+]

J'aimais chasser dans les expositions. La cultivée avait, au moment de l’hallali, un regard incrédule qui me ravissait. L'instant d'avant elle croyait tout maîtriser, comme toutes celles qui pensent au lieu de vivre. Et elle était soudain dégoulinante d'un désir qu'elle ne s'expliquait pas.

Le couple était arrêté devant le tableau Le Roi Candaules de Lydie. La femme, avec ses cheveux noirs tombant sur son opulente croupe, était comme un vivant écho à la reine représentée par le peintre. Je me glissai derrière elle et l'entendit murmurer à son compagnon :
- Je trouve ça excitant ces hommes planqués qui matent. Pas toi ?
Je me penchai pour admirer le profil de la coquine. Un nez long, une bouche qui palpitait, un œil brillant. Elle se tourna vers l'homme resté muet. Tout en me découvrant, elle poursuivit :
- Non ? Tu ne trouves pas ?
Elle avait planté son regard dans le mien, me saisissant de l'intérieur jusqu'à la queue.

J'évitais habituellement les femmes accompagnées, mais je ne voulu pas abandonner la Reine de Lydie et suivais donc le couple dans leurs pérégrinations. L'homme boudait ostensiblement. Arrivé à la boutique, il ne supporta pas le délai supplémentaire imposé par les achats de sa compagne, et quitta les lieux. J'attaquai. Ou plutôt, soyons juste, elle attaqua.

Je chasse toujours. Mais je chasse pour elle, je chasse l'homme. Je les choisis scrupuleusement. Il m'arrive de recruter des sujets particulièrement intéressants. Je me souviens par exemple de deux jumeaux, semblables en tous points, qui s'y entendaient pour se relayer au cul de ma reine.

J'observe ma belle de Lydie se faire saillir par d'autres hommes, assis bien au fond de mon siège, les jambes parallèles, les bras posés sur les accoudoirs. Je préfère quand ils sont plusieurs. Elle ne se pâme jamais de la même façon selon qu'on la lèche ou qu'on la pénètre, selon le nombre de mains qui la caressent, de bouches qui la sucent, la tètent et l'embrassent. Parfois je donne une indication : « plus vite » ou « prend la par le cul » ou autre.
Certains partenaires lui tirent des orgasmes qui me rendent fou de jalousie et de désir. D'autres lui octroient de pitoyables gémissements qui n’aboutissent à rien. Alors, j'ai envie de la consoler de ma langue et de battre le maladroit.
Quand les hommes partent, je la rejoins. C'est à chaque fois une autre, souillée d'odeurs et de foutres d'inconnus, emplie de désirs inédits. Moi qui rêvais de baiser le plus de femmes possible, je les ai toutes dans ma reine.
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